LES ASCIDIES SOLITAIRES
Nous continuons de descendre l’échelle des mollusques. Les ascidies y sont placées assez bas pour qu’on les ait prises longtemps pour des zoophytes, lesquels forment le dernier degré du règne animal.
Une sorte de sac percé de deux orifices, et les enveloppant de toutes parts, remplace ici la coquille. De là le nom d 'outres de mer (ascidie ne veut pas dire autre chose) qu’on leur donne vulgairement , et celui de mollusques luniciers que lui donnent les savants. Dans l’intérieur de ce sac, un autre manteau renferme les organes de la respiration, de la circulation et de la nutrition. La bouche est placée au fond de l’outre, et une multitude de cils vibratiles qui se dressent à l’intérieur de celleci dirigent vers elle les particules alimentaires. L’ascidie demeure toute sa vie fixée à la même place, et souvent à de grandes profondeur, n’exécutant d’autre mouvement qu’une contraction et une dilatation des deux orifices , par lesquels l’eau ambiante est tour à tour introduite et expulsée. Veut-on prendre l’animal, il lance au loin, sous forme de jet prolongé, l’eau qu’il contenait. Les
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ascidies sont nombreuses dans toutes les mers, et surtout dans celles des régions boréales.
Ce sont des animaux à métamorphoses : les larves sont libres, de couleur rouge, avec une grosse tête et une petite queue, qui les fait ressembler à un têtard. Voici de quelle aimable façon M. Moquin- Tandon raconte les changements qu’elles éprouvent :
« A l’époque où ces larves doivent se fixer, voici ce qui arrive. Elles appuient leur tête contre un corps solide, et restent là, la queue en l’air. Représentez-vous des baladins qui feraient l'homme droit. En même temps leur face s’élargit et semble se creuser. L’animal sort alors de son calme habituel ; il témoigne par de violentes commotions que ce n’est pas volontairement qu’il est retenu. L’amour de la liberté semble plus fort chez lui que le besoin de transformation. Il fait tous ses efforts pour se dégager. Les vibrations de sa queue deviennent si rapides, qu’on ne peut plus la distinguer. Hélas! la pauvre bête est collée, solidement collée, et pour toujours collée! Enfin cette agitation s’apaise. Une matière sort des bords de la tête, s’étale sur le corps solide, et la larve demeure irrévocablement fixée. La queue disparaît ; elle n’était plus bonne à rien. Une tunique résistante s’organise autour de l’animal, et sur les marges de la partie adhérente surgissent de nombreuses saillies radiculaires qui assurent sa fixation. »
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