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L'ORTOLAN

plus moelleuses, laine, plumes, crins, ouate de saule, de tamarin, de peupliers, mais elles tissent avec art tous ces matériaux, et en composent une sorte de feutrage imperméable au vent et à la pluie; Tune et l'autre le recouvrent d'une calotte et n'y laissent que l'ouverture nécessaire pour le passage de l'oiseau.

Toutes les espèces déploient la plus grande activité et une prodigieuse adresse pour élever leurs nombreuses nichées :

Fjg. 101. Mésange à longue- queue.

tâche vraiment héroïque pour de si petits oiseaux ; mais que ne peut l'amour de la famille, chez les minimes surtout!

L'ORTOLAN {Emberiza hortulanà).

L'Ortolan (flg. 102) ne brille ni par son port, ni par son plumage; c'est un oiseau sans élégance, dont le chant monotone manque de mélodie et dont l'instinct ne dépasse guère celui des Passereaux les plus vulgaires; cependant il n'est pas sans mérite; il a par excellence le don de s'engraisser rapidement et de prendre un embonpoint délicat et hors ligne qui le rend digne de figurer sur les tables les plus recherchées : les gourmets ne lui en demandent pas davantage.

L'Ortolan, considéré zoologiquement, fait partie du genre Bruant, caractérisé par son bec robuste et conique, garni d'un tubercule osseux à la mandibule supérieure. Ainsi que tous ceux de sa race, il est essentiellement granivore : il n'en fait pas moins, de temps en temps, la chasse aux insectes, et, comme le Rossignol, le Rouge-Gorge, le Martin-Pêcheur, avant de les avaler, il les tue à coups de bec ou les frappe contre un corps dur; les graines dont il se nourrit habituellement ne passent dans son estomac qu'après avoir séjourné dans le jabot pour s'y ramollir.

Ses couleurs sont généralement ternes; le roux domine sur la

Fig. 102. Ortolaa.

poitrine, le ventre et les flancs qui sont marqués de mouchetures foncées; la tête et le cou présentent une teinte olivâtre; le manteau est varié de brun-marron et de noirâtre; les pennes de la queue, encadrées de roux, tirent sur le noirâtre; les deux plus extérieures sont marquées de blanc et servent à distinguer l'espèce.

L'Ortolan semble avoir pour patrie l'Italie; les Apicius romains le connaissaient et savaient l'apprécier. En France, cet -oiseau n'est que de passage ; il vient faire villégiature dans nos contrées méridionales, dans tout le bassin Pyrénéen et jusqu'aux rives de la Durance; un certain nombre descendent en

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