‹ Les animaux à métamorphosesChapitre 20 sur 21 · LES POLYPES · texte numérisé non relu

LES POLYPES

Ceux-ci se divisent en acalèphes , zocintlières et coralliaircs .

Les acalèphes ou orties de mer, ainsi nommées parce que plusieurs d’entre elles donnent une sensation de brûlure quand on les touche, comprennent les siphonophores et les polypo- méduses.

La physalie pélagique appartient au premier groupe.

C’est une espèce de poche de forme oblongue, à parois minces et transparentes, surmontée d’une crête longitudinale plissée et vivement nuancée de bleu et de pourpre. Cette crête , dressée comme la voile d’un navire quand l’animal navigue , lui a fait donner les noms de frégate et de galère. On la trouve sous les tropiques, en pleine mer, formant des flottes plus ou moins considérables, « s’orientant, suivant la remarque de M. le lieutenant de vaisseau Fréminville, de manière à aller toujours au plus près du vent, » c’est-à-dire contre le vent autant que possible, marchant par conséquent à la rencontre de la proie que le vent lui apporte , et qu’elle frappe et saisit de ses tentacules. Souvent on la trouve échouée sur le rivage, et si l’on marche dessus elle claque à la manière d’une vessie de poisson; c’en est fait d’elle alors, tandis qu’au contraire elle peut

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être desséchée à plusieurs reprises , et chaque fois reprendre vie au contact de l’eau.

Ces tentacules qui pendent sous la physalie sont de plusieurs sortes : les uns, longs de deux à trois

Physalie utriculc.

centimètres, sont des tubes terminés par une ventouse ou suçoir, et autant de suçoirs autant de bouches; d’autres, garnis de lamelles et de cils vibratiles, paraissent servir à la respiration, et peut-être aussi à la locomotion; d’autres encore, qu’on ne trouve que chez les grandes physalies, s’en détachent à certaines époques et semblent avoir pour

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but la multiplication de l’espèce. Enfin, il y en a qui sont de véritables merveilles; c’est à l’aide de ceuxci que l’animal saisit sa proie. Ce sont des espèces de lanières lisses d’un côté, garnies de l’autre par des disques saillants colorés en bleu, et qui, contournés au repos en tire-bouchon, de quelques centimètres de long seulement, peuvent tout à coup se détendre au point d’acquérir une longueur de cinq à six mètres. Au fond des disques dont je viens de parler sont des glandes qui sécrètent un produit vénéneux , dont les effets sont terribles sur les animaux qu’atteignent ces lanières qu’on jugerait peu redoutables à voir leur fragilité.

« Étant dans un petit canot, — dit le R. P. Dutertre, qui visita les Antilles en 1640, — je voulus prendre une galère qui flottait; mais je ne l’eus pas plutôt prise que ses fibres m’engluèrent toute la main. A peine en eus-je senti la fraîcheur (car la galère est froide au toucher), qu’il me sembla avoir plongé mon bras jusqu’à l’épaule dans une chaudière d’eau bouillante, et les douleurs étaient si fortes, que, malgré tous mes- efforts pour ne pas me plaindre, de peur qu’on ne se moquât de moi, je ne pus m’empêcher de crier plusieurs fois à pleine tête : « Miséricorde! mon Dieu! Je brûle, je brûle! »

« Un jour, dit le médecin voyageur Leblond, je m’embarquai avec quelques amis dans une grande anse... Je m’amusais à plonger,, à la manière des

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Caraïbes, dans la lame prêle à se déployer... Celte prouesse faillit me coûter la vie. Une galère, dont plusieurs s’étaient échouées sur le sable , se fixa sur mon épaule gauche au moment où la lame me reportait à terre. Je la détachai promptement; mais plusieurs de ses filaments me restèrent collés jusqu’au bras. Bientôt je sentis une douleur si vive, que, prêt à m’évanouir, je saisis un flacon d’huile qui était sous ma main, et j’en avalai la moitié pendant qu’on me frottait l’épaule. La douleur ne s’en étendit pas moins jusqu’au cœur; j’eus un évanouissement. Revenu à moi, je me sentis assez bien pour retourner à la maison, où deux heures de' repos me rétablirent. »

Voici une observation qui n’est pas moins curieuse.

« A l’aide d’un bâton , dit le R. P. Feuillée, j’avais mis une physalie dans mon mouchoir. Le lendemain, ne songeant plus à l’usage que j’avais fait de ce dernier, je m’en servis pour m’essuyer les mains que je venais de laver; je sentis au moment même un feu violent et qui augmenta jusqu’à me causer des convulsions par tout le corps. »

Heureusement les accidents produits par la physalie durent peu, surtout si on a tout de suite recours à un remède toujours à portée de la main en pareil cas, c’est-à-dire si on lave avec de l’eau de mer la partie touchée.

La physalie ne jouit d’ailleurs de ses propriétés

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toxiques que lorsqu’elle est mouillée. Il est inutile, après ce qui précède, d’ajouter qu’elle s’en sert pour engourdir et même pour tuer les animaux dont elle se nourrit.

Aucun siphonophore, la pélagie pas plus que les autres, n’est un animal simple; chacun d’eux constitue une véritable colonie. Les différentes parties dont l’ensemble se compose sont autant d’individus dont chacun a sa fonction particulière utile à l’ensemble. Les uns, faisant office de flotteurs, portent le tout; d’autres sont chargés de nourrir la communauté; d’autres sont préposés à la défense générale; d’autres sont chargés de la reproduction de l’espèce. Ceux-ci produisent des œufs. De chaque œuf sort une nouvelle colonie. D’abord apparaît seul l’animal vésiculeux qui sert de flotteur; puis, par voie de bourgeonnement, se développent, à l’arrière de celui-ci, les individus-organes qui viennent d’être énumérés.

Au second groupe d’acalèphes, à celui des polypoméduses, dont le rhizostome de Cuvier fournit un exemple , appartient également l 'aurêlie ou médusaaurita.

La médusa aurita (fig. I) a des ovaires, et elle se propage par des œufs qui restent pendant quelque

temps fixés entre ses tentacules.

Or, que sort-il de ces œufs? Des méduses? Non; pas même des acalèphes : la petite méduse n’est pas de la même classe que sa mère. C’est Une larve ci-

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liée, semblable à un infusoire des plus simples (a); si on ignorait d’où elle vient, on la prendrait pour un infusoire.

Rhizostome de Cuvier.

Au bout de quelque temps, de libre qu’elle était, cette larve se fixe à un corps quelconque (b) ; elle va se transformer en méduse? Non. En animal de la classe des méduses, au moins? Non, pas encore; la larve de la méduse va passer d’une classe dans une autre, mais elle n’entre pas encore dans celle des acalèphes. Du reste, les transformations qu’éprouvent ces larves à partir du moment où elles se sont fixées, ne sont pas les mêmes pour toutes les espèces; il est plus d’une voie par où la progéniture d’une méduse peut s’élever au rang maternel ; il y en a deux, et, de plus, l’une de ces voies se bifurque.

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Voyons d’abord la larve qui prend le chemin direct.

Bientôt une bouche s’ouvre à l’extrémité libre;

Métamorphoses de la médusa anrita.

elle s’entoure d’abord d’un bourrelet (6 et c) , ensuite d’une couronne de tentacules (d), et nous avons maintenant un animal qui , par toute son organisation , est un véritable polype hydraire , « assez sem-

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blable, dit M. de Quatrefages, à nos hydres d’eau douce. »

Ce polype grandit, et au bout d’un temps variable on voit sur tout son corps, de la base jusqu’en haut, se produire des divisions transversales annulaires (f) qui donnent au tout l’aspect de disques empilés les uns sur les autres. Plus tard, au pourtour de chacun de ces disques et à leur face supérieure, poussent des tentacules (g), et en même temps les disques s’écartent les uns des autres (h). Bientôt ils ne sont plus réunis que par un axe commun (h), et l’animal unitaire que nous avions tout à l’heure s’est changé en communauté. Enfin l’axe se rompt , chaque disque, devenu indépendant, se. met à nager (i) , et le polypier vient de se reproduire par scission.

Mais ces segments, devenus libres, ne reproduisent pas le polype (disons en passant qu’ignorant leur origine, on les avait décrits, comme espèce à part, sous le nom de strobila) (i); ils vont, de métamorphose en métamorphose, revêtir les caractères de la prétendue cyanea capillata ( k )' (état transitoire d’une espèce pris encore pour la forme d’une espèce distincte); et enfin, arrivés au terme de leur développement, ils reproduiront exactement les caractères de la médusa aurita ( l ), et se propageront comme elle par des œufs.

Revenons maintenant sur nos pas, et donnons notre attention à cette autre larve, qui, après avoir

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été, comme la précédente, un animal libre (a), un infusoire cilié, s’est également fixée, et est devenue un polype hydraire (b, c, d).

Cette larve a le mode de reproduction du polype; on voit des gemmes ou bourgeons apparaître sur son corps, se développer (e), et en faire un polypier rameux. Mais tous ces bourgeons n’ont pas la meme destinée, et c’est ici qu’a lieu la bifurcation dont nous avons parlé plus haut.

En effet, de ces bourgeons quelques-uns prennent une forme bien différente de celle du polype, et aussi une structure plus compliquée; bientôt ils reproduisent tous les caractères de la méduse, s’isolent de plus en plus , acquièrent des organes reproducteurs, et alors se détachent et vont semer au loin les germes de nouvelles colonies.

La plupart des bourgeons, au contraire, ne deviennent jamais des méduses; ils restent polypes, et continuent de vivre à la façon de tous les animaux de cet ordre.

De sorte que des deux branches entre lesquelles se divise la route ouverte devant la larve que nous considérons en ce moment, l’une est un cul-de-sac, elle n’aboutit pas, le germe qui la suit avorte.

Telle est l’histoire assez compliquée, et plus admirable encore , de la reproduction de la méduse.

Cuvier plaçait les acalèphes dans une classe , les polypes dans une autre; l’étude des métamorphoses a fait cesser cette distinction. On a comparé les po-

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lypes à des plantes ; continuant la comparaison , nous dirons que les méduses sont les fleurs de ces végétaux animés (de certains d'entre eux du moins, car tous les polypes n’engendrent pas des méduses) , fleurs qui , détachées de la tige , vont porter au loin la semence de nouvelles colonies. C’est ce qu’on voit très -bien sur les sertulariens , polypes à polypiers plus ou moins régulièrement ramifiés qui vivent dans la mer. A certaines époques ils laissent échapper de petits animaux qui se mettent à nager. Le phénomène fut observé, il y a une trentaine d’années, par MM. Nordman et Milne-Edwards; beaucoup plus récemment, M. Coste recevait de Belgique, et présentait à l’Académie un rameau vivant d’un de ces polypiers, d’où se détachaient des milliers d’embryons qu’on voyait nager par bancs dans l’eau de mer où le rameau était plongé. Un peu auparavant , le muséum d’histoire naturelle avait reçu de Dunkerque, par les soins de M. Lacaze-Duthiers, un échantillon également vivant d’un polypier analogue au précédent , qui produisit à Paris une multitude de larves.

Or ces larves ont la forme et l’organisation des méduses : ce sont de véritables méduses. Après qu’elles eurent nagé pendant quelque temps, on les vit tomber au fond du vase, disparaître. A leur place on trouva de petits vers ciliés, libres, qui, s’approchant des parois de l’aquarium, s’y fixèrent et prirent la forme d’un disque aplati; puis ce disque,

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soulevé à son centre, s’éleva peu à peu sous la forme d’une tige cjui se ramifia et se couvrit d’expansions cupiliformes tentaculées. Le polypier était constitué.

Les hydres vertes ou polypes d’eau douce , que nous avons figurées dans l’introduction, se rapprochent du groupe des acalèphes; elles ne sont pas moins bien armées que les physalies, et on en peut j uger par la composition de leurs bras urticants, que nous représentons. Mais elles ne subissent pas de métamorphoses.

Nous citons pour mémoire la seconde classe des polypes, celle des zoanthaires, qui comprend entre autres les actinies ou anémones cle mer , et nous passons aux corallaires , qui vont nous offrir encore des métamorphoses remarqua-

IdIôS Actinie plumeuse.

Une branche de corail est une véritable colonie de polypes solidaires les uns des autres, mais jouissant cependant d’une activité propre.

Extrémité de l’un des bras de l’hydre et l’une de ses capsules urticantes.

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M. Lacaze-Duthiers, chargé par le gouvernement français de faire des recherches sur l’histoire naturelle de ce zoophyte en vue d’en réglementer la pêche, et qui, pour se livrer à cette étude, a passé près d’une année sur les côtes d’Afrique, nous apprend que, des membres de cette association, les uns sont mâles, les autres femelles, et que quelquesuns ont les deux sexes.

Corail rouge. Polype du corail rouge.

Ordinairement les individus d’un sexe l’emportent en nombre, dans une même branche, sur ceux d’un autre sexe ; ainsi , tel rameau renferme presque exclusivement des polypes mâles, tel autre des polypes femelles. Les courants de la mer remplissent donc , dans la fécondation de ces animaux , le même office que les vents à l’égard des plantes dioïques : l’air porte aux fleurs femelles le pollen des étamines, l’eau agit d’une manière analogue.

L’incubation de l’œuf s’opère dans la cavité même où s’accomplit la digestion. Ainsi deux matières peu-

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vent, à côté l’une de l’autre, celle-ci se dissoudre, celle-là s’accroître, se développer et produire un nouvel être. Et ce fait paraît général dans toute la classe des corallaires.

Que devient l’œuf après la ponte? Primitivement nu et sphérique, cet œuf s’allonge, se couvre de cils vibratiles , se creuse d’une cavité qui s’ouvre au dehors par un pore destiné à devenir la bouche, et enfin prend la forme d’un petit ver blanc.

« Rien n’est curieux, dit M. Lacaze-Duthiers, comme ces jeunes animaux, dont l’agilité est encore assez grande , qui nagent en s’évitant quand ils se rencontrent, qui montent et descendent dans les vases où on les recueille, en avançant toujours l’extrémité opposée à la bouche la première... Je me plaisais à les montrer aux pêcheurs , naturellement incrédules, et qui s’en allaient tous convaincus et souvent fort étonnés. »

Chacun de ces petits vers blancs devient l’origine d’une branche de corail fixée au sol à la manière d’une plante. Comment ce changement s’opère-t-il? C’est encore M. Lacaze-Duthiers qui va nous le dire.

On vient de voir que les embryons nagent la bouche en arrière, poussant devant eux l’extrémité la plus grosse de leur petit corps. Rencontrent-ils un obstacle, ils buttent nécessairement contre lui. et plus ils font effort contre cet obstacle, plus ils tendent à s’accoler à lui.

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Usant en aveugles de leur liberté , il n’est pas surprenant que l’usage qu’ils en font ait pour résultat de la leur faire perdre; sous ce rapport, que d’hommes sont coraux! Mais pour les coraux, du moins, ce mode d’opérer a été déterminé par plus savant qu’eux.

Leur propension au mouvement est précisément, en effet, le moyen employé pour leur faire perdre tout mouvement. Aussi, quand le moment de cette transformation est venu, leur aptitude à se heurter semble-t-elle s’accroître. C’est quand ils vont abandonner leur forme de ver. x\lors ils se raccourcissent et s’étalent, gagnant en largeur ce qu’ils perdent en hauteur; ils forment une sorte de disque au milieu duquel s’est enfoncée leur extrémité buccale, qui s’entoure d’un bourrelet circulaire d’où naissent les rudiments de huit tentacules qui se développeront plus tard. C’est à ce moment que leur rage de pousser porte ses fruits ; ils se fixent enfin pour donner bientôt naissance à toute une colonie formée plus ou moins loin de la mère patrie.

Mais comment de ce ver, maintenant fixé, une branche de corail peut-elle naître? On devine qu’il y a chez ces êtres un mode de reproduction autre que celui par lequel l’embryon dont nous nous occupons a pris naissance.

Les animaux des polypiers ont, en effet, la propriété de reproduire par voie de bourgeonnement des êtres en tout semblables à eux, absolument comme

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un végétal produit dos branches et des feuilles, et ces nouveaux individus restent le plus souvent soudés à leurs parents. Les immenses polypiers, qui dans les mers chaudes forment des récifs redoutés des navigateurs, sont dus à ce mode de multiplication.

On doit donc s’attendre à le rencontrer dans le corail , et l’accroissement de celui-ci est , en effet , la conséquence du bourgeonnement.

Mais, avant d’aller plus loin, il convient de dire que le corail vivant est formé de deux parties distinctes : l’une centrale, solide, résistante, c’est Y axe; l’autre extérieure, molle, rappelant tout à fait une écorce, c’est la couche polypifère. Celle-ci doit sa couleur à une multitude de corpuscules calcaires d’une forme particulière et caractéristique, semés dans toute l’étendue de ses tissus.

Quand le jeune corail a perdu sa forme de ver et pris celle d’un disque lenticulaire, il ne tarde pas à passer du blanc au rose , puis au rouge vif ; ce qui tient au développement des corpuscules dont il vient d’être question. Il n’a pas encore d’axe, et sa partie solide est représentée seulement par des corpuscules.

Rien ne saurait rendre l’élégance et la délicatesse de ce petit être (un quart ou un demi-millimètre de diamètre) lorsqu’il étale sa couronne de tentacules blancs, dont les fines découpures se détachent sur un mamelon rose ressemblant quelquefois à une petite urne.

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Qu’on se le représente maintenant en pleine activité de bourgeonnement : sur ses côtes apparaissent

Tubipore musique.

un, deux, trois, quatre bourgeons parcourant les mêmes phases que l’animal sur lequel ils naissent,

Détails du tubipore musique.

et, par le fait même de leur développement, ils éloignent celui-ci de sa base et l’en éloignent de toute l’étendue qu’ils occupent.

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C’est ainsi que les choses se passent. Chaque polype devient à son tour un centre de bourgeonnement; le nombre des habitants augmente, les limites du polypier s’étendent. Si l’activité du bourgeonnement est plus grande dans telle ou telle partie , l’allongement sera plus considérable de ce côté, et c’est à ces inégalités d’accroissement que les rameaux et les branches doivent naissance.

A la même classe que le corail , mais à un groupe différent, appartient cette curieuse production, le lubipore musique, nommé vulgairement orgue de mer à cause des tubes dont il est formé. Ces tubes sont l’œuvre des animaux qui les habitent. Outre l’ensemble du polypier, la figure ci -jointe nous montre le mode d’attache des tubes soudés entre eux par des lamelles transversales , les rapports du polype avec le polypier, et enfin le polype lui-même.

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