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LOMBRICS OU VERS DE TERRE

Les Lombrics sont les seuls annélides qui ne vivent pas dans Feau; ils ont le sang rouge, le corps allongé, cylindrique, très-extensibie et muni de cils ou d'épines à peine visibles et distribués par séries longitudinales. Les nombreuses articulations qu'on observe chez ces animaux ne sont autres que des muscles circulaires destinés à exécuter le mouvement vermiculaire qui leur est propre ; elles sont grosses et plus prononcées depuis la tête jusqu'au bourrelet ou renflement qui se trouve vers le tiers de la partie antérieure, et vont ensuite en diminuant jusqu'à l'extrémité postérieure, plus obtuse que l'autre (fig. 256). La peau, douée d'irisation, est mince et molle dans l'intervalle des anneaux ; ceux-ci, au contraire, sont renflés et résistants ; les épines dont ils sont garnis sont tournées en arrière et aident à la marche en servant de point d'appui pour porter l'animal en avant, par suite du jeu alternatif des anneaux; l'enveloppe générale est continuellement lubrifiée par la substance visqueuse qui suinte des pores.

Les Lombrics mènent une vie cachée et solitaire; leur apparition à la surface du sol est toujours l'indice d'un temps chaud et humide. Ils redoutent également le froid, la grande chaleur et Tair vif; aussi vont-ils chercher, plus ou moins profondément

en terre un refuge contre les variations atmosphériques. Leur terrier présente toujours deux issues, l'une pour l'entrée, l'autre pour la sortie; la première se reconnaît aux amas terreux qui encombrent son orifice. Quoique chez eux les sens paraissent bornés au sens unique du toucher, ils n'en sont pas moins prestes à se soustraire au danger; la moindre commotion du sol les fait rentrer aussitôt dans leurs trous ; on les force d'en sortir en comprimant la terre autour d'eux. Ils cheminent avec assez de vitesse à la surface du sol en s'y cramponnant par leurs

Fig. 256. Lombric.

petites épines et en faisant mouvoir en même temps leurs articulations l'une sur l'autre; quand ils veulent s'enfoncer en terre, ils contractent leur lèvre supérieure et lui donnent la forme d'une tarière; celle-ci toutefois n'agit efficacement qu'autant que le sol est mouillé et frais. Les matières animales et végétales en décomposition absolue constituent leur nourriture; il-* les prennent sous forme de terreau et en rejettent le résidu dépouillé de tout suc, sous l'aspect d'une terre finement blutée el ^ vermiculaire. Nuisent-ils par là à la végétation? Certaines personnes le croient; mais bien qu'ils appauvrissent le terrain de

la fertilité qu'ils lui enlèvent, s'ils lui font du tort, c'est plutôt en y multipliant leurs galeries et en le rendant ainsi plus poreux et plus accessible & l'action desséchante de l'atmosphère.

Leurs traces ne sont jamais plus nombreuses qu'à la sortie de l'hiver ;^ par des temps doux et humides, on voit les Lombrics se montrer de tous côtés à la surface, la tète au bord de leur trou, mais prêts à disparaître au moindre ébranlement du sol. Us s'accouplent au printemps, hors de leurs terriers et sont généralement regardés comme ovovivipares; Léon Dufour cependant assure qu'ils produisent des œufs analogues à ceux des Sangsues.

L'espèce la plus répandue en France est le Lombric commun {Lombricua terrestris)^ couleur de chair, quelquefois de trente centimètres de long, et composé de plus de cent anneaux ;' son renflement annulaire abdominal est situé vers le tiers antérieur du corps. On le trouve dans tous les terrains gras et humides.

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