LE BÉLIER ET LA BREBIS
A'Agneaxix de lait; celles qui, tout en tétant leur mère, prennent encore une certaine quantité de nourriture herbacée dans le» champs, sont désignées sous le nom &' Agneaux de champs; elles n'atteignent jamais le fini ni la délicatesse des premières; la plupart des bêles qui sont abattues pour la boucherie, ne le sont que beaucoup plus tard, lorsqu'elles sont complètement adultes. L'&ge des bétes ovines se reconnaît à Tinspection des dents. A un an, la bête est dite anienaise^ la mâchoire inférieure perd ses deux dents de devant ; à dix-huit mois, les deux dents avoisinantes tombent & leur tour; à trois ans, toutes les incisives sont remplacées et présentent une surface égale; mais, à mesure que l'animal vieillit, ses dents renouvelées se déchaussent, s'émoussent et noircissent ; quand il commence à les perdre, on le dit brèche.
La bonne ou la mauvaise conformation est un des indices les plus sûrs du degré d'aptitude à un engraissement prématuré, but auquel il faut tendre, toutes les fois qu'on désire un profit économique. On regarde comme bien faite la bête qui réunit les conditions suivantes : ossature légère, tête fine, cou réduit^ poitrine ouverte et descendant très-bas, ligne dorsale droite, côtes arrondies, hanches rentrées, membres fins et rapprochés de terre, en un mot, corps cylindrique et très-développé à la région de Tépaule et à Tarrière-train. Certaines races, sous^ ce rapport, ont été amenées, par les soins du cultivateur, à un haut degré de perfectionnement; en Angleterre, les Southdownet les Dishieys; en France, les Solognots, les Berrichons et les^ croisés anglais, sont les plus remarquables au point de vue de la boucherie; on peut les y conduire de bonne heure et ils donnent de beaux rendements. Pour la production de la laine, on n'a pas été moins heureux : les Mérinos d'Espagne ont été le point de départ des améliorations de la toison; sa finesse est presque toujours en sens inverse de la taille des animaux ; les pâturages plus ou moins secs exercent aussi une grande influence sur le vrillé et le tassé de la laine. L'homme, sous le double rapport de la viande et de la laine, a donc pétri, pour ainsi dire, les races à. sa volonté, et il les a moulées selon les besoins de son industrie;, mais il n'a rien changé à leurs mœurs : on les retrouve aujourd'hui telles qu'on les a toujours observées ; la conservation de respëce parait étroitement liée à sa dépendance vis-à-vis de nous; il lui serait absolument impossible de subsister par elle-même^ en dehors de notre protection.
Toutes nos races de bêtes à laine peuvent être rapportées à deux grandes catégories : 1** les moyennes et petites races, à laine fine et ondulée, parmi lesquelles figurent les Mérinos, la race de Naz, celle du Larzac, la race Solognote et la race Berrichonne; 2<' les grandes races, à laine longue et plus ou ipoins grossière ; telles sont, notamment, la race de Lourdes, celle du Rouergue, la race Gàtine, celle de la Vienne, des Deux-Sèvres, de la Normandie et de la Flandre. L'ensemble de nos troupeaux dépasse trente millions de têtes, mais les besoins de l'agriculture, de la consommation et de l'industrie en réclameraient un bien plus grand nombre.
LE BŒUF (Bos).
Encore un bon et vieux serviteur dont le type primitif ne s'est retrouvé nulle part jusqu'à présent: aussi peut-on légitimement le considérer comme le compagnon-né de l'honMne.
Le Bœuf est peut-être le plus précieux de tous nos animaux domestiques. D'une santé plus robuste que le Cheval, il nous coûte moins pour sa nourriture et son entretien; par les engrais qu'il laisse à la terre, il lui rend au moins autant que ce qu'il en a tiré ; sa chair et sa dépouille fournissent à nos premiers besoins ; sans lui, la culture du sol serait plus dispendieuse, parfois même impossible; c'est sur lui enfin que roulent les travaux les plus importants de l'agriculture. Si, par la configuration de son dos et de ses reins, il se montre inférieur au Cheval, au Mulet et à l'Ane pour porter des fardeaux, la grosseur de son cou et la largeur de ses épaules le rendent éminemment propre à tirer et à porter le joug ; c'est aussi de cette manière qu'il nous rend le plus de services. « Il semble, dit notre grand naturaliste, avoir été fait exprès pour la charrue (fig. 56) ; la masse de son corps, la lenteur de ses mouvements, le peu de hauteur de ses jambes, tout, jusqu'à sa tranquillité et sa patience dans le travail, semble concourir à le rendre propre à la culture des champs, et plus capable qu'aucun autre de vaincre la résistance constante et toujours nouvelle que la terre oppose à ses efforts. Le Cheval, quoique peut-être aussi fort que le Bœuf, est moins propre à cet ouvrage ; il est trop élevé sur ses jambes ; ses mouvements sont trop grands, trop brusques, et d'ailleurs il s'impatiente et se rebute trop aisément ; on lui ôte même toute la légèreté, toute la
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