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L'AIGLE

dressage, à cause de son courage et de son caractère éminemment docile, quoique plein de vivacité.

L'AIGLE ROYAL {Aquila chrijsaetos).

UÂigle royal (fig. 65), dans son développement complet, me-

Fig. 05. Aigle royal.

sure plus d'un mètre de long; son envergure est encore plus grande.

De tous les oiseaux, c'est celui qui s'élève le plus haut et dont

le port est empreint de plus de majesté ; tout son être implique le sentiment de la force. Son attitude est droite et imposante ; ses grands yeux enfoncés, en apparence, dans une cavité profonde, ajoutent à son air sévère; de son fier regard il fixe intrépidement le soleil, et tout en lui indique la puissance du premier des oiseaux de proie. Son plumage sombre est d'un brun plus ou moins noirâtre, excepté sur la tête et le cou qui sont fauves ; son bec se courbe fortement à la pointe; ses pattes, empennées jusqu'aux doigts, sont robustes ; ses ongles vigoureux et acérés ; ses vastes ailes capables d'un vol rapide, élevé et soutenu ; son cri est lamentable et efl'rayant.

L'Aigle ne soufl're ni rival ni oiseau quelconque dans son domaine, dont l'étendue est calculée sur ses besoins. Il vit par couple unique dans la solitude, attaque franchement la proie, soit qu'il se jette à sa rencontre, soit qu'ayant recours à la ruse il se précipite brusquement sur elle du haut d'un rocher où il l'attendait pour l'enserrer au passage. Il ne se nourrit que de proies vivantes auxquelles il donne lui-même préalablement la mort; jamais il ne touche à un cadavre de rencontre, môme lorsque la faim le presse. Le mâle et la lemelle, une fois appariés, chassent de concert, et se portent mutuellement secours en cas de danger.

Une certaine régularité s'observe dans les mœurs de l'Aigle. Habitant de la montagne, il descend, le matin, de ses sommets élevés afin de pourvoir à sa nourriture ; il dévaste toute espèce de gibier sans défense , Faons , Renardeaux , Tétras, Perdrix, et n'épargne même pas les simples Passereaux ; les bergers le redoutent, et à bon droit, car il lui arrive plus d'une fois d'enlever, jusque sous leurs yeux, à l'époque des transhumances, de jeunes Agneaux et des Chevreaux. Ce n'est pas qu'il soit vorace comme le .Vautour, mais sa forte organisation a besoin de se réparer fréquemment. Il mange, du reste, avec une certaine sobriété, à petites bouchées, ne se rassassie jamais jusqu'à se gorger, et abandonne souvent sur place une partie du gibier, pour peu qu'il soit volumineux. Circonspect et l'oreille toujours au guet, il se montre prudent jusque pendant ses repas; quelque son insoUte le frappe-t-il tandis qu'il mange, il s'arrête, regarde longtemps du côté d'oii vient le bruit, et ne se remet à sa proie que lorsque tout est redevenu calme autour de lui.

Après la chasse du matin qui inaugure d'ordinaire sa journée,

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