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La Fontaine décrit très-bien ces ruses

Quand au bois

Le bruit des cors, celui des voix, N'a donné nul relâche à la fuyante proie,

Qu^n vain elle a mis ses eflbrts

A confondre et brouiller sa voie, L'animal chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors. En suppose un plus jeune, et l'oblige, par force, A présenter aux chiens une nouvelle amorce. Que de raisonnements pour conserver ses jours l Le retour sur ses pas, les malices, les tours.

Et le change, et cent stratagèmes Dignes des plus grands chefs, dignes d'un meilleur sort l

(Livre X, fab. i.)

Chevreuil ; il ressemble beaucoup au premier par l'ensemble de ses formes, mais son bois est plus aplati, plus étendu en largeur, plus garni, à proportion, d'andouillers, et surtout il se termine par une empaumure plus large et plus longue.

Leurs mœurs présentent plus d'une analogie. Le Daim parait encore plus porté que le Cerf à vivre en société; il reste presque toujours en compagnie avec ceux de son espèce, hormis le temps du rut, qui se manifeste quinze jours plus tard que chez le Cerf. Leur nourriture est exactement la môme.

Les bois entrecoupés de plaines et de collines sont la résidence

Fig. 50. Daim.

que le Daim préfère; au lieu de s'éloigner, comme le Cerf, quand on le chasse, il ne fait que tourner et chercher à se dérober au danger par la ruse et le change, qu'il répète en revenant sans cesse sur sa voie. Lorsqu'il est échauffé et épuisé, il se jette aussi à l'eau, mais il ne s'y aventure pas aussi loin ; son sort, pour cela, n'en est guère meilleur : la mort l'attend sur la rive opposée.

La Daine porte pendant huit mois et quelques jours, de môme que la Biche; elle ne produit ordinairement qu'un seul Faon.

La vie de ces animaux ne s'étend pas au delà de vingt ans; celle du Cerf est bien plus longue.

Le Chevreuil (Cervus capreolus^ fig. 51) ne le cède au Cerf que pour la taille, car, avec la môme élégance de formes, il a plus d'animation dans le regard, plus de gaieté, et quelque chose, en même temps, de plus fin dans toute son allure. L'élasticité de ses mouvements est extraordinaire; sa course est rapide, et Ton dirait que ses jambes sont mues par des ressorts, tant ses bonds sont faciles, légers, vigoureux, et pourtant gracieux! Il franchit les haies et les fossés sans apparence d'efforts, nage bien et jouit, à un haut degré, des sens de l'ouïe, de la vue et de l'odorat.

La plupart de ses habitudes rappellent celles du Cerf, mais cependant avec de notables différences.

Son pelage, épais et lisse, est très-sujet à varier; il est court et roux foncé en été, plus long et d'un gris-brun en hiver; en tout temps, son front est d'un beau noir, et son ventre, ainsi que la face interne de ses membres, présente une teinte plus claire que sur les parties supérieures du corps.

Le Chevreuil se tient d'ordinaire dans les grandes forêts d'essences feuillues, et plus souvent dans les jeunes coupes et les taillis dont il recherche le demi-ombrage, que dans la profondeur du bois; il passe une partie de la journée au repos sur des feuiles sèches; il quitte la montagne pour la plaine dans la mauvaise saison et se retire, l'été, dans les taillis élevés, dont il ne sort guère que pour aller se désaltérer aux sources.

Plus délicat que le Cerf sur la nourriture, il fait choix de l'herbe; mais, comme lui, il vit des bourgeons, de l'écorce et du feuillage des arbres; partant, il ne leur est pas moins nuisible.

Sa voix est bien moins forte que celle du Cerf; au temps du rut, il ne rait ni avec autant de persistance, ni avec autant de retentissement; son cri, 6é, hê^ est bas et saccadé; la Chevrette a le timbre plus léger; celui du Faon se traduit par une espèce de piaulement.

Le Chevreuil ne se réunit et ne marche jamais en grandes troupes, il demeure la plus grande partie de l'année en famille composée d'un Broquart, et d'une ou deux Chevrettes avec leurs petits ; le mâle est à la fois le chef et le gardien de ce petit groupe : il ne s'en sépare que pour peu de temps et vit alors solitaire ;

A^OHAUX DE LA FAARCB. 11

il n'est par rare, en hiver, de voir plusieurs de ces familles se réunir et vivre ensemble en parfait accord.

Le rut commence à la fin d'octobre et dure un peu plus de quinze jours; à cetle époque, le Chevreuil n'est point surchargé de venaison ainsi que le Cerf; mais son naturel paisible se change, pour quelque temps, en une humeur inquiète et troublée ; si deux mâles viennent à se rencontrer, les assauts sont fréquents; les deux adversaires prennent tout à coup leur élan, et, dressés sur leurs pattes de derrière, se précipitent l'un sur l'autre en entre-choquant vivement leurs têtes.

La Chevrette porte cinq mois et demi ; quelque temps avant que d'être mère, elle s'éloigne du Broquart, mais pour peu d'heures d'abord; son absence se prolonge ensuite davantage chaque jour, et quand son terme est arrivé, elle se recèle au plus épais de la forêt pour mettre bas, en mai, un ou deux Faons, selon qu'elle est jeune ou vieille. Au bout de dix ou douze jours, les petits sont déjà assez forts pour suivre leur mère ; celle-ci en a le plus grand soin ; au moindre soupçon de danger, elle jette un cri particulier; les Faons aussitôt de se blottir. La petite famille ne tarde pas à rentrer dans l'ancien cantonnement; la Chevrette n'y est pas plutôt installée, qu'elle appelle le Broquart; son retour est fêté par mille caresses, il y répond en prenant la direction de sa lignée. Pendant l'éducation des jeunes, une alerte vient-elle à les mettre en émoi, la mère cache sa progéniture dans quelque fourré, fait bravement face de sa personne, et se laisse chasser pour détourner l'ennemi; lorsqu'on lui enlève un de ses Faons, elle suit pendant longtemps les pas du ravisseur, court de côté et d'autre, en appelant son petit d'un ton plaintif.

Les Faons restent avec leurs père et mère pendant huit mois entiers; lorsqu'ils s'en séparent, à la fin de la première année, deux petites dagues se montrent sur leur tête ; ils les dépouillent dans le courant de mars de la peau qui les enveloppe, de la même manière que le Cerf; leur bois tombe en décembre. A la seconde tête, le Chevreuil porte déjà deux ou trois andouillers sur chaque tige ; à la troisième, il en a trois ou quatre ; sa ramure est complète à la quatrième tête : elle est alors ciiargée de quatre ou cinq andouillers, nombre que les Chevreuils dépassent bien rarement; le nouveau bois pousse toujours en hiver.

La chasse au Chevreuil se conduit exactement de même que

celle du Cerf et du Daim. Sa chair est généralement très-eslimée pour sa saveur et son fumet particulier.

Le Chamois (Antilope rupicapray fig. 52), désigné sous le nom d'Isard dans le midi de la France, appartient à la région la plus élevée des Alpes et des Pyrénées. 11 s'y montrait autrefois en grand nombre, mais, à force d'être chassé, il est devenu plus rare d'année en année, et malgré ses retraites presque inaccessibles, nous sommes menacés de le voir disparaître un jour, comme déjà nous avons perdu le Bouquetin, son ancien camarade des hauts lieux : nos glaciers dès lors n'auraient plus aucun Ruminant, et leurs solitudes ne seraient plus visitées que par l'Aigle et le Vautour.

Le Chamois , de môme taille que la Chèvre, s'en rapproche par l'élégance de son port et par sa vivacité ; mais il est infiniment plus agile. Destiné à braver les froids les plus rigoureux, son corps est défendu par une épaisse fourrure ; au-dessous de ses poils grossiers et cassants, s'étend une toison assez légère en été, mais très-abondante en hiver. Son pelage varie avec les saisons ; gris-cendré au printemps, il passe au fauve en été, et devient ensuite brun-noirâtre dans le courant de l'automne. Sa tête, en tout temps, d'un jaune pâle, est marquée d'une bande d'un brun-noir, qui part du coin de la bouche et vient aboutir à la base de l'oreille, après avoir enveloppé l'œil. Sa queue est noire; ses cornes, dirigées d'abord verticalement, se recourbent subitement en arrière, en forme de crochets; elles sont cannelées transversalement et creusées de stries longitudinales; le mâle porte, en outre, une barbiche noire de cinq à six centimètres de long.

Les mœurs du Chamois offrent la plus grande ressemblance avec celles du Bouquetin et paraissent calquées Tune sur l'autre, sauf de légères variantes. Tous deux se plaisent à la région des neiges étemelles, au milieu des précipices, sur les pics les plus abrupts. D'un pied élastique, et en quelque sorte infaillible, ils se lancent à travers les rochers, bondissent de sauts répétés et d'une telle hardiesse, qu'ils semblent plutôt voler que parcourir l'espace. La souplesse, la dextérité et la préci-

sionde leurs mouvements tiennent réellement du prodige; pour •échapper à leurs ennemis, ils se précipitent de hauteurs effrayantes, tête baissée et les membres repliés; dans un élan désespéré, leurs dispositions sont si bien prises, qu'au moment de toucher terre, leurs jambes se débandent comme un ressort, et ils retombent les quatre pieds rapprochés les uns des autres sur la pointe de rocher qui peut tout juste les recevoir; la moindre erreur entraînerait fatalement leur perte, mais il est rare qu'ils en commettent quand ils ne sont pas surpris à Timproviste, et

Fig. S3. Chamois.

qu'ils ne sont pas forcés de se jeter en avant sans avoir pu calculer leur élan. Ils ne sont pas moins étonnants lorsqu'il leur faut gravir les rochers les plus escarpés; les moindres saillies leur servent d'appui et ils escaladent, en quelques sauts, des parois presque verticales; sur un plan horizontal, ils franchissent, en se jouant, de larges espaces, et dédaignent les abîmes ouverts au-dessous d'eux.

Les Chamois vivent par petits troupeaux de quatre, cinq et dix bêtes, et se réunissent souvent en plus grand nombre dans les mêmes parages ; les vieux mdies seuls se tiennent à l'écart. A

rentrée de Tautomne, ils errent de montagne en montagne, poussent sans cesse des bêlements plaintifs, se rapprochent des groupes, et en chassent les jeunes mâles. Ils se sont à peine accouplés en octobre, qu'ils retournent à leur vie solitaire ; les jeunes se montrent de nouveau, et les troupeaux se reforment : les femelles se séparent pour mettre bas. Leur gestation dure six mois; il n'y a ordinairement qu'un seul petit par portée, qxielquefois deux. Le jeune Chamois vient au monde couvert de poils et les yeux ouverts ; aussitôt sa naissance, il est en état de marcher; à deux mois, il prend la livrée maternelle; à un an, sa taille a presque atteint celle des adultes. Ordinairement il accompagne longtemps sa mère; dès son plus jeune âge, il saute, caracole et bondit comme nos jeunes Chevreaux, avec non moins de grâce et de prestesse, et s'habitue ainsi , par ces exercices fréquents, à la gymnastique de haute école qui complète son éducation. La mère n'abandonne jamais son Faon, excepté quand Litrance; dans cet isolement momentané, 'instinct, se cacher dans un trou de robis passé, la mère revient appeler son sourds; si elle se fait par trop attendre, herche; il la réclame en bêlant, se cache ; fin à ses plaintes que lorsqu'il l'a re-

ivent sur les pâturages alpestres; ils se le choix des herbes, broutent les bour- 'e des ramilles et le feuillage; l'hiver, ils sont réduits à se nourrir d'écorces, de lichens et aussi des graminées qu'ils savent fort bien déterrer sous la neige.

Rien n'égale la perfection des sens dont le Chamois est doué. Sa vue est extrêmement perçante ; lorsqu'il découvre un homme et qu'il l'aperçoit distinctement, il le fixe un instant et s'enfuit, s'il en est près. Les moindres bruits ne lui échappent pas et il est toujours aux écoules ; son odorat est si subtil, qu'il sent un ennemi à plus de deux kilomètres. A-tr-il le sentiment de quelque chose qu'il ne puisse découvrir avec ses yeux, il jette un sifQement aigu de ses narines, puis s'arrête un instant; son agitation alors est extraordinaire; il regarde de tous côtés, recommence à siffler par intervalles, frappe la terre de son pied, grimpe sur les pierres ou sur la roche qui peuvent lui servir d'observatoire, et ne cesse de sonner l'alarme qu'après avoir reconnu l'objet qui l'a troublé.

Les Chamois redoutent extrêmement la chaleur ; c'est pourquoi ils s'abritent des rayons du soleil en se mettant à l'ombre des rochers ou parmi des amas de neige. Ils ne vont guère à la pâture que le matin et le soir, rarement au milieu du jour; tandis que la troupe est occupée à brouter, plusieurs d'entre eux, la tête levée, font sentinelle; à la moindre apparence de danger, un coup de sifflet donne le signal de la fuite, tous de disparaître à l'instant. Au cœur de l'hiver, ils descendent et vont chercher un abri dans les forêts de hêtres et de sapins ; mais, dans la belle saison, c'est parmi les rochers et les précipices qu'ils se tiennent de préférence ; aussi est-il très-difficile de les y poursuivre. Les Chiens eux-mêmes sont à peu près inutiles dans cette chasse, qui veut être conduite avec habileté, prudence et un silence profond. Elle exige de la part des chasseurs un grand sang-froid, un pied sûr et un tempérament vigoureux, car il y a plus d'un danger à courir et plus d'une fatigue à endurer : ne serait-ce que celle d'un climat glacé et le péril des tourmentes auxquelles on est fréquemment exposé à de si grandes hauteurs, il est bon de réfléchir avant de s'y engager ; cette chasse ne convient généralement qu'à des montagnards expérimentés. En effet, il ne faut pas songer à forcer le Chamois dans les pentes escarpées, ni à travers les précipices auxquels il demande son salut ; à la moindre alerte, l'animal gagne la crête des rochers et surveille attentivement l'horizon ; on ne peut espérer le joindre à portée de carabine qu'en se mettant à l'affût, au-dessous du vent, derrière quelque roc, pour le tirer au passage : métier d'héroïque patience et de chances plus ou moins heureuses ; quand le Chamois se voit acculé , d'un bond terrible il s'élance sur le chasseur pour s'ouvrir une issue ou pour l'entraîner avec lui dans Tablme, si tout est désespéré.

La Chèvre (Capra, fig. 53) est généralement regardée comme un animal nuisible, qu'il faudrait absolument proscrire. Sans nul doute, lorsqu'elle est abandonnée à ses instincts vagabonds, elle n'épargne guère la végétation; sa dent voracc broute les jeunes pousses des arbres, attaque les écorces tendres, détruit les bourgeons et ruine en peu de temps les taillis; mais si, au

lieu de Tintroduire dans les bois ou dans les lieux cultivés, on lui abandonne, comme pâturages, les terrains de landes ou de bruyères; si on la cantonne dans les sites escarpés et rocheux, rebelles à toute culture et où elle se platt si bien, loin de causer du dégât, elle utilise avec proOt des pacages dédaignés des autres troupeaux et où nul d'entre eux ne pourrait vivre d'une manière permanente. Que de pays arides seraient frappés d'improduction, si la Chèvre n'était là pour en tirer parti ! Ce n'est donc pas l'animal qu'il faut proscrire, mais ses abus qu'il convient de prévenir : rien de plus facile. La Chèvre, quoique fort indépendante de sa nature, et malgré son goût prononcé pour la vie sauvage, se prête très-bien à la stabulation continue. L'épreuve en a été faite depuis longtemps aux environs de Lyon : là les Chèvres des Monts-d'Or, non-seulement ne causent aucun préjudice à l'agriculture, mais elles lui apportent le renfort d'une industrie lucrative, celle de la fabrication de fromages, devenus l'objet d'un commerce important ; elles lui fournissent, en outre, un supplément de fumier, toujours rare dans les contrées viticoles. Pour le pauvre, la Chèvre est une ressource des plus précieuses; sa nourriture ne lui coûte, pour ainsi dire, rien; il suffit de la conduire le long des routes et des chemins herbus, pour qu'elle y trouve de quoi subsister; les ronces, les broussailles sont pour elle une provende toujours prête, fort appétée et qui la tient en santé ; elle remplit, sans dépense, ses puissantes mamelles d'un lait abondant et salutaire. La Chèvre n'est donc nuisible qu'autant qu'on la gouverne mal; entre des mains intelligentes, elle rentre dans la catégorie des animaux utiles, et souvent constitue Tunique ressource de contrées rocheuses, très-accidentées, naturellement fort pauvres.

A l'exception d'un petit nombre de localités où les Chèvres reçoivent les soins qu'elles méritent, leur élevage en France laisse beaucoup à désirer; logement, nourriture, précautions hygiéniques sont tellement négligés à l'égard de ces animaux, que les maladies les déciment fréquemment, quoique la race soit trèsrustique.

Dans le nord, le centre et Test de la France, les Chèvres n'existent pas à l'état de troupeaux ; les cultivateurs en ont à peine quelques têtes dans leurs exploitations ; les Chevreaux sont vendus ou sevrés ; les mères partagent le logis et la nourriture des Moutons, elles les accompagnent au pâturage et forment le maigre appoint d'un nombre très-limité de bêtes à laine. Ail-

leurs, comme dans TAuvergne, métayers et propriétaires se croient obligés d'avoir un Bouc au milieu de leurs bêtes à cornes, pour conjurer, disent-ils, le mauvais air; que ce Bouc émissaire détourne les épidémies, la chose est plus que douteuse; mais, & coup sûr, il répand dans Tétable une odeur $ui generis qui ne contribue guère à Tassainir. Les véritables troupeaux de Chèvres se rencontrent surtout dans le département des Landes, dans les Pyrénées et les contrées sèches et montagneuses de la Corse et de la Provence : ils sont là à leur place normale. « La Chèvre, dit BufTon, a, de sa nature, plus de sentiment et

Fig. 53. Chèvre.

4e ressource que la Brebis ; elle vient à l'homme volontiers, elle «e familiarise aisément, elle est sensible aux caresses et capable d'attachement; elle est aussi plus forte, plus légère, plus agile -et moins timide que la Brebis; elle est vive, capricieuse, lascive et vagabonde. Ce n'est qu'avec peine qu'on la conduit et qu'on peut la réduire en troupeau; elle aime à s'écarter dans les solitudes, à grimper sur les lieux escarpés, à se placer et môme à dormir sur la pointe des rochers et sur le bord des précipices. L'inconstance de son naturel se marque par l'irrégularité de ses actions ; elle marche, elle s'arrête, elle court, elle bondit, elle

saute, s'approche, s'éloigne, se montre, se cache ou fuit par caprice et sans autre cause déterminante que celle de la vivacité bizarre de son sentiment intérieur, et toute la souplesse des organes, tout le nerf du corps sufQsent à peine à la pétulance et à la rapidité de ces mouvements qui lui sont naturels. »

Sa couleur 'dominante est le noir et le blanc ; on en voit souvent de pies ou mélangées de brun et de fauve; les Chèvres blanches passent pour avoir l'humeur plus douce; les noires sont réputées meilleures laitières.

La conformation dans la race caprine n'a pas moins d'importance que chez les autres animaux domestiques. On veut que la tète soit petite, la croupe épaisse, la poitrine développée, la ligne dorsale droite, les reins larges, les cuisses fortes et charnues.. Une peau fine, un poil bien fourni, plutôt soyeux que rude, des os fins, sont autant de qualités à rechercher dans les deux sexes. Chez le Bouc, la force est une condition rigoureuse ; aussi doitil être plus ramassé qu'allongé. C'est le contraire chez la Chèvre, à qui on demande surtout un bassin large, un pis volumineux, de la douceur dans le caractère et une allure svelte : plus ces qualités sont anciennes dans la race, plus elles ont chance de passer dans les descendants.

Les Chèvres sont adultes à un an; leur gestation dure cinq mois; la mise bas a presque toujours lieu au commencement du sixième : le gonflement des mamelles et du pis, les bêlements incessants de la Chèvre en sont les indices avant-coureurs. Les Chèvres donnent souvent deux Chevreaux à la fois, mais il arrive aussi qu'elles n'en produisent qu'un seul par portée; quand il y en a trois, ils sont ordinairement ché- Ufs.

Les Chèvres sont excellentes mères et prennent beaucoup de soins de leurs petits. Pendant les premiers jours de la naissance, il est d'usage de laisser les Chevreaux téter à discrétion ; mais souvent, à la fin de la première semaine, ils ne prennent plus que la première traite ; on tire le lait de la mère et on rationne les petits. Quand on ne veut faire que des Chevreaux de lait pour la boucherie, on a le choix de laisser ceux-ci téter à volonté ou de les faire boire au seau : ils s'y habituent facilement; pour peu qu'ils y répugnent, on leur trempe le mufle dans le lait tiède ; dès qu'ils en ont pris quelques gorgées, ils acceptent, sans plus de façon, ce régime; il a cela de commode, qu'il permet de mélanger le lait de plusieurs Chèvres et même d'y ajouter un peu

d'eau, si l'on se trouve à court. Les Chevreaux destinés à accroître plus tard le troupeau, ne viennent jamais mieux que lorsqu'on les laisse téter à satiété leurs mères ; quand on veut tirer parti du lait pour la fabrication du fromage, ou même pour la vente en nature, on s'arrange de manière que les naissances coïncident avec la pousse nouvelle de l'herbe d\i printemps; d'une part, avec cette nourriture fraîche, les mères ont plus de lait ; de l'autre, on peut rationner les jeunes animaux en ne les faisant téter que deux ou trois fois par jour; lorsqu'ils ont environ trois semaines, on profite du beau temps pour les mener séparément au pâturage, et on les y accoutume ainsi graduellement. L'allaitement régulier dure de un mois à six semaines; rarement on dépasse ce terme; le plus souvent on remplace une partie du lait par des bouillies de farine d'orge ou d'avoine.

Les Chevreaux d'élevage sont ordinairement sevrés vers le cinquième ou le sixième mois; on les amène, petit à petit, à se passer de leurs mères en les réglant d'abord dans l'allaitement, puis en les sevrant de jour, et enfin de nuit comme de jour; sans ces précautions, il sont exposés à maigrir rapidement.

Contrairement à ce qui se pratique, la nourriture, dans le premier âge, doit être l'objet d'une grande attention; de ce point de départ résultent presque toujours la santé et la vigueur de l'animal. Lui marchander, à cette époque, une alimentation choisie, c'est compromettre son avenir et risquer de faire dégénérer la race. Il ne suffit pas que le Chevreau ait eu une bonne mère nourrice, il en perdrait bientôt tout le bénéfice, si, une fois sevré, on ne cherchait à le développer à l'aide de bonnes rations régulièrement distribuées : des breuvages farineux, de la recoupe, le meilleur regain de luzerne, de trèfle, de sainfoin contribuent beaucoup à le fortifier. Vient-il à se déclarer un commencement de diarrhée, maladie à laquelle les Chevreaux sont exposés au moment du sevrage, on a recours aux boissons d'eau d'orge: elles les rafraîchissent, arrêtent peu à peu l'inflammation des intestins et les remettent bientôt en santé.

Les Chevreaux, bien plus encore que les adultes de l'espèce caprine, réclament des pacages très-sains; toute herbe humide ou trop aqueuse leur est nuisible; on les conduira donc dans les endroits rocailleux et secs, de préférence aux pâturages bas où ils sont sujets à contracter la maladie connue sous le nom de brou.

Vers sept ou huit mois, le Ciievreau est devenu assez robuste pour braver les intempéries; toutefois il reste toujours trèssensible aux pluies froides et aux forts coups de soleil : ces derniers le font souvent périr instantanément, comme frappé d'apoplexie; dans ces deux cas, il convient de rentrer les bêtes à rétable et de les y tenir jusqu'à ce que le mauvais temps ou la trop grande chaleur ait cessé. La Chèvre, du reste, n'est pas difficile à élever; son tempérament énergique s'arrange de tout. Au dehors, la plupart des herbes lui conviennent; celles des terrains pierreux, fines, courtes et aromatiques, sont particulièrement de son goût ; elle recherche avec avidité les végétaux grimpants, les ronces et les bruyères : le tannin que ces dernières plantes renferment sont pour elle un stimulant salutaire. A 1 étable, tous les fourrages, pois, vesces, trèfle, lupuline, sdnfoin et luzerne entrent très-bien dans son régime avec le foin bien récolté; à Tétat frais, il faut les lui donner avec précaution, à cause de l'excès d'eau qu'ils contiennent; l'hiver, les ramées de saule, d'orme, de frêne, de peuplier, sont encore une excellente ressource. Dans les pays vignobles où l'on tient des Chèvres, on fait ordinairement provision de feuilles de vigne pour les mêler à leurs rations; on les recueille peu de temps après avoir vendangé ; on les empile en les pressant fortement dans des cuves ou dans des tonneaux et on les recouvre d'eau ; elles se conservent de cette manière pendant plusieurs mois, et communiquent au lait une saveur particulière, très-recherchée dans la fabrication des Monts-d'Or. Les pommes de terre, les betteraves, les topinambours, les carottes ajoutés aux fourrages secs, et saupoudrés, quand on le peut, de tourteaux de noix pulvérisés, forment la meilleure nourriture d'hiver pour les Chèvres. Trois repas par jour quand les bêtes sont tenues constamment à l'étable; quelques poignées de foin, le matin, avant d'aller au pâturage, et, le soir, une distribution de nourriture sèche dans les râteliers, suffisent à l'entretien journalier. On fait en sorte que l'ensemble des rations corresponde à 3 1/2 pour 100 du poids vif de l'animal ; mais s'il s'agit d'unei)ête laitière qu'on veut maintenir en bon état de production, la ration doit s'élever à 5 pour 100 de son poids vivant; encore la Chèvre bonne laitière restera-t-elle maigre malgré ce surcroît de nourriture. Deux kilogramnies de foin sec ou sept à huit kilogrammes de four-, rages verts représentent la ration ordinaire d'une Chèvre de taille moyenne, du poids de quarante à quarante-cinq kilogrammes.

La viande forme, avec le cuir, le principal produit du Chevreau ; chez la Chèvre, c'est le lait qui a le plus de valeur ; la peau est estimée, mais la viande, de basse qualité, se vend à vil prix.

A quantité égale de nourriture, aucun animal domestique ne fournit une proportion de lait aussi considérable que la Chèvre; le genre d'alimentation et la nature plus ou moins variée des herbes exercent une grande influence sur cette production; plus les herbes prises sur place sont venues en terrain sec, moins le lait est abondant, mais il est d'autant plus riche en qualité.

La Chèvre donne d'autant plus de lait, que sa délivrance est plus récente ; plus on s'éloigne de cette époque, plus il acquiert de prix.

Il est d'usage de traire les Chèvres deux fois par jour ; quand la traite n'a lieu qu'une seule fois, le lait est très-épais.

Le lait de Chèvre est peu butyreux.

Une bonne Chèvre laitière bien nourrie donne, en moyenne, deux litres de lait par jour, pendant six mois au moins ; elle le gardera d'autant plus longtemps, qu'elle se trouvera dans de meilleures conditions hygiéniques; la température de Tétable ne doit pas dépasser 15 à 16 degrés de chaleur; au-dessous ou au delà de ce terme, il y a diminution sensible dans la production du lait.

On calcule qu'il faut environ deux litres de lait pour produire cent vingt-cinq grammes de fromage de Chèvre.

Le Mouflon [Ovis musimon^ fig. 54) appartient aux pays montagneux que baigne la Méditerranée; les anciens le connaissaient ; Pline l'a décrit sous le nom de Musmon. Jadis il habitait en nombre l'île de Chypre, plusieurs parties de l'Archipel et d'autres- contrées de la Grèce ; mais aujourd'hui il y est devenu très-rare, de même qu'en Espagne, où il était autrefois si commun, qu'on le chassait à cor et à cris; en revanche, il s'est toujours multiplié en Sardaigne et en Corse, pays classiques de cet animal, même du temps des Romains; on l'y désigne sous le nom de Muflbli.

Quoique très-voisin des Chèvres, le Mouflon, par son chanfrein arqué, ses oreilles non pendantes, ses cornes vigoureuses et

ridées principalement à la base, se rapproche davantage du Bélier que du Bouc. Ses allures sont celles d'un animal trapu, agile, robuste et sauvage. Il est solidement campé sur ses jambes qui manquent de finesse et sont munies d'un sabot court. Son corps épais, bien musclé, est recouvert d'un pelage plus foncé et plus fourni en hiver qu'en été, de couleur fauve et mêlé de poils noirs ; le ventre et le bord de la queue sont blancs. La partie antérieure de la face, ainsi que le dessus et le dessous de l'œil, contrastent, par leur teinte blanche, avec la couleur noirâtre de la partie supérieure et des côtés de la face; une bande de môme couleur, partant de la commissure des lèvres, descend sous la

Fig. Vk. Mouflon.

mâchoire inférieure, y forme un collier et vient se rattacher à la ligne noirâtre qui orne la poitrine et s'étend jusque sur la moitié des jambes de devant : en hiver, les poils noirs du dessous du cou s'allongent en fanon.

Le Mouflon, très-répandu en Corse, habile presque constamment le sommet des plus hautes montagnes de cette lie; les neiges seules l'en font descendre; il en est néanmoins qui résident parmi les rochers de la région moyenne. Pendant le jour, cet animal se tient dans les endroits les plus escarpés où croissent le pin maritime et le pin laricio; mais il les quitte la nuit, pour aller chercher ailleurs une nourriture plus abondante ;

il vit surtout des jeunes pousses des arbres et des arbustes, et n'est que faiblement herbivore. L'hiver, il recherche l'exposition de l'est, afin de jouir plus tôt des rayons du soleil ; à mesure que l'astre s'élève sur l'horizon, il abandonne sa station matinale et rentre sous les maquis. Lorsque la neige surprend les Mouflons dans leurs parages les plus élevés, ils se réunissent en troupes et se frayent un passage en marchant à la file les uns des autres : on les rencontre le plus souvent à une altitude qui varie depuis 1200 jusqu'à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer; dans la mauvaise saison, ils occupent la région moyenne, entre 5 et 600 mètres d'élévation. Toutes les hautes montagnes de la Corse en nourrissent un certain nombre; les monts Rotondo, d'Oro, Cinto et Reynoso sont ceux où ils abondent le plus, avec les montagnes de Bavella, Tova et Bianca dans l'arrondissement de Sartène.

La plus grande partie de l'année, ces animaux vivent par petites troupes de cinq ou six individus oii ne se trouvent que des femelles, les mâles se tenant presque toujours à l'écart.

Aux approches de l'hiver, les mâles se livrent à des luttes longues et acharnées ; il n'est pas rare d'en voir plusieurs aux prises en môme temps, cherchant à se terrasser avec leurs cornes formidables ; ainsi que chez les Béliers, ces appendices donnent et reçoivent les coups, et servent à la fois de bouclier et de massue; les deux adversaires, après s'être observés un instant d'un œil plein de colère, reculent d'abord de quelques pas pour prendre leur élan ; ils s'avancent ensuite l'un contre l'autre, tête baissée et les cornes dirigées en avant, et s'entre-choquent aussitôt avec une fureur toujours croissante. En général, ils combattent avec beaucoup de courage, et reviennent sans cesse à l'assaut, jusqu'à ce que l'un des deux tombe mort; quelquefois cependant le plus faible n'attend pas le coup fatal; après avoir échangé plusieurs passes, il se dérobe pour prendre la fuite; le vainqueur ne le poursuit jamais.

La femelle porte cinq mois et met bas en avril ; rarement elle a plus d'un petit par année ; elle le dépose parmi les rochers les plus inaccessibles. Le jeune Mouflon est en état de marcher dès qu'il a vu le jour; il naît les yeux ouverts et le corps couvert de poils, et est en état, au bout de quelques jours, de fournir une course rapide ; aussi surveille-t-on l'époque des naissances pour le capturer. D'après M. Poli, de Sari, l'un des plus habiles tireurs de la Corse, rien n'est plus facile les six premiers jours de la

naissance du jeune Mouflon. On s'avance en silence, et contre le vent, à l'endroit où la mère a mis bas; on la tire dès qu'on est & bonne portée de balle ; si elle tombe, son petit, terrifié au coup de fusil, se blottil et reste immobile ; on court aussitôt le prendre et on le porte entre les bras pendant l'espace d'une centaine de mètres; après ce temps, on le met à terre; il suit sans peine le chasseur et, dès cet instant, il est privé : il en va tout autrement lorsque le jeune Mouflon est arrivé à son sixième jour; il se sauve alors à toutes jambes, et on Ta bientôt perdu de vue à travers les rochers. Quand la mère n'a pas été tuée du coup, elle ne tarde pas à revenir chercher son petit ; son dévouement maternel est bien souvent payé de la vie; jamais elle ne cherche à défendre sa progéniture, mais elle ne l'abandonne qu'à la dernière extrémité.

Le Mouflon, pris tout jeune, s'apprivoise avec une extrême facilité; il n'en est pas de même de ceux qui sont plus âgés, ils gardent presque toujours leur naturel sauvage. Leur nourriture, en domesticité, ne présente aucun embarras ; ils broutent les ronces et les branchages de toute espèce, mangent volontiers de l'orge, du son, et, par-dessus tout, du pain ; lorsqu'ils n'ont pas autre chose, ils s'accommodent du foin; on leur en donne un peu plus de deux kilogrammes par jour; on a remarqué qu'ils ne prennent aucun aliment sans l'avoir préalablement flairé; ils boivent en humant. La domesticité parait exercer peu d'influence sur leur instinct, d'ailleurs assez borné ; ils ne se montrent ni bien confiants, ni très-dociles, et tout en s'attachant à leurs maîtres au point de les suivre comme un Chien, d'accourir en bondissant à leur appel, ils s'affectionnent médiocrement; les châtiments les irritent sans les corriger; ils restent à peu près tout entiers dans leur nature brute, et ne se font pas faute de donner des coups de corne quand la fantaisie leur en prend : leur développement complet est atteint vers la cinquième année.

L'espèce sauvage se réunit en grandes troupes quand vient la saison des neiges : c'est l'époque la plus favorable pour faire cette chasse; les tireurs les plus habiles, rompus à la pratique des montag'nes, et dont le tempérament robuste est en état de braver des fatig'ues héroïques et l'inclémence des saisons, peuvent seuls l'entreprendre ; elle n'est pas sans analogie avec la chasse du Chamois. Il faut, en effet, aller chercher le Mouflon à de grandes hauteurs, à travers d'affreux précipices, et nwilgré toutes les chances de mauvais temps, si fréquentes à la région des nei-

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ges. Comme le Mouflon a l'odorat très-fin et la vue très-perçante, on a soin de marcher sous le vent, en silence, et en se cachant le mieux possible. Les traces fraîches révèlent le quartier où se trouvent les Mouflons ; une fois sur la piste, on cerne une certaine étendue de terrain, et lorsqu'on a pris position aux pâfisages fréquentés par ces animaux, les rabatteurs commencent À battre le terrain en poussant de grands cris. A leurs clameurs, les Mouflons se sauvent dans toutes les directions en bondissant de rocher en rocher, et en cherchant toujours à gagner les cimes les plus élevées : on les tire comme on peut, dans leur fuite rapide comme Téclair. Le Mouflon, même acculé, ne fait jamais tète au chasseur; il n'y a donc d'autre danger que celui de rouler au fond des précipices, si l'on n'a pas le pied tout à fait montagnard.

D'après Buflbn, le Mouflon serait la souche de nos troupeaux de béies à laine. D'autres naturalistes, et Pallas entre autres, font remonter l'espèce domestique à l'Argali de Sibérie, animal des montagnes d'Asie qui a les plus grands rapports avec le Mduflon, et qui n'en diflère, pour ainsi dire, que par sa taille plu forte. Mais la Brebis a-t-elle jamais eu une souche sauvage? culhuc sub judice lis est.

LE BÉLIER ET LA BREBIS (fivis).

A n'examiner que leur instinct, le Bélier et la Brebis (fig. 55} devraient être relégués presque aux derniers rangs des animaux. Il «B est peu, en eflet, d'aussi stupides. La race, absolument sans défense, semble n'obéir qu'à des impulsions machinales; elle craint les intempéries, et cependant elle ne cherche aucun abri poar s'en préserver; à peine sait-elle trouver une nourriture tau te préparée; elle ne fait aucune provision pour les temps de disette; elle s'eflarouche de l'ombre même d'un danger, et loin de le braver, elle ne connaît d'autre expédient que de se serrer, de s'entasser pêle-mêle et de rester dans une immobilité absolue, ou de ae porter confusément, en troupe, sur un point quelconque, comme hébétée et anéantie par une frayeur, la plupart 4« temps imaginaire. Ces animaux savent si peu se condvire eiuc-mêmes, qu'ils acceptent pour chef le premier venu qei prend la tête du troupeau, et le suivit dans tous ses mou-

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