LA CIGALE
Plus d'un poëte grec de l'antiquité, Platon et Anacréon entre autres, ont vanté la Cigale {Cicada, fig. 218) comme messagère de Tété sans doute, et non comme chantre harmonieux ; rien, en effet, de plus monotone, de plus strident, de plus assourdissant que le chœur de ces musiciennes effrénées ; quand elles iutteol de leurs notes aigués avec l'incandescence d'une chaleur caniculaire, c'est à en perdre le tympan : aussi n'est-on guère tenté de les envier au midi de la France où elles sont si communes, ainsi que dans tous les pays chauds.
Si la voix de la Cigale laisse à désirer sous le rapport musical, l'insecte ne saurait être considéré comme un type de beauté. Sa tête large et courte, flanquée de deux gros yeux stupides, s'articule tout d'une pièce avec un corselet aussi large que haut et réuni carrément au corps; sa taille est donc tout l'opposé de l'élégant corsage des Guêpes, et son apparence semble dénoter un animal lourd et grossier : il a cependant des côtés intéressants pour qui l'examine de près.
Chez les Cigales, ainsi que chez un grand nombre d'insectes, les mâles seuls ont le privilège du chant. On a ignoré pendant longtemps comment ils s'y prenaient pour se faire entendre; on croyait généralement que c'était en agitant leurs ailes et en les frottant rapidement les unes contre les autres, mais Réaumur a fait justice de cette erreur : grâce à ses patientes recherches, on connaît aujourd'hui les diverses pièces qui composent l'appareil musical des Cigales et la place qu'il occupe ; sa structure est