SUR QUELQUES VERTÈBRES TRÈS -DÉGRADÉS
Avec les poissons finit ou commence, suivant qu’on prend la série animale par un bout ou par l’autre, le grand groupe des animaux vertébrés.
Cependant Isidore Geoffroy Saint- Hilaire a proposé de classer dans une classe inférieure à celle des poissons, mais encore comprise parmi les vertébrés, un animal qui serait jusqu’ici seul dans cette classe.
C’est V amphyoxus ou branchiostoma > petit animal vêtu d’une peau transparente, enduit d’une liqueur visqueuse, qui vit dans le sable au fond de l’eau , et chez lequel le type du vertébré est si dégradé , que Pallas, qui l’a découvert, l’a considéré comme une limace.
Au lieu d’une colonne vertébrale, il n’a qu’une sorte de corde dorsale, et la moelle épinière, frappée d’arrêt de développement, est très-faiblement rènflée à son extrémité céphalique.
Isidore Geoffroy donnait le nom de Myélaires à la classe créée pour l’amphyoxus. •
Cependant cet animal ne serait pas encore le plus bas degré des vertébrés. Au-dessous de lui et dans une classe distincte, le prince Charles Bonaparte plaçait le sagitta , découvert par MM. Quoy et Gaimard, dans les mers du Nord, et dans lequel les
LES POISSONS
naturalistes ont vu tour à tour un mollusque, un ver, et même un acalèphe !
Ce singulier animal posséderait, dans la première période de sa vie, une grosse corde dorsale et un système nerveux de vertébré qu’il perdrait avec l’âge, de sorte que ses métamorphoses, au lieu de l’élever au-dessus de lui -même, comme c’est le cas pour tous les animaux que nous avons jusqu’ici passés en revue, le feraient descendre à un rang inférieur. C’est ce qu’on appelle une métamorphose rétrograde , dont il y a des exemples nombreux dans la série animale.
Tout cela a été vu par M. Meisner sur de trèsjeunes sagitta, et Ch. Bonaparte a fait de ce genre le type de sa classe des aphaniaires. Mais, comme des doutes se sont élevés sur la valeur des observations de M. Meisner, nous ne nous y arrêterons pas davantage.
LES MOLLUSQUES
La limace, le colimaçon, la moule, l’huître, sont des mollusques.
Ce sont, comme leur nom l’indique, des animaux d’une consistance mollasse. Un grand nombre d’entre eux ont une coquille calcaire ou cornée , qui se développe soit sur la peau, soit dans celle-ci, soit à l’intérieur du corps.
Les uns sont terrestres, et respirent par des poumons ; les autres sont aquatiques , et respirent par des branchies. Il y en a de libres; il y en a qui passent toute leur vie à la même place, fixés à des corps solides; il en est qui, sans être fixés, passent toute leur vie à l’intérieur des pierres. Un trèsgrand nombre sont nocturnes. Tous les genres possibles de régime alimentaire se rencontrent parmi eux.
Beaucoup sont comestibles. Certains sauvages, par exemple, ceux qui habitent le détroit de Magellan, ne vivent même pas d’autre chose, et quel-
LES MOLLUSQUES
ques espèces, telles que les huîtres, sont l’objet d’un commerce considérable chez les peuples civilisés.
On y connaît des exemples de métamorphoses, et bien que ces exemples soient nombreux et remarquables , il y a lieu de croire que ce qui nous reste à apprendre à cet égard l’emporte de beaucoup sur ce que nous n’ignorons plus. Ce que nous avons dit des poissons s’applique en effet, exactement, et pour la même cause, aux mollusques, et leur habitat fait que nous savons encore peu de chose sur leurs mœurs, leur reproduction et leur développement. On aura tout à l’heure un exemple des découvertes zoologiques qui, au temps où nous sommes, peuvent encore être faites dans nos mers.
Les mollusques forment une très- longue série, dont l’extrémité supérieure est occupée par des animaux d’une organisation assez élevée, tandis que par son autre extrémité cette série confine aux animaux les plus inférieurs.
En tête sont les céphalopodes, auxquels M. Victor Hugo, par son chapitre de la pieuvre , vient de donner tant de popularité. Armés de longs bras ou tentacules couvertes de ventouses, qui couronnent leur tête et entourent leur bouche garnie d’une sorte de bec de perroquet, ils sont dans certains parages l’effroi des baigneurs, parmi lesquels ils ont fait des victimes. Les anciens auteurs prétendaient que la mer en recélait de si grands, qu’ils
Le grand poulpe.
LES MOLLUSQUES
pouvaient faire sombrer un navire en l’entourant de leurs bras. L’exagération est grossière. Mais si nos prédécesseurs péchaient par excès, nous péchions par défaut, en pensant que la taille des plus grands ne dépassait pas deux mètres.
On en a eu la preuve le jour où un aviso à vapeur français, l’Alecton, commandé par M. Rouyer, lieutenant de vaisseau, rencontra entre Madère et Ténérilîe ce poulpe colossal, dont malgré ses efforts l’équipage ne put réussir à s’emparer. Il avait, en effet, de cinq à six mètres de long, sans compter ses bras d’un mètre quatre-vingts centimètres. Sa bouche avait un demi -mètre de diamètre, et son poids total fut évalué à plus de deux mille kilos.
L’HUITRE
Bien différent des céphalopodes, qui, comme leur nom l’indique, portent les pieds sur la tête, l’huître n’a ni pieds ni tête. Tout le monde sait que c’est un animal marin. Elle vit fixée aux rochers par sa valve inférieure, et forme des bancs plus ou moins considérables. On la pêche à la drague, espèce de râteau pourvu d’un filet, et attaché par une longue corde à l’arrière du bateau pêcheur; celui-ci voguant à pleines voiles, la drague arrache, le filet reçoit.
La fécondité des huîtres est extrême. M. Davaine
LES MOLLUSQUES
a Irouvé de six cent à douze cent mille œufs dans une huître pied de cheval , et comme elles font plusieurs pontes dans une saison, il n’y a rien d’invraisemblable dans l’évaluation qui' porte à deux millions le nombre d’œufs qu’un seul individu peut donner annuellement.
L’huître n’abandonne pas ses œufs au moment de la ponte ; elle les garde en incubation pendant plusieurs semaines, entre ses lames branchiales, au milieu d’une substance muqueuse, sécrétée par ces organes, et nécessaire à leur accroissement, puisqu’ils périssent dès qu’on les en retire.
Les petits ne sortent
Groupe d’huîtres à divers âges. pas de l’œuf SOgS la forme
de l’adulte, mais à l’état de larve; l’huître est un animal à métamorphoses. Cette larve est douée d’une faculté qui manque à sa mère, celle de se mouvoir librement dans le liquide ambiant. 11 en est ainsi des petits de tous les animaux fixés, et l’on comprend que la vie de ces animaux ne peut commencer autrement.
Leur petitesse est extrême. Un illustre observateur, Leuwenhoek, dit qu’il en faudrait un million
Pêche de Phuîlre.
LES MOLLUSQUES
sept cent vingt-huit mille pour former une sphère d’un pouce de diamètre.
Racontons leurs métamorphoses, d’après M. Davaine, à qui on doit un excellent travail sur ce sujet, et prenons les choses au moment où se fait l’éclosion de l’ovule.
On voit alors apparaître sur deux points, distants l’un de l’autre du quart de la circonférence de cet ovule, deux ou trois cils vibratiles. Ou plutôt on reconnaît leur existence à l’agitation du liquide dans lequel l’ovule est plongé, car ces cils sont d’abord tout à fait indistincts ; mais en s’allongeant ils deviennent visibles, et en même temps l’espace qui les sépare se couvre à son tour de cils nombreux et minces. Cette portion de la circonférence répond à la partie antérieure de l’embryon.
A l’opposé d’un de ces groupes de cils on voit un trait transparent : c’est le premier indice de la charnière de la coquille, qui déjà, quoique invisible encore, contient du carbonate de chaux.
Peu à peu les cils deviennent plus nombreux et plus forts , et leurs mouvements permettent enfin à l’embryon, jusque-là immobile, de nager dans le liquide ambiant. En même temps la charnière a cessé d’être la seule partie visible de la coquille, et on distingue maintenant les deux valves plus ou moins ouvertes, occupant toute la partie postérieure de l’animal, qui à volonté les écarte ou les rapproche
LES MOLLUSQUES
l’une de l’autre, mais elles laissent encore à découvert la partie antérieure du corps.
Cependant, malgré les mouvements que l’embryon imprime aux deux battants de son enveloppe testacée, et malgré ceux qu’il exécute lui-même, cet embryon n’a pas encore d’organes apparents; on ne voit ni viscères , ni branchies , ni manteau , et toute sa masse semble composée d’éléments homogènes ou identiques entre eux.
Mais, à mesure qu’il prend de l’accroissement, ces organes deviennent visibles. Le changement le plus intéressant est celui qu’éprouve l’appareil ciliaire dont nous Embryon de rhuître. avons parié. Il devient de plus en
plus saillant, forme un lobe distinct du reste du corps , et finit par prendre l’aspect d’un organe particulier. Sa base est nettement limitée par le bord de la coquille, et lorsque celle-ci est ouverte, sa forme est celle d’une couronne surmontant les bords antérieurs des valves. On lui voit accomplir de faibles mouvements d’expansion et de contraction, mais jamais ceux-ci ne vont jusqu’à le faire rentrer dans l’enveloppe calcaire.
Au moyen de cet appareil, l’ambryon nage avec une grande rapidité dans tous les sens, va, vient, tourne sur lui-même ou autour des obstacles qu il rencontre.
Rien n’est plus curieux, dit M. Davaine, que de
LES MOLLUSQUES
voir sous le microscope ces petits mollusques parcourir la gouttelette d’eau qui les réunit en. grand nombre, s’éviter mutuellement, se croiser en tous sens avec une merveilleuse rapidité, sans se heurter, sans se rencontrer jamais.
En voyant, dit-il encore, l’embryon de l’huître nager rapidement et avec sûreté dans toutes les directions, on ne peut se refuser à croire qu’il possède le sens de la vue; car comment pourrait-il avoir la notion de tous les obstacles qu’il rencontre, et qu’il évite avec tant de précision ? Cependant on n’aperçoit dans ses organes aucun point coloré, aucune trace de pigment qui puisse indiquer l’organe de la vue.
Quand l’embryon est arrivé à ce point de son développement, son intestin est devenu visible; mais il est impossible de distinguer ni la bouche ni l’anus. Comme l’appareil ciliaire est percé d’une ouverture oblongue, située juste en regard de la place où la bouche se montre quand cet appareil a cessé d’exister, il est probable que cette ouverture s’adapte à la bouche, et que les cils qui bordent la première ont pour fonction de diriger dans la cavité buccale les particules alimentaires.
Mais, outre ces deux fonctions de préhension et de locomotion, l’appareil ciliaire est encore un organe respiratoire , et c’est lui qui absorbe l’oxygène dissous dans le liquide ambiant.
L’embryon, tel qu’on vient de le décrire, est âgé
LES MOLLUSQUES
d’un mois et plus. Il reste pendant tout ce temps en incubation dans la coquille maternelle. C’est alors que celle-ci les répand autour d’elle; protégés par une coquille et munis d’un appareil de natation, ils sont, en effet, en état d’aller chercher sur quelques rochers voisins la place où s’écoulera le reste de leur existence. Cependant ils flottent pendant quelque temps autour de leur mère, et M. Moquin-Tandon, se faisant l’écho d’une opinion répandue, écrit « que dans le commencement, au moindre danger, ils se réfugient entre les valves maternelles ».
Ces dangers sont nombreux. Avant que les petites huîtres aient touché le sol, alors que, par leur agglomération, elles forment une bouillie laiteuse en suspension dans l’eau de mer, elles deviennent, dit M. Davaine, la proie de myriades de poissons, de mollusques, de crustacés, etc., qui en détruisent des quantités innombrables ; celles qui échappent à la poursuite de tous ces ennemis, en rencontrent de nouveaux et plus nombreux encore entre les pierres, sur les coquilles , sur les plantes où elles doivent se fixer. Tous ces corps, en effet, et même la coquille maternelle qui les protégeait, sont recouverts de serpules, de balanes, de polypes, superposés les uns aux autres, dont les cirrhes toujours agités, les tentacules toujours tendus, saisissent ces embryons quand ils arrivent à leur portée ; enfin , lorsque les petites huîtres se sont fixées, et que leurs valves ont acquis une consistance capable de les protéger, il est
LES MOLLUSQUES
d’autres ennemis, comme les crabes et les astéries, qui les surprennent dans leur coquille entr’ouverte et les dévorent. Les causes de destruction auxquelles ces mollusques sont exposés ne tarderaient donc pas à faire disparaître l’espèce, si celle-ci n’était douée d’une merveilleuse fécondité.
Voici donc la petite huître émancipée en quête d’un domicile. Cependant la base de l’appareil locomoteur se rétrécit graduellement, et cet appareil devient de plus en plus proéminent ; le moment arrive où il n’est plus attaché à l’animal que par un pédicule assez mince ; il entraîne cependant encore l’embryon à sa remorque. Enfin le pédicule se rompt ; alors l’huître tombe au fond de l’eau et reste immobile sur le sol.
Mais, en même temps que l’animal perd la faculté de se mouvoir, la vie s’éveille avec énergie dans ses organes intérieurs. On voit apparaître des lèvres, et des cirrhes pour la préhension des aliments ; un mouvement vibratile très-prononcé décèle l’existence des branchies et leur entrée en fonction ; et sous la cavité buccale on voit un organe très-petit , transparent, eh forme de poire, se dilater et se contracter alternativement : c’est le cœur; M. Dareste a compté jusqu’à cent dix battements par minute, tandis que chez l’huître adulte le cœur ne bat que dix fois dans le même temps.
Et que devient l’appareil locomoteur après qu’il s’est détaché de l’animal ? Vivement agité par le
LES MOLLUSQUES
mouvement de scs cils, il continue de circuler dans le liquide ; mais la volonté qui le dirigeait n’ayant plus d’action sur lui , il roule sur lui-même , et il se heurte à tout ce qu’il rencontre, jusqu’à ce qu’il soit enfin arrêté par quelque obstacle ; même alors Appareil ciliaire il manifeste encore sa vitalité par
de l’embryon
de l’huître. l’agitation de ses cils.
Ce qui vient d’être dit du développement des huîtres, explique les soins particuliers qu’on donne en certains lieux aux bancs naturels de ce mollusque; ce qu’on fait par exemple au vieil ’Achéron , le lac Fusaro (Naples), qui n’est qu’une vaste huîtrière..
Fascines suspendues.
Autour des rochers auxquels les huîtres sont fixées on a planté des pieux assez rapprochés les uns des autres, et qui s’élèvent un peu au-dessus de la sur-
LES MOLLUSQUES 151
face liquide. Ces pieux sont reliés entre eux par des cordes, auxquelles, par le moyen d autres cordes verticales, sont suspendues des fascines qui plongent dans l’eau. Les petites huîtres qui, sans ces précautions , eussent été dispersées par les vagues et dévorées par une multitude d’ennemis, s’attachent à ces fascines et à ces pieux, et en enlevant ceux-ci on s’empare des mollusques, quand le moment de la récolte est venu.
On a fait plus, on a créé des bancs d’huîtres en des localités où ce mollusque était inconnu.
Ainsi, dans le siècle dernier, un ministre de Portugal, le marquis de Pombal, ayant fait jeter quelques cargaisons d’huîtres sur les côtes de ce pays, qui n’en produisait pas , les huîtres s’y multiplièrent tellement, qu’elles y sont très-communes aujourd’hui.
Le même fait s’est produit en Angleterre , vers la même époque. Un riche propriétaire de Caernarvon fit jeter une certaine quantité d’huîtres dans le détroit de Menai ; elles s’y propagèrent rapidement, et devinrent pour lui la source de revenus considérables.
Enfin le gouvernement anglais, prenant exemple sur ce particulier, fit porter des chargements d’huîtres sur divers points des côtes d’Angleterre, où elles prospérèrent également.
Mais, quoiqu’on ait beaucoup loué en France ce qui se fait à Fusaro et ce qui s’est fait en Angleterre ,
LES MOLLUSQUES
et quoiqu’on nous ait proposé de prendre exemple sur nos voisins du Nord et du Midi, il se trouve que nous avons en France, et de temps immémorial, des modèles bien supérieurs à ceux que nous offre l’étranger. Ils nous sont offerts par les pêcheurs de l’île d’Oléron, et je raconterai de leur intéressante industrie ce que m’en a appris une lettre que M. Pougnard, notaire à la Tremblade, m’a fait l’honneur de m’écrire.
Pratiquant lors de la marée basse la pêche dite à la main , ces pêcheurs ne pouvaient manquer de faire la remarque que le frai de l’huître s’attache sur le rivage de la mer aux fragments de rochers , aux pierres, à toutes les saillies. De cette observation à l’idée de créer des parcs artificiels il n’y avait qu’un pas ; ce pas fut bientôt franchi.
Sur la partie orientale de l’île d’Oléron, en des points convenablement choisis, les habitants de cette île formèrent donc des bancs artificiels, et les ayant soigneusement entourés, ils y déposèrent les huîtres. Ils espéraient que le frai retenu dans ces parcs s’attacherait aux pierres et s’y développerait. Leur attente ne fut pas trompée : l’expérience fondée sur l’observation réussit. On donne à ces enceintes le nom de viviers. Les viviers se sont rapidement multipliés, et de leur établissement date la grande extension qu’a prise le commerce des huîtres vertes.
Car les pêcheurs de la Tremblade ne se bornent pas à créer des bancs artificiels. Non contents de
LES MOLLUSQUES
conserver les huîtres, ils les améliorent. Conservateurs et progressistes, c’est l’idéal.
Ils détachent les huîtres des rochers auxquels elles adhèrent, isolent chaque sujet, et, les prenant un à un , ils les transportent dans les confortables demeures que nous allons décrire.
Les terrains qui bordent la Seudre sont, sur un parcours de dix-neuf kilomètres, de pauvres terrains impropres dans leur état présent à aucun genre de culture; les intelligents et actifs pêcheurs ont su leur donner une valeur considérable : onze cent trente -six hectares de ces mauvaises terres ont été divisés par eux en dix-huit mille cent vingt parcelles, et voici ce qu’ils en ont fait.
Chaque parcelle a été entourée d’un bourrelet de terre de soixante-six centimètres à un mètre de haut, et de quatre à cinq mètres à la base, destiné à retenir l’eau de mer. Le terrain ainsi entouré est plat ; on lui donne le nom de claire. La claire est l’école de perfectionnement des huîtres.
C’est là que nos pêcheurs mettent les huîtres recueillies par eux une à une dans les viviers ; et quand ces bons maîtres en retirent leurs élèves, ceux-ci sont considérablement engraissés, ils ont pris une couleur verte et un goût exquis.
Mais que de peine , avant d’en venir là, les huîtres ont donnée à leurs instituteurs !
L’excellente réputation culinaire des huîtres a failli être compromise dans ces derniers temps.
LES MOLLUSQUES
Des huîtres draguées sur un banc de la rivière de Falmouth, en Angleterre, puis expédiées à Rochefort, provoquèrent chez ceux qui en mangèrent des symptômes d’empoisonnement. Émoi général et bien motivé. M. Cuzent, pharmacien en chef de la marine, fut aussitôt chargé d’examiner les mollusques perfides. Il y reconnut la présence du cuivre. L’explication est fort simple : le banc d’où ces huîtres provenaient est voisin d’une mine de cuivre. Comme le fait pourrait se reproduire, il n’est pas inutile de savoir au besoin reconnaître la présence du métal toxique. M. Cuzent en a indiqué deux; nous citerons celui qui est le mieux à la portée de tout le monde.
Il consiste à piquer une aiguille à coudre dans les parties vertes du mollusque, à verser sur celui-ci une quantité de vinaigre suffisante pour l’immerger, et à laisser le tout en contact pendant quelques secondes.
Ce qu’on se propose dans ce procédé , c’est d’isoler le cuivre à l’état métallique; or il ne faut qu’une minute pour que l’aiguille se recouvre, dans la partie immergée, d’un dépôt rouge de cuivre. Il est entendu qu’on emploiera du vinaigre pur.