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L'ALOUETTE

cessent d'escalader le ciel, elles se tiennent plus habituellement à terre et n'ont plus d'autre occupation que de se refaire de leur maigreur prinlanière et estivale ; à l'époque des brumes, tout est réparé : elles sont mieux qu'en chair, et très-propres à Ggurer dans un pâté de Chartres ou de Pithiviers. Vers le milieu d'octobre, elles commencent à se rassembler; jusque-là elles avaient vécu éparses dans les champs, presque toujours deux à deux; aux premières gelées blanches apparaissent leurs premières troupes ; de jour en jour elles deviennent plus considé-

Fig. 99. Alouette.

rables et finissent, à force de recrutements successifs, par former d'immenses armées : leur départ alors est prochain. Cette époque est ordinairement le signal de la chasse au miroir. On sait qu'un instinct de curiosité attire les Alouettes vers l'instrument qui vire et brille au soleil. Elles ne viennent pas s'y mirer coquettement comme quelques-uns le croient naïvement; mais, amoureuses de lumière, elles passent et repassent par petits groupes ou bien, une à une,dans la sphère scintillante, se rapprochant chaque fois davantage de la glace perfide, jusqu'à ce que, fascinées par ses feux mobiles, elles viennent s'arrêter au-des-

sus, les ailes étendues et les pattes pendantes : dans cette attitude extatique, on les dirait posées sur l'atmosphère; les apprentis chasseurs n'en brûlent pas moins beaucoup de poudre eL leur honneur.

Aux approches de la mauvaise saison, un grand nombre d'Alouettes s'éloignent de notre pays; toutes cependant n'émi- ^rent pas. Celles qui nou9 quittent, traversent la Méditerranée •et vont débarquer sur les côtes d'Egypte et de Syrie, d'où elles se répandent jusqu'en Nubie et sur les bords de la mer Rouge; pendant ce temps, les Alouettes sédentaires mènent une vie erratique; chaque fois que le froid augmente, elles passent d'une contrée dans une autre, cherchant à s'abriter de leur mieux : c'est leur temps de misère. Dans les hivers très-rigoureux, elles se mêlent à d'autres troupes d'oiseaux, aux Pinsons, «ux Yerdiers, aux Moineaux; elles s'abattent alors partout, quêtant, le long des routes, une nourriture de hasard, et cherchant jusque dans le crottin des chevaux de quoi soutenir leur vie : les bourrasques de neige, mais surtout les neiges qui couvrent longtemps la terre, leur sont funestes; le froid et la faim •en emportent de grandes quantités.

LES MESANGES.

La famille des Mésanges se compose d'espèces généralement petites, mais qui rachètent l'exiguïté de leur taille par un courage et une hardiesse extraordinaires. L'activité de ces oiseaux est extrême; ils sont toujours en mouvement, passent, en voltigeant, d'un arbre à l'autre, et explorent chaque branche dans ses plus petits détails et dans ses recoins les plus secrets. Toutes les positions leur sont familières ; ils s'accrochent aux écorces, grimpent le long des murailles, se suspendent en tous sens aux rameaux les plus déliés, la tête souvent en bas, et, dans ces diverses attitudes, prennent les allures les plus gracieuses. Leurs investigations ne sont pas de simples jeux, elles ont pour but la recherche des œufs d'insectes, des larves, des chrysalides et de tous les parasites dont elles débarrassent la végétation; sous ce rapport, nous leur devons de la reconnaissance; il est vrai, elles se jettent aussi sur les abeilles, et ne laissent pas d'en détruire un certain nombre; mais, dans ce monde de luttes, quel-

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