LIMACES, ESCARGOTS, ETC
lile termine le canal intestinal ; la troisième renferme les organes reproducteurs.
L'enveloppe générale du corps des Limaces, très-épaisse et très-coriace, se compose de flbres musculaires dirigées dans tous les sens; celles qui constituent le plan locomoteur sont plutôt dans le sens longitudinal du pied : c'est par leurs ondulations successives que Tanimal rampe.
L'écusson renferme dans son épaisseur un rudiment calcaire j au-dessous, se trouvent le cœur et les organes delà respiration, une cloison membraneuse les sépare des intestins.
Toute la surface cutanée sécrète un mucus très-abondant, à Taide duquel les Limaces se fixent et cheminent sur les corps même les plus lisses: partout où elles passent, elles en laissent une légère couche très-friable, qui dénote par son éclat argenté la route qu'elles ont parcourue.
Les cinq sens n'existent pas tous chez ces animaux ; ceux du toucher, du goût et de Todorat sont bien prononcés; celui de la vue parait si faible, qu'on l'a plus d'une fois mis en doute. Les Limaces, en effet, sont insensibles aux changements brusques de la lumière; elles passent, sans s'en douter, du jour Je plus vif à l'obscurité la plus i>rofonde, et n'aperçoivent jamais l'obstacle placé devant elles ; quant au sens de l'ouïe, il est bien prouvé qu'elles n'entendent pas : en définitive, elles sont à la fois sourdes, muettes et aveugles.
Les Limaces recherchent les lieux frais et humides de préférence et aussi par nécessité, car, pour se soustraire à la chaleur trop forte du soleil, elles sont obligées de sécréter une si grande quantité de mucus, que cette dépense les épuise et les fait promptement périr; c'est pourquoi elles se tiennent d'habitude dans les prés bas, les forêts humides, les caves, les souterrains, sous les pierres et sous les feuilles à demi décomposées, en un mot, dans tous les endroits où l'action du soleil est nulle ou, du moins, très-amoindrie; elles ne sortent guère de leurs retraites que le soir et le matin, excepté lorsqu'il vient de pleuvoir : c'est pour elles le bon temps par excellence, au printemps et en été. Dans nos climats tempérés, les Limaces craignent le froid ; elles s'enfoncent en terre ou se cachent au fond des arbres cariés ou bien encore dans les crevasses des murs, pour passer l'hiver absolument engourdies, et reprendre ensuite leur vie active au retour du printemps. Dans les climats chauds. Tordre des saisons est renversé pour elles : elles se cachent pendant la durée des
grandes chaleurs, et ne se remettent en mouvement qu'en automne et en hiver.
Leur nourriture est essentiellement végétale; elles attaquent principalement les bourgeons, les jeunes pousses, les fruits, les bois pourris et par-dessus tout les champignons dont elles sont fort avides; on les rencontre encore sur les animaux morts en train de se décomposer; la putréfaction ne les éloigne nullement, leur voracité s'arrange de tout. On a remarqué qu'elles consomment plus le soir que dans le reste de la journée; elles mangent par une sorte de mastication ; leur digestion se fait lentement ; elles peuvent supporter des jeûnes prolongés.
La ponte des Limaces a lieu à diverses reprises et à différentes places; les œufs, nombreux et de forme ovalaire, sont déposés généralement en terre, ils éclosent au bout de cinq ou six jours.
Les espèces les plus répandues en France sont : la Limace rouge [Limax rufus, fig. 190), la Limace noire (Limax rùger)^ la Limace agreste [Limax agresiis) , désignée dans les campagnes sous le nom de Loche et qui, dans les automnes doux et humides, ravage souvent les jeunes pousses de céréales; enfin, la Limace grise [Limax maximus)^ souvent tachetée ou rayée de noir, plus commune dans les caves et les forêts sombres que dans les lieux découverts.
Toutes les Limaces nuisent plus bu moins à la végétation en rongeant ses parties tendres ; elles font surtout des dégâts dans les potagers, où elles attaquent les semis et les légumes foliacés. De tous les moyens recommandés pour en préserver le jardinage, le meilleur consiste à entourer les carrés d'un cordon de chaux ou de plâtre pulvérisé, de cendre ou de sable fin ; ces substances minérales, en s'attachant à leur pied, les empêchent bientôt d'avancer ; en grande culture, les oiseaux et les mammifères sont la seule ressource qu'on ait contre leur voracité; on ne peut songer économiquement à les ramasser à la main quand elles infestent en grand nombre une localité.
Les Escargots ou Hélices, par leur nombre bien plus considérable que celui des Limaces, sont encore plus nuisibles aux plantes ; leur organisation a la plus grande ressemblance avec celle de ces animaux.
Leur corps, terminé également par un pied à sa partie inférieure, est plus ou moins gibbeux en dessus; la masse des viscères forme une sorte de hernie dans la partie occupée par le bou-
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clier; elle se contourne en spirale et se cache dans une coquille jointe au corps par un pédicule. La tête, peu distincte, porte deux paires de tentacules de grandeur inégale : l'antérieure est la plus petite, la postérieure se couronne de boutons oculaires;
Fig. 190. Limace.
•c'est surtout au moyen de ces tentacules que TEscargot se dirige; ils remplissent à son égard les fonctions du toucher et lui tiennent lieu du bâton de l'aveugle en explorant sans cesse le terrain sur lequel l'animal va s'engager.
Fig. 191. Escargot.
La bouche consiste en une cavité fermée par deux lèvres, et contient à l'intérieur une langue assez grosse et une dent cornée, en forme de croissant, qui permet à l'Escargot de ronger les diverses substances végétales dont il se nourrit.
Le poumon est situé dans une cavité placée au-dessus de la
masse générale des viscères et occupant le dernier tour de spire. Toute la surface cutanée de TEscargot est chargée de granulations irrégulières ; elle sécrète, en outre, constamment une grande quantité de matière muqueuse destinée à favoriser l'adhérence de l'animal aux corps sur lesquels il rampe; quand il est rentré dans sa coquille, il en ferme l'ouverture par une membrane assez mince appelée manteau, qui, dans l'angle postérieur de l'ouverture, laisse voir ufae perforation dont les bords sont susceptibles de dilatation et de contraction ; elle charrie Tair dans la cavité pulmonaire. La coquille, de forme très-variable, constitue la maison de J'Escargot ; il la porte toujours avec lui ; elle croît à mesure que lui-môme se développe, et répare ses brèches au moyen de la transsudation calcaire qui en est l'origine; ses bords sont tantôt simples et tranchants, tantôt épais et renversés en dehors; la spire s'enroule généralement de droite à gauche.
Ainsi que les Limaces, les Escargots se plaisent dans les lieux ombragés et frais. Ils s'accouplent au printemps ; leurs œufs, arrondis et de couleur blanche, sont déposés, soit par petits tas irréguliers, soit en files alignées comme des grains de chapelet, dans des trous en terre, dans les troncs vermoulus ou dans les crevasses des vieilles murailles. Les petits, dès leur naissance, sont pourvus d'une coquille membraneuse très-mince, et ne sortent guère que la nuit de leur trou, pendant tout leur premier âge; une fois adultes, ils continuent encore ces habitudes nocturnes, mais ils craignent moins que les Limaces de s'exposer, en plein jour, à l'ardeur du soleil, grâce à la coquille qui protège leurs organes ; leurs sorties les plus fréquentes néanmoins ont lieu le matin et le soir. Dans nos pays, lorsque l'automne est déjà avancé, ils se réfugient dans un trou et y demeurent^ sans prendre de nourriture, dans un état complet de torpeur durant toute la saison froide ; leur corps est alors complètement renfermé dans la coquille, qui se ferme par une espèce de couvercle fixe, de substance calcaire, cimentée de mucus.
Le genre Hélice est représenté par de nombreuses espèces; les plus communes, dans le centre et le nord de la France, sont : V Hélice némorale (Hélix nemoralis), V Hélice des jardins [Hélix hortensis), V Hélice chagrinée (Hélix aspersa) et V Hélice vigneronne (Hélix pomatia, fig. 191). Cette dernière est très-recherchée comme espèce comestible par les amateurs de Colimaçons ; c'est la plus volumineuse de toutes nos espèces indigènes. Le Midi possède aussi un grand nombre d'Hélices, mais ordinairement