LE GRILLON
champs [Grylltisarvensis), le Grillon domestique [Gryllus dômesticus) et le Grillon Sylvestre (Gryllus Sylvestris).
Le Grillon des champs (Og. 216] vit solitaire et se creuse un petit terrier au milieu des herbes ; il s'y tient confîné la plus grande partie du jour et n'en sort guère que pour aller pâturer. Dans la belle saison, les mâles se font entendre surtout vers le coucher du soleil et pendant toute la nuit; leur cri paraît d'autant plus aigu, qu'on se trouve plus loin ; à mesure qu'on s'approche, ils y mettent une sourdine et le cessent entièrement quand on est tout près. Le Grillon se tient volontiers posté au bord de son trou et y rentre dès qu'il aperçoit un ennemi, mais il est facile de l'en tirer : il suffit d'y introduire une brindille, l'insecte la saisit à l'instant avec ses mandibules et se laisse prendre comme un niais.
Le Grillon domestique, de taille un peu plus petite que le Grillon des champs, s'en distingue encore par sa couleur cendrée. Très-frileux de sa nature, il hante, de préférence, l'intérieur des maisons, y recherche les endroits les plus chauds, les cuisines, le derrière des cheminées, le voisinage des fours, etc.; il se tient caché pendant le jour; mais, dès que la nuit approche, il quitte sa retraite pour aller fureter et glaner quelques débris de pain, de farine et autres provisions de bouche. Le mâle n'est que trop connu par son continuel refrain, si monotone et si agaçant ; il le produit en frottant rapidement, d'un mouvement horizontal, ses élytres l'un contre l'autre.
Le Grillon Sylvestre, beaucoup plus petit que les deux espèces précédentes, est aisé à reconnaître à ses élytres courts, à ses ailes presque nulles et à ses taches brun-jaunâtre sur un fond brun foncé, pubescent. Il n'est pas rare dans les bois des environs de Paris ; quand il saute et retombe sur des feuilles sèches, il produit un bruit analogue à celui de gouttes de pluie.
Les Sauterelles sont encore mieux organisées pour le saut que les Grillons, grâce à leurs pattes postérieures fort longues et à leurs ailes très-développées dont elles s'aident dans cette sorte de progression ; par contre, elles marchent mal : aussi n'avancent-elles que par bonds. Herbivores, ainsi que les Grillons, on les rencontre dans les champs, dans les jardins, partout où il y a de la verdure à grignoter; elles sont très-voraces ; mais comme elles n'apparaissent jamais en grand nombre sur un môme point, leurs dégâts sont peu sensibles; les femelles sont munies d'une longue tarière en forme de sabre recourbé; elles déposent leurs œufs
en terre ; les larves n'éclosent qu'au printemps suivant et n'arrivent à l'état d'insecte parfait qu'après avoir subi cinq mues successives. Leur cri aigu et strident résulte du frottement des élytres, qui sont munis à leur base d'une membrane transparente appelée miroir.
L'espèce la plus répandue aux environs de Paris est la grande Sauterelle verte {Locusta viridisima). Pendant le jour, elle se tient sur les arbustes et les arbrisseaux; le soir, elle se répand dans les jardins et dans les prés. Plusieurs autres espèces indi-
Fig. 217. Criquet voyageur.
gènes se font remarquer par les brillantes couleurs de leurs ailes chamarrées de bleu, de gris, de rouge.
Les Criquets ont la tête grande, verticale et munie de courtes antennes; leurs yeux sont gros et saillants; leurs mandibules, armées d'un grand nombre de dents, ont la triple faculté de couper, broyer et triturer même des corps résistants, tels que des tiges et des écorces ligneuses ; leurs pattes postérieures, fort longues, sont chargées de grosses cuisses et admirablement organisées pour le saut; elles se débandent avec l'élasticité d'un ressort et lancent l'animal au loin ; leur face interne est garnie de rides saillantes que le Criquet frotte contre les nervures des élytresà la manière d'un archet de violon; mais, pour exécul«r cette musique, une seule jambe entre en mouvement : il en ré-