OUTANG DE BORNÉO (JARDIN D’ACCLIMATATION
ce repaire pour attaquer l’homme qui le poursuit. On cite pourtant des exemples de naturels terrassés, tués même par ces animaux qui sont d’une force prodigieuse.
es Orangs, vers le déclin du jour, se retirent dans leur nid et dorment, dit-on, couchés sur le dos ou sur le côté. L’un de leur bras est étendu sous leur tête qui repose dans leur main. L’Orang-outang est un animal très doux et très paisible. Il n’est pas timide et ne fuit pas devant l’homme, qu’il regarde au contraire avec beaucoup de calme.
Comme la nourriture des Orangs consiste essentiellement en fruits, il s’ensuit que les lieux que ces animaux choisissent pour demeure sont ceux où ils trouvent une subsistance plus abondante et plus facile. Il en résulte aussi pour eux des habitudes plus ou moins nomades suivant les saisons. C’est ainsi qu’ils se montrent dans les parties méridionales de l’intérieur de Bornéo, et qu’ils font leur apparition sur la rive droite du Doussou pendant les mois d’avril et de mai, époque de la maturité du Ficus infectoria dont eux et quelques autres Singes sont très friands. Passé cette époque, on ne les voit plus dans ces localités.
D’après le récit d’un voyageur qui séjourna longtemps dans le pays où l’on rencontre le plus d’Orangs-outangs, un naturaliste raconte que les Malais les chassent habituellement avec des flèches empoisonnées. Ils les poursuivent ainsi jusqu’à ce que ces animaux saisis de convulsions par la force du poison se laissent tomber à terre, alors on les achève avec de longues piques. Plusieurs peuplades de Bornéo sont très friandes de leur chair et leur font pour s’en procurer une chasse assidue. Lors- . qu’un Orang a été abattu au moyen de flèches empoisonnées, les gens de Bornéo enlèvent immédiatement une partie des chairs placées autour des blessures: puis, ils découpent l’animal, le partagent en morceaux et mettent soigneusement de côté la graisse qu’ils emploient pour préparer leurs aliments. Ils font rôtir la chair sur des brasiers, ou la coupent par tranches qu’ils font sécher au soleil et qu’ils désignent alors sous le nom de ding-ding.
La peau leur sert à faire des jaquettes ou des bonnets de forme grotesque dont ils s’affublent les jours de fêtes ou pour se donner à l’occasion un air