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LES ECHINODERMES

Les échinodermes comprennent les oursins, les étoiles de mer et les holothurides.

Tous ont dans le premier âge une forme excessivement différente de celle de l’adulte ; au point que certaines larves d’astéries (étoiles de mer), la bipinnaire porte-étoile, Astérie violette. par exemple, ont été dé-

crites comme genres distincts.

Ces formes sont le plus souvent très-bizarres.

D’abord des œufs, puis des larves, qui dans tels oursins ont la forme d’un chevalet. Ces larves se

meuvent très-vivement à l’aide de cils; les fonctions digestives sont fort actives, si l’on en juge par la dimension

Larve d'éohinoderme. de l’estomac. C’est Sur

celui-ci que commence à se montrer ce qui sera plus tard un oursin : d’abord un disque qui, grandissant, finit par envelopper l’organe qui le porte ; peu à peu la structure radiée apparaît, les piquants s'e montrent; le disque se munit d’une bouche, et enfin la

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larve devenue inutile est en partie absorbée, en partie abandonnée.

Même histoire à peu près pour plusieurs astéries; mais chez quelques-uns la larve nous offre des phénomènes sinon plus étranges, du moins bien plus remarquables. Cette larve est d’abord en apparence un infusoire; plus tard elle se compose de

Oursins livides logés dans le roc.

deux moitiés droite et gauche exactement symétriques, comme chez les articulés et les vertébrés.

Dans le dernier groupe, celui des holothurides, la larve n’est point absorbée , mais transformée , et ses organes, appropriés aux besoins de l’adulte, entrent dans la composition de celui-ci. Parmi les holothurides est la synapte , à l’occasion de laquelle des doutes bien singuliers ont été élevés.

LES ZOOPHYTES

Celte synapte est un zoophyte, la natice est un mollusque ; ces deux animaux sont donc très-différents l’un de l’autre.

Cependant le célèbre physiologiste allemand J. Muller a cru pouvoir déduire d’une observation qui sera rapportée tout à l’heure, que le zoophyte

Synaple de Duvernoy.

la synapte donne naissance au mollusque, à la natice, et il disait : « Ce fait servira à expliquer comment les espèces se sont formées aux époques géologiques, et comment il s’en forme aujourd’hui de nouvelles. »

M. Muller était à Trieste; ayant disséqué un grand nombre de synaptes, il reconnut que certains

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sujets de l’espèce digitata (synapta digitata) différaient de tous les autres en un point essentiel.

Dans le corps de ces individus anormaux, il trouva des tubes en nombre variable (depuis un jusqu’à trois), longs de vingt-quatre à trente-six lignes, contournés en forme de tire-bouchons, animés parfois de mouvements spontanés, et attachés par un bout au grand vaisseau sanguin de la svnapte, et par l’autre à la tête de cet échinoderme. Ces tubes contenaient par milliers des œufs de mollusques gastéropodes, que M. Muller désigne sous le nom de limaçons, et des mollusques parfaitement développés, pourvus d’une coquille calcaire, d’un opercule et d’une cavité respiratoire; en un mot, de vrais gastéropodes paraissant appartenir au genre natica.

Il était évident que la formation et l’évolution complète des mollusques s’opèrent dans les tubes conchylifères de la synapte, d’autant qu’on y trouva placés à la suite les uns des autres des organes dont la présence démontre d’une façon irréfutable que ces tubes sont consacrés à la production des mollusques dont il s’agit.

Il est d’ailleurs des synaptes qui possèdent en même temps que les tubes conchylifères les organes de multiplication particuliers à leur genre ; de sorte que ces animaux paraîtraient engendrer à la fois des échinodermes et des mollusques.

C’est, on l’a vu, ce qu’admit d’abord M. Muller,

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se fondant sur l’anatomie de soixante-neuf sypiapta digitata.

Mais on comprend que le professeur de Berlin n’ait pu s’en tenir longtemps à une idée qui jetterait un trouble si profond dans l’existence des zoologistes. Que de remontrances on a dû lui faire! Y songez- vous? Vous sapez les fondements de l’édifice zoologique! Vous menacez notre propriété à nous, créateurs de tant d’espèces! Vous donnez le signal de bouleversements dont nul ne peut prévoir le terme, et du premier rang qu’ils occupent les descripteurs vont descendre au dernier.

M. Muller a donc dû se demander s’il n’y avait pas moyen d’expliquer les choses moins révolutionnairement , et, sans abandonner sa première explication, il en fait entrevoir une autre.

Dans cette nouvelle hypothèse , les tubes conchylifères seraient des parasites. Dans ce cas, les mollusques d’où ces tubes proviendraient seraient soumis à des métamorphoses bien curieuses, puisqu’il ne resterait d’eux que ces tubes eux-mêmes. C’est à la suite de ce changement que les natices, d’abord libres, iraient vivre à l’intérieur et aux dépens de la synapte.

La question reste donc à l’étude; mais, de quelque manière qu’elle soit résolue, le fait sera un des plus curieux de la zoologie.

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