DEUXIÈME CLASSE
Les oiseaux sont des animaux vertébrés ovipares, à circulation et respiration doubles, organisés pour le vol.
La tête des oiseaux est, en général, petite relativement au volume de leur corps; la face est occupée, en grande partie, par le bec, formé de deux mandibules dont l'inférieure jouit d'une cer« laine mobilité.
Le cou, composé d'un grand nombre de vertèbres très-mobiles les unes sur les autres, est d'autant plus long que l'oiseau est plus élevé sur ses pattes ; il en est de même chez ceux qui cherchent leur nourriture au sein des eaux.
La plupart ont les vertèbres du dos soudées et complètement immobiles.
Le sternum, destiné à donner attache aux muscles abaisseurs de l'aile, est très-développé, et présente ordinairement à sa partie médiane une lame saillante, en forme de carène, nommée bréchet.
Les membres antérieurs, disposés pour le vol, sont munis d'une double clavicule; l'humérus est conformé comme celui de l'homme, mais le radius et le cubitus ne peuvent pas tourner l'un sur l'autre : ces membres sont terminés par trois doigts, dont deux à peine développés.
Les membres postérieurs se composent d'un fémur, d'un tibia, d'un péroné et d'une rotule; le tarse et le métatarse y
sont représentés par un seul os, au bout duquel se trouvent les doigts, ordinairement au nombre de quatre : le pouce se dirige en arrière.
En général, tout le corps des oiseaux est couvert de plumes ; ces téguments, analogues aux poils, sont formés d'un tube corné ouvert à l'extrémité, et d'une tige garnie, sur les côtés, de barbes, qui elles-mêmes se ramifient en barbules. Les grandes plumes des ailes et de la queue sont désignées sous le nom commun de pennes; celles de la queue, assimilées à un gouvernail, portent le nom spécial de rectrices; celles des ailes, comparées à des rames, sont désignées sous le nom de rémiges, et se subdivisent en rémiges primaires, secondaires cibâlardes, selon qu'elles naissent sur le corps, l'avant-bras ou le pouce; les plumes qui revêtent le bras ont reçu la dénomination de scapulaires; celles qui se trouvent à la base des pennes sont appelées couvertures ou tectrices. Pour voler, l'oiseau frappe l'air de ses ailes; sa résistance lui fournit un point d'appui dont il se sert pour s'élancer. Plus les ailes sont développées, plus la masse d'air qu'elles choquent produit de résistance; l'oiseau s'avance avec d'autant plus de rapidité, que ses ailes, en se ployant, déplacent un plus grand volume d'air à la fois : c'est, en effet, ce qu'on observe chez les oiseaux bons voiliers.
Les plumes tombent deux fois par an, à l'époque de la mue. Le plumage des mdles offre ordinairement des couleurs plus vives que celui des femelles; dans quelques espèces, la livrée d'hiver diffère complètement de la robe d'été.
L'organe du toucher est fort peu développé chez les oiseaux ; cette particularité s'explique aisément par les plumes qui couvrent leur corps, par leurs pattes garnies d'écailles, et par leurs mandibules cornées.
Le sens du goût est presque nul ; la plupart des oiseaux avalent leur nourriture sans la mâcher.
Le sens de l'odorat est très-remarquable chez les espèces carnassières ; les Aigles, les Corbeaux, les Vautours éventent de fort loin les cadavres; il s'affaiblit d'autant plus que l'oiseau est plus exclusivement granivore.
L'œil des oiseaux est organisé de manière à distinguer aisément les objets éloignés ou rapprochés; outre les deux paupières ordinaires, il s'en trouve, à l'angle interne de l'œil, une troisième qui peut se placer, comme un rideau, au devant de cet organe.
Le sens de l'ouïe est plus simple que dans la classe des Mammifères; Toreille^ne présente pas de conque externe, excepté toutefois chez les oiseaux de nuit, qui perçoivent les sons dans une espèce de pavillon résultant d'une disposition particulière des plumes autour du conduit auditif.
L'organe respiratoire présente une conformation spéciale. Les poumons, adhérents aux côtes et aux vertèbres dorsales, communiquent avec de grands sacs membraneux qui laissent passer l'air dans plusieurs parties de la poitrine, du bas-ventre, des aisselles et de l'intérieur des os, de sorte que ce fluide entre en contact avec les vaisseaux pulmonaires et les autres vaisseaux du reste du corps.
Parmi les oiseaux, les uns sont granivores, les autres carnassiers ; un grand nombre se nourrissent d'insectes. Leur estomac se compose de trois, parties : le jabotj ou premier renflement de l'œsophage, le ventricule succenturié^ seconde dilatation de l'œsophage, où les aliments s'imbibent de l'humeur sécrétée par les glandes nombreuses qui le garnissent, et le gésier^ armé de deux muscles vigoureux destinés à broyer les aliments chez les espèces qui se nourrissent de substances dures et difliciles à digérer : dans les oiseaux qui ne vivent que de chair ou de poisson, les muscles du gésier sont minces et membraneux. Au sortir de l'estomac, les aliments descendent dans les intestins; lorsqu'ils ont achevé de s'y dépouiller de leurs sucs nutritifs, leurs résidus se mêlent aux urines et sont expulsés avec elles par le cloaque^ espèce de poche commune aux matières fécales et aux organes de la génération.
Le canal aérien des oiseaux, ou la trachée-artère, offre deux larynx : l'un supérieur, aboutissant au pharynx, mais dépourvu d'épiglotte; l'autre inférieur, situé à l'endroit où la trachée se partage en deux conduits; c'est dans ce dernier larynx que se forment les sons : sa structure est d'autant plus compliquée que l'oiseau est meilleur chanteur.
Tous les oiseaux sont ovipares. A une certaine époque, le sac ovarien se déchire, et l'œuf est amené dans un canal nommé oviducte; là il ne présente encore que la matière jaune ou vilellus enfermée dans une enveloppe membraneuse qui laisse apercevoir sur un de ses points une petite tache blanchâtre nommée cicatricule où l'embryon doit se développer. A mesure que l'œuf descend, les parois de l'oviducte sécrètent les substances dont elles le revêtent; parvenu au milieu du canal.
Tœuf s'entoure d'une matière glaireuse [le blanc de l'œuf); et bientôt après, une nouvelfe membrane se forme, qui protège toutes les parties intérieures, et s'encroûte, à sa surface externe, d'une substance calcaire dont la couleur et la consistance varient : c'est la coquille de Vœuf. L'œuf parait au dehors sous la forme ronde ou elliptique; sous l'influence d'une certaine chaleur, l'embryon se développe, et, après un temps déterminé, le jeune animal vient au jour en brisant sa coquille.
La ponte a lieu, en général, une ou deux fois par an chez les oiseaux qui jouissent de leur liberté ; à l'état de domesticité, la fécondité est souvent plus grande : on a remarqué que le nombre des œufs pondus est ordinairement d'autant plus considérable que les espèces sont plus petites. La plupart des oiseaux couvent leurs œufs ; tantôt la femelle et le mâle se partagent les soins de l'incubation, tantôt la femelle s'en occupe seule ; quelques-uns, en petit nombre et dans les climats très-chauds, déposent leurs œufs dans le sable, et les abandonnent à la chaleur atmosphérique. Le temps de l'incubation varie; en général, l'éclosion est d'autant plus tardive que les petits doivent sortir de l'œuf plus développés.
Diaprés les caractères empruntés principalement à la conformation du bec et des pattes, G. Cuvier divise la classe des Oiseaux en six ordres : les Oiseaux de proie ou Rapaces^ les Passereaux^ les Grimpeurs^ les Gallinacés^ les Échassiers et les Palmipèdes; quelques naturalistes en ajoutent un septième, celui des Colombiés, intermédiaire entre les Passereaux et les Gallinacés,