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LE TARET

Mollusque acéphale et bivalve comme l’huître, et, comme elle, mollusque à métamorphoses.

LES MOLLUSQUES

C’est un animal allongé, vermiforme, mou, blanchâtre, demi-transparent, long tout au plus de vingtcinq centimètres , et c’est un des plus dangereux ennemis que le roi de la création puisse rencontrer sur son chemin.

Le grand naturaliste Linnée appelle le taret : la calamité des navires, nom bien mérité, et qui ne dit

Taret.

pas tout le mal que fait ce mollusque ; car il n’attaque pas seulement les navires, mais toutes les constructions maritimes en bois, tous les bois immergés dans l’eau salée (le taret est un animal marin), les pilotis, les écluses, les digues. C’est lui qui détruit les travaux qu’élèvent les habitants de la Rochelle pour parquer les moules ; il tient suspendue sur la Hollande une perpétuelle menace d’inondation ; en 1731, il détruisit une grande partie des digues de la Zélande. Il vit, en effet, dans le bois et du bois; il y fait un trou, c’est sa demeure, et la sciure du bois creusé fait sa nourriture. Le trou est d’abord horizontal et à peine visible, car le taret est fort

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petit quand il commence son travail; mais bientôt l’excavation devient verticale, s’élargit et s’allonge; en un temps très -court une énorme poutre criblée de trous prend l’aspect d’une éponge. On a vu des

Morceau de bois rongé par des tarets.

navires silencieusement minés par ce misérable ennemi sombrer en pleine mer. Aujourd’hui, éclairé' par une cruelle expérience, on protège les constructions navales, soit en les doublant de cuivre1, soit en préparant au sulfate de cuivre, ou au bichlorure de mercure, les bois qu’on y emploie, soit encore en en brûlant la surface, ou en y enfonçant des clous à large tête , qui , attaqués par l’eau de mer, les recouvrent bientôt d’une couche protectrice de rouille. Le taret a un ennemi; c’est un oiseau charmant, le vanneau , qui rencontre aujourd’hui en Hollande la protection à laquelle ses services lui donnent droit.

Ces terribles petits animaux ont, comme je l’ai dit, une coquille bivalve; mais on se ferait une idée bien inexacte de cette coquille si on pensait qu’elle ressemble à celle de l’huître. Cette dernière recouvre et protège tout l’animal, tandis que la coquille du

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taret ne recouvre pas la trentième partie du corps de celui-ci. On se rappelle que le taret est allongé, vermiforme; la coquille, qui est en forme d’anneau, ouverte par conséquent en avant et en arrière, occupe seulement la partie antérieure du corps. Tout le reste est à découvert; et certes, à première vue, on ne se douterait pas qu’un tel animal pût être aussi redoutable.

C’est avec sa coquille qu’il fait tout le mal. Elle est cependant peu épaisse ; mais , outre que son tissu est très-compacte, ses valves, disposées en forme de tarière, ont le bord tranchant et finement dentelé; un muscle adducteur très -énergique les meut, et leur travail est rendu moins difficile par cette circonstance que le bois attaqué est ramolli par l’eau.

A mesure que le taret s’enfonce dans sa demeure , il la tapisse d’une matière calcaire, de sorte qu’il se trouve bientôt logé dans une sorte de tube pierreux , qu’on pourrait prendre pour une coquille ; mais ce tube n’a aucune adhérence avec le mollusque.

Tandis que l’animal adulte vit dans un trou, le jeune est libre; une couronne de cils lui permet d’aller et de venir ; il en profite pour se mettre en quête d’une pièce de bois à sa convenance. Il inspecte, il tâte celles qu’il rencontre, et se promène à leur surface; puis, quand il a trouvé ce qu’il cherchait, il y forme d’abord une petite dépression au moyen d’un mouvement latéral de son corps ; c’est

LES MOLLUSQUES

alors que se forme sa coquille, el dès qu’il esl outillé il commence son trou.

LA PHOLADE

La pholade, autre mollusque acéphale, vit comme le tarel clans les trous qu’elle creuse elle- même par l’action mécanique de sa coquille selon les.

uns, au moyen d’une sécrétion particulière selon les autres.

Elle élit domicile dans le bois Phoiade dactyle. ou dans la pierre indifféremment. Il n’est pas rare de rencontrer dans le voisinage de la mer des rochers percés en tous sens par

Pholades dans une pierre.

ce mollusque. Une fois dans son trou, il n’en sort plus, et sa nourriture se compose exclusivement de petits animaux, que le mouvement de l’eau ou que

LES MOLLUSQUES

leur mouvement propre amène jusqu à lui. On le trouve dans l’Océan , dans la Manche et dans la Méditerranée, où on le recherche comme aliment.

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