LE CRIQUET
suite une stridulation monotone, très-fréquente en été, principalement vers le soir.
Les femelles n'ont pas de tarière; elles s'accouplent en été, confiant à la terre leurs œufs agglomérés en une seule masse, les enduisant en même temps d'une bave mousseuse qui se durcit à l'air.
Certaines espèces multiplient beaucoup ; les larves ne diffèrent de l'insecte parfait que par l'absence d'ailes et d'élytres ; elles subissent plusieurs mues avant de se changer en nymphes; sous cet état, les organes du vol sont enveloppés dans un fourreau.
Les Criquets sont plus répandus dans les pays chauds que dans les climats tempérés ; on les voit néanmoins quelquefois en Corse et dans la Provence ; l'Algérie a souvent à souffrir de leurs visites. Us s'abattent par troupes immenses sur les terres cultivées et dévorent en un clin d'œil les récoltes de pays entiers ; quand ils ont ravagé à fond une contrée, ils s'envolent tous ensemble, comme à un signal donné, et vont porter ailleurs la ruine et la désolation.
L'espèce la plus néfaste est, sans contredit, le Criquet voyageur (Acridium migratoriwm^ fig. 217). Son corps est verdâtre, ses ailes sont grises, parsemées de taches brunes, ses jambes rosées. Dans ses migrations malheureusement trop fréquentes il vole par légions innombrables et tellement serrées, qu'elles embrassent plusieurs kilomètres et forment de gros nuages, à intercepter là lumière du soleil. Leur arrivée s'annonce par un grand bruit d'ailes sembled)le à celui de chars roulant dans le lointain ; un courant d'air vif signale leur passage, toutes les couches de l'air sont fortement déplacées ; quand leurs troupes se mettent à pâturer, le jeu de leurs mâchoires s'entend au loin et toute végétation disparaît avec la rapidité d'un feu dévorant : des famines locales en sont parfois la conséquence. On n'a d'autre ressource contre ce fléau terrible que de ramasser le plus tôt possible les Criquets par millions et de les noyer ; les changements brusques de température, les pluies froides surtout, en détruisent d'immenses quantités; mais, dans ce cas, le fléau ne fait que changer de face : leurs cadavres amoncelés par grandes masses entrent bientôt en putréfaction sous l'action d'un soleil brûlant, et des miasmes pestilentiels ne tardent pas à s'en exhaler; leur mort n'est ainsi que le commencement d'une autre calamité: on peut y obvier par la combustion.
On croit généralement que le Criquet voyageur, originaire de rOrient et de la Tartarie, est jeté en Afrique par des trombes de vent; une fois lancé, il parcourt d'immenses espaces au vol.
ORDRE DES HEMIPTERES.