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LE MERLE

teuses, sans crins, ni mousse, ni plumes, pour doubler la rude couchette ; il est généralement placé dans la bifurcation des premiers branchages, à une médiocre élévation.

La femelle y pond quatre ou cinq œufs, un peu plus petits que des œufs de Pigeon ; ils sont mouchetés de taches peu apparentes ; leur couleur tire sur le cendré-verdâtre. Il n'est pas rare de voir deux pontes par an; les petits ne se séparent pas aussitôt qu'ils sont en état de se suffire à eux-mêmes; ils restent en famille, avec père et mère, jusqu'au printemps suivant, époque à laquelle les jeunes couples se forment et vont fabriquer, à leur tour, de nouveaux berceaux.

Quoique un nombre assez considérable de Geais passent l'hiver chez nous, l'espèce émigré, chaque année, à l'entrée de l'automne; une partie se dirige vers les pays chauds, pour retourner ensuite au printemps au point de départ. D'après Sonnini, les Geais ne feraient qu'une courte apparition dans les îles de la Méditerranée, et d'Egypte ils passeraient jusqu'en Syrie : ce naturaliste les a vus paraître en septembre sur les côtes de la basse Egypte, aux environs d'Alexandrie et de Rosette; les émigrants ne quittent pas le voisinage de la mer et ne remontent pas très-haut dans les plaines du Delta.

LE MERLE {Turdus mei^la).

Le Merle (Og. 79) n'est pas généralement apprécié comme il le mériterait; on ne voit dans cet oiseau qu'un plumage sombre, une humeur farouche et une vulgarité qui n'appelle pas l'attention; c'est cependant un de nos plus habiles chanteurs, un de ces virtuoses qu'on n'entend jamais sans plaisir, et qui, dans le grand concert bocager, remplit sa partie avec une verve pleine de lyrisme. L'hiver n'est pas encore passé, qu'un des premiers, avec la Grive chanteuse et l'Alouette, il salue le retour du soleil par ses notes limpides et sonores ; son coup d'archet part avec les premiers beaux jours de février: le printemps venu, il le célèbre de son ramage, qu'il prolonge encore fort avant dans la belle saison, alors que beaucoup d'autres se taisent; c'est un dilettante dont le gosier est toujours prêt, mais, ainsi que tous les vrais musiciens, il a ses heures d'harmonie : ses plus riches accords, il les réserve pour le matin et pour le soir, et aussi pour sa cou-

vcuse et ses petits : il les enchante pendant des heures entières, sans interruption; dans la morte-saison seulement il garde le silence, ou, pour parler plus exactement, il n'a plus que son cri d'appel et son accent d'émotion craintive.

Le Merle se plaît dans les lieux retirés, et vit à peu près seul la plus grande partie de l'année. Il fréquente de préférence les taillis, les bois frais et les terrains gras, riches en Lombrics et en petits Escargots; à l'entrée de l'hiver, quand il n'émigre pas, il se rapproche, malgré sa sauvagerie, des lieux habités, et se

Fig. 7». Merle.

tient alors dans les haies, dans les^^jardins et à la lisière des bois. Circonspect et défiant, il est constamment sur le qui-vive; l'inquiétude le gagne à tout propos ; sans cesse il examine ce qui l'entoure; entend-il le plus petit bruit, les pas d'un promeneur inolTensif, il manifeste d'abord son appréhension par un petit cri sec et saccadé, auquel succède un éclat de voix prolongé quand la peur le domine et lui conseille de s'envoler. Son émotion est si forte, qu'elle le poursuit jusque dans sa fuite; il a beau s'être porté ailleurs, il piète, il agite sa queue et ne cesse de faire entendre ses bic^ hic redoublés que lorsque toute cause d'alerte lui semble avoir entièrement disparu. En cage toutefois, le farouche solitaire s'humanise; il s'habitue promptement à sa

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