‹ Les animaux de la FranceChapitre 52 sur 126 · LE CHARDONNERET · texte numérisé non relu

LE CHARDONNERET

gereuses : sa pétulance ne se calme qu'autant que ses compétiteurs ont consenti à descendre d'un degré sur le perchoir disputé.

A rautomne, les Chardonnerets commencent à se rassembler; a mesure que Thiver s'approche* leurs troupes grossissent et finissent par former des bataillons compactes ; ils se rapprochent alors des chemins, se réfugient dans les haies, et s'abattent par nombreuses volées dans les friches où trônent les chardons : ainsi que plus d'un musicien d'une autre espèce, ils n'ont souvent que leurs chansons pour faire face à la rude saison, mais la Providence est là, qui voit leur détresse et leur donne à temps la pâture inespérée.

LE BOUVREUIL (Loana pm^hida).

Le Bouvreuil (fig. 106), malgré ses formes trapues, sa carrure •un peu lourde, et sa tête quelque peu enfoncée dans les épaules, n'en est pas moins un de nos plus jolis oiseaux; ce qui manque à l'élégance de sa taille, il le rachète par la beauté et l'éclat de «on plumage; sous ce rapport, il est peu de Passereaux de France qui soient aussi bien habillés. Le mâle se distingue par sa calotte d'un noir lustré, à reflets violets, qui enveloppe le bec et s'étend sur le haut de la gorge, les ailes et la queue ; le devant du cou, la poitrine et la partie supérieure du ventre sont parés d'un beau rouge-ponceau ; le manteau est cendré ; l'abdomen et le croupion contrastent, par leur blanc pur, avec les pennes des ailes de couleur cendrée-bleuâtre, et celles de la queue •d'un noir glacé de violet. Chez la femelle, les teintes empourprées du mâle sont remplacées par un cendré vineux; celles qui sont noires n'offrent pas de reflets : chez l'un et l'autre, la queue est iifurquée, le bec court, arrondi et bombé. Leur langue épaisse leur donne de la facilité pour répéter quelques mots comme les Perroquets. Les jeunes ont la tête et le manteau cendrés, la gorge et la poitrine d'un gris rousseâlre, et le ventre fauve.

Le Bouvreuil réside habituellement dans les bois des montagnes, il y passe tout l'été ; mais, aux approches de l'hiver, il descend dans la plaine, se tient au voisinage des habitations, dans les vergers, les bosquets et le long des haies. En général, il se réunit par petites bandes que forme toujours une seule famille,

sans qu'il s'y mêle d'autres nichées; chacune d'elles vit à pari; et lorsque à la fin de Tété on ne voit que deux Bouvreuils ensemble, presque toujours ce sont le mâle et la femelle qui ont survécu à leurs nichées détruites : l'automne ne sépare pas, ainsi que chez la plupart des autres oiseaux, les unions du printemps; les ménages restent en société toute l'année ; même en voyage, ils sont constamment deux à deux, et reviennent encore par paires, au printemps, dans leurs parages accoutumés. Aucun oiseau n'est plus granivore que les Bouvreuils; tandis

Fig. 106. Bouyreuil.

que les autres Passereaux mêlent plus ou moins d'insectes à leur nourriture végétale, ils vivent, eux, exclusivement de graines, des baies de l'aubépine, du prunellier, et surtout des bourgeons de l'aulne, du bouleau, du tremble, et des arbres fruitiers tels que pruniers, poiriers et pommiers : aussi ne laissent-ils pas, à cet égard, de causer beaucoup de dégâts dans les vergers ; ce goût tout particulier leur a valu le surnom d'ébourgeonneurspàV lequel on les désignedanscertains pays, notamment danslePerclie.

Le plus ordinairement, ils se tiennent à la cime des aulnes et des bouleaux; ils y sifflent et jasent, et se répondent sans cesse.

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