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PIGEONS, RAMIER ET TOURTERELLE

Les savants ne sont pas d'accord sur la place que doivent occuper les Pigeons dans la série ornithologique. Linné les a rangés parmi les Passereaux, 6. Cuvier parmi les Gallinacés; Brisson et Levai liant en font un groupe particulier : ces derniers semblent avoir raison. Rien, en efTet, ne saurait légitimer la réunion des Pigeons avec les Passereaux, percheurs habituels, habiles architectes et donnant la becquée à leurs petits. Ils ne diiïerent pas moins des Gallinacés. Tandis que ceux-ci, généralement sédentaires et volant lourdement, grattent la terre avec leurs ongles pour y chercher leur nourriture, poudrent au soleil, vivent en polygamie, sont très-féconds, et que leurs petits, au sortir de la coquille, sont en état de courir et de manger tout seuls, les autres, voyageurs passionnés et excellents voiliers, prennent leur nourriture sur le sol sans le déchirer, sont monogames, ne pondent que deux œufs à chaque couvée et abecquent leur progéniture par un procédé spécial ; leur organisation est donc aussi distincte que leurs mœurs, et ce n'est pas à tort qu'on a proposé d'en faire un ordre intermédiaire sous le nom de Colombiés.

Pigeons biset et De volière. — Les Pigeons sont répandus dans les deux hémisphères; ils sont si communs en Amérique que, dans leurs passages, ils embrassent d'immenses surfaces, couvrent la terre de leurs déjections, interceptent la lumière du soleil , et que les chasseurs les abattent par milliers. En Europe, l'espèce sauvage devient de plus en plus

rare; elle habite les bois, perche sur les arbres, y fait son nid et fuit obstinément le voisinage de Thomme. D'autres Pigeons, moins farouches, mais encore indépendants, repoussent les sociétés nombreuses, préfèrent à tout autre logis quelque trou de muraille ou les vieux édifices, malgré les dangers de l'oiseau de proie; tel est le Pigeon de roche [Columba livia), devenu aujourd'hui citadin, habitant des tours de Notre-Dame et commensal fidèle de la coupole de Saint-Marc à Venise; de cette race descend le clan nombreux des Pigeons de ferme ou Bisets (fig. 114), dont l'uniforme est gris-cendré avec le croupion d'un

Fig. Hk. Pigeon biset.

blanc pur. Peu soucieux de sa liberté, celui-ci l'a résignée entre les mains de l'homme, mais à la condition de n'être qu'un captif volontaire; il ne quitte le colombier que pour se rendre en grandes troupes dans les champs; quelques déserteurs, il est vrai, se séparent de loin en loin pour aller vivre à leur fantaisie, mais ce sont de pures exceptions : la bande entière est domestiquée et tient le milieu entre la liberté complète et la dépendance absolue. Sous cette dernière bannière s'enrôlent toutes les variétés désignées sous le nom de Pigeons de volière, qu'on ne peut confondre avec d'autres catégories. Chez eux, le sentiment de la

liberté est tout à fait éteint; ils ne s'éloignent jamais de leur toit et ne savent même plus aller en quête de leur nourriture; ils ont perdu jusqu'à Tinstinct de bâtir le nid, et se laisseraient presque mourir de faim plutôt que de déroger à leurs habitudes sédentaires en allant tenter fortune au dehors. La caste, entièrement privée, rachète sa dégénérescence de Tétat sauvage par les qualités qu'elle a gagnées au contact de la civilisation; c'est dans ses rangs que se trouvent les Pigeons les plus beaux, les plus remarquables par leur taille, la variété de leur plumage et leur étonnante fécondité; malgré les changements considérables que les croisements leur ont fait subir, tous ont pour souche commune le Biset.

Les Pigeons passent pour être exclusivement granivores; ils ne picorent ni à la manière des Poules, gratteuses acharnées, ni à la façon des Pies et des Corbeaux qui piochent le sol avec Apreté; ils se contentent de ramasser à terre les graines tombées par excès de maturité et les semences déposées à la surface du sol.

Leur entrée en ménage a lieu de bonne heure. « C'est merveille, dit Toussenel, de voir avec quel luxe de révérences et de courbettes cérémonieuses le mâle se présente à la femelle. Tandis qu'elle marche dans sa dignité féminine, Gère et majestueuse, tel qu'il sied à une reine, il l'arrête tout à coup en se précipitant au-devant de ses pas et commence par l'encenser de trois saints, le front profondément incliné vers la terre, comme pour baiser la poussière de ses pieds. Vient ensuite une série d'évolutions rotatoires, de pirouettes semi-circulaires, de passes et de contre-passes exécutées avec une persévérance et une fougue sans pareilles, illustrées de gonflements de gorge et de redressements de col d'un efl'ét indicible; des roucoulements sans nombre accompagnent ces hommages. » Tandis qu'il se met en si grands frais d'éloquence, la femelle, en vraie coquette, semble uniquement occupée des soins de sa toilette : elle lustre ses plumes, se pavane, puis s'envole et va se poser à petite distance ; ie Pigeon alors de recommencer ses saints et de faire entendre ses éternels roucoulements.

Le mâle et la femelle, après leur union, s'attachent étroitement l'un à l'autre et ne se quittent plus de toute leur vie; ils s'occupent ensemble de la construction du nid, si toutefois on peut donner ce nom à leur bâtisse informe, composée de deux ou trois lits de bûchettes à peine entrelacées et posées à plat à la

bifurcation d'une branche; elle est si mal fagotée, qu'on la prendrait plutôt pour un simple lit de camp, sans matelas ni paillasse, que pour un véritable berceau : la femelle y dépose deux œufs; le mâle partage avec elle les fatigues de l'incubation et de l'éducation des petits.

Ces vertus de ménage se retrouvent au même degré chez le Biset et les Pigeons de volière. Les petits ne quittent le nid que fort tard, quand ils sont entièrement couverts de plumes. Le père et la mère les nourrissent, à tour de rôle, avec une bouillie préparée au fond du jabot. Les pigeonneaux ne la reçoivent pas par un simple dégorgement, ainsi que cela a lieu chez un grand nombre d'oiseaux, ils engagent leur bec dans celui de leurs parents et l'y tiennent entr'ouvert; la bouillie leur arrive par les mouvements convulsifs que provoque, chez les nourriciers, l'introduction dans leur gorge d'un organe étranger. Ce mode d'alimentation constitue assurément un exercice des plus laborieux; il se traduit au dehors par de petits cris plaintifs et le tremblement précipité des ailes et du corps chez les père et mère.

Les Bisets ne font que deux ou trois pontes par année, et cessent de produire vers cinq ans. L'espèce, sous ce rapport, est bien inférieure aux Pigeons de volière; mais, comme la plupart du temps elle vit de maraude dans les champs, comme elle n'occasionne d'autre dépense que celle de la nourrir aux rares époques où elle ne peut aller fourrager, on lui continue l'hospitalité malgré ses déprédations. Au temps des semailles, il est vrai, du !•' mars au 15 avril, et du !•' octobre au 15 novembre, on est obligé de tenir les Bisets en chartre privée dans les colombiers ; mais les pillards s'en dédonmiagent amplement le reste de Tannée, en s'abattant par volées dans les récoltes : ils s'en donnent à cœur joie sur les grains, le colza, le sarrasin, etc. Tandis qu'ils sont en train de manger dans les champs, s'il leur prend fantaisie de se porter sur un autre point, ce sont les derniers rangs qui donnent le signal du déplacement; ils se lèvent, quittent le champ un à un par bandes successives, de telle sorte que lorsqu'ils s'abattent derechef, ceux qui occupaient naguère la tête de ligne, se trouvent à la queue, et vice versa, à chaque nouvelle volée.

Sans être difficiles sur le confort, les Bisets ne s'accommodent pas de toute espèce de domicile; le colombier, pour les retenir, doit dominer un horizon de quelque étendue, et surtout être

enlouré de tranquillilé. Ils aiment le calme et la solitude, redoutent les détonations d'armes à feu, s'inquiètent au voisinage des usines bruyantes et poussent la crainte jusqu'à s'effrayer du vent soufflant dans les grands arbres; la vue de l'oiseau de proie leur donne le vertige, et, dans leur effroi, ils tournoient pêle-mêle et se précipitent en masse dans toutes les directions.

Les Pigeons de volière, bien que de même souche peureuse, se montrent moins timides, par suite sans doute de leurs habitudes plus casanières auprès de nous ; ces races d'élite, façon-

Fig. lis. Pigeon mondain.

nées de longue date par la main de l'homme, offrent une foule

de variétés plus curieuses les unes que les autres. Le caprice de

la mode a élevé souvent leurs prix à des sommes fabuleuses,

mais

Il n'est point d'amateur sans un grain de folie.

Les Pigeons de volière comptent de nombreuses tribus. 11 y a parmi eux des Romains^ des Turcs, des Suisses, des Polonais et des Hollandais; les Carmes, les Nonnains et les Capucins constituent une de leurs confréries; à côté des Mondains (fig. 115) et

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des Cavaliers, les Pigeons-Paons font la roue; vient ensuite la série des acrobates, Culbutants (fig. 116), Plongeants et Tournants; les coquets de la troupe, les Boulants, ont la faculté d'enfler démesurément leur gorge et de s'entourer le cou d'une cravate fantastique : de là leur nom de Pigeons Grosse-Gorge et de Pigeons-Cravate; les Messagers enfin, et les Hirondelles, par leurs ailes arquées en faux et la rapidité de leur vol, appartiennent au groupe des télégraphes vivants; l'électricité postale seule arrive plus vite au but.

Avant un an, les Pigeons de volière ont atteint toute leur

Fig. 116. Pigeou culbutant.

croissance. En général, les couples, à l'exemple de leurs proches parents les Bisets, vivent en parfaite harmonie; leurs chamailleries sans cause ne sont qu'un léger nuage sur un fond de ciel bleu.

Peu de temps avant la ponte, la femelle reste sur son nid ; le mâle se tient auprès d'elle et veille à sa sûreté. Elle pond son premier œuf entre midi et deux heures, le tient chaudement sans le couver et s'en éloigne un peu, pendant quelques instants seulement; le surlendemain, entre cinq et six heures du soir, arrive le second œuf; l'incubation commence aussitôt. Chaque

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ponte produit ordinairement un mâle et une femelle; cette règle pourtant n'est pas sans exceptions.

Pendant que la mère est sur ses œuTs, le mâle lui tient fidèle compagnie. Chaque matin elle quitte son nid pour aller manger et appelle le mâle par un petit roucoulement particulier; docilement celui-ci prend sa place et se met à couver à son tour, en été jusqu'à quatre heures du soir, en hiver jusqu'à trois heures seulement. En général, la femelle a soin de revenir ponctuellement au nid pour ne plus le quitter de toute la nuit; quand, par hasard, elle larde à reprendre son poste, le mâle, inquiet, se lève, va à sa recherche et, lorsqu'il l'a trouvée, la ramène au nid, non sans quelques coups de bec, en forme d'admonestation conjugale.

L'incubation dure dix-sept jours et quelques heures; les petits n'éclosent jamais simultanément; vingt-quatre heures souvent séparent l'instant de leur naissance. Ce moment arrivé, le petit bêche sa coquille à l'aide du bouton dont son bec est armé.

A Téclosion, selon Boitard et Corbié, on peut déjà juger de la couleur qu'auront les petits, et par conséquent de la pureté de race que leurs parents leur ont transmise. Lorsque le bec est entièrement noir, le plumage sera analogue ; s'il est bleuâtre ou d'une couleur plus ou moins plombée, le plumage sera bleu; si le bec est blanc, l'oiseau sera de celte couleur ou d'une teinte très-claire ; quand son bec est mélangé de noir et de blanc, ou de bleu et de blanc, si les taches sont rangées symétriquement sur les mandibules, l'oiseau aura un plumage nuancé de bleu ou de noir ou de toute autre couleur plus ou moins foncée, mais régulièrement et d'une manière agréable. Dans le cas où les taches se trouvent placées sur le bec sans ordre et comme jetées au hasard, le Pigeon sera bariolé sans grâce et sans régularité ; à l'apparition des tuyaux, on pourra contrôler la justesse de la ^première observation : l'extrémité des plumes naissantes est ordinairement peinte des couleurs que prendra l'oiseau quand il aura passé de l'enfance à l'âge adulte.

Les Pigeons de volière nairfSl^insi que les autres, avec un léger duvet et ne s'en débarrassant que longtemps après que leur corps est bien garni de plumes ; alors seulement ils se hasardent à quitter le nid, harcèlent encore pendant quelque temps leurs père et mère pour en obtenir les grains que leur paresse ne veut pas chercher, quoiqu'ils soient parfaitement en étal de trouver leur vie; à la fin cependant, ils sont abandonnés à leur

propre sort. Les vieux recommencent immédiatement une autre ponte; les jeunes ne demanderaient pas mieux que de les imiter, si on ne leur réservait ordinairement un autre sort : ils ne sont jamais plus gras qu'au sortir du nid, et font alors très-bonne figure en rôti ou à la crapaudine.

Le Pigeon ramier. — Le Pigeon ramier [Columba palumbus) est la plus grosse espèce de nos Colombiés. Son plumage, d'un

Fig. 117. Pigeon ramier.

cendré plus ou moins bleuâtre, n'est pas sans distinction ; son cou brille d'un vert doré miroitant en reflets cuivreux sous le jeu de la lumière; deux taches blanches lui forment un collier de chaque côté du cou; sa poitrine est ornée d'une belle teinte vineuse ; ses ailes portent un liséré blanc au bord extérieur, et les pennes de sa queue sont peintes en noir à leur extrémité (fig. 117).

Cet oiseau voyageur nous visite au printemps et repart à l'au-

tomoe, après avoir passé tout l'été dans les bois, soit en plaine, soit en montagne. A Tarrière-saison , il se réunit en grandes troupes et émigré vers les pays chauds; un petit nombre, par exception, reste toute Tannée en France, lorsque Thiver est doux. La démarche du Ramier à terre est lente ; il chemine en se balançant et en inclinant sans cesse le cou. Son vol, élégant, facile et soutenu, est bruyant au départ; mais, une fois emporté dans l'espace, il ne fait plus entendre que le sifflement d'une aile rapide. Pour se percher, il choisit ordinairement un arbre élevé, et de préférence celui dont la cime est couronnée, aGn sans doute d'en faire son observatoire; il aime aussi à se cacher dans l'épaisseur du feuillage. La régularité de son genre de vie.

Fig. 118. Pigeon Toyageur.

sans lui être exclusivement propre, ne laisse pas d'être remarquable. Le malin, de très-bonne heure, avant le lever du soleil, il s'éveille, prend position au haut d'un arbre, et fait entendre un roucoulement sonore lorsque le temps est calme et chaud: par le froid, le vent ou la pluie, il garde le silence. Les couples ne sont-ils encore que formés, ils vont ensemble à la pâture de sept.à neuf heures du matin ; vers dix heures, le mâle se remet à chanter, mais d'un ton plus bas, et seulement pendant quelques instants ; peu de temps après, les Ramiers vont se désaltérer à quelque source; ils passent le plus fort de la chaleur retirés sous l'ombrage ; à trois heures du soir, ils se rendent de nouveau au gagnage; aux approches du coucher du soleil, lesrou-

coulements recommencent sur un mode élevé, ils sont suivis d'une pointe à Tabreuvoir, puis les Ramiers regagnent leur arbre favori pour y passer la nuit.

Ils ne sont pas plutôt arrivés dans nos climats, que les bandes se dispersent et se divisent par paires. Le nid n'est qu'un grossier matelas composé de simples bûchettes, à peine entrelacées et sans autre abri que celui des branches auxquelles il est fixé, tantôt au haut de l'arbre, tantôt vers le milieu: sa forme est plate, avec une légère dépression au centre. La femelle seule travaille à sa construction; le mâle toutefois l'aide dans l'apport des matériaux ; il contient ordinairement deux œufs de couleur blanche, que couve alternativement le ménage. L'éducation des petits se prolonge au delà de l'incubation, qui dure une quinzaine de jours ; le père et la mère abecquent leur nichée à la manière des Pigeons : ils lui vomissent les aliments après les avoir fait ramollir dans leur jabot, et ils continuent de la nourrir ainsi jusqu'à ce qu'elle soit tout à fait en état de se suffire à ellemême. Si la première ponte vient à manquer, elle est généralement suivie d'une seconde : à la fin de Tété, les derniers venus sont assez forts pour accompagner les troupes dans leur départ général.

Les Ramiers se nourrissent de toute espèce de graines, surtout de faînes et de glands qu'ils avalent lout entiers; dans les temps de disette, ils ne dédaignent pas les feuilles de chou et de colza. Ils quittent souvent leurs couverts pour venir fourrager en plein champ, mais alors ils redoublent de prudence et ne se laissent .pas facilement approcher. Lorsque à l'arrière-saison ils s'abattent en grande troupe dans un bois, ils ont soin de placer des sentinelles avancées qui, au moindre bruit, donnent le signal de la fuite, bien avant que je chasseur soit à portée du gros de la bande.

L'espèce est naturellement craintive et très-farouche; néanmoins on la voit, de temps à autre, se rapprocher des lieux habités et môme s'établir au sein des grandes villes, élire domicile au beau milieu des jardins publics, y picorer, s'y promener, nicher et élever la progéniture, comme si elle se trouvait en pleine solitude. Cette transformation étrange dans les mœurs des Ramiers date déjà de loin. On peut voir chaque année, aux Tuileries, au Luxembourg et au Jardin des Plantes de Paris, un grand nombre de ces oiseaux devenus si familiers, à force d'être en contact avec la population, qu'ils viennent, au coup de sifflet, se

percher sur le doigt ou sur l'épaule du promeneur pacifique, et, du haut de cet étrange perchoir, prendre dans la main et môme dans la bouche les grains qu'on leur offre; réduits en domesticité, ils ne feraient pas mieux : leur confiance ne va pas si loin à l'état absolu de nature.

Leurs passages à travers les Pyrénées donnent lieu à des captures sans nombre; les Ramiers tombent par centaines dans les filets qu'on leur tend à l'entrée des vallées étroites ; cette manne annuelle rappelle celle que récoltent chaque année, à coups de fusil, les chasseurs d'Amérique, pendant les voyages des Pigeons sauvages (fig. 118).

La Tourterelle. — La manière dont la Tourterelle (Coiiwnéa iurtur) se nourrit, ses roucoulements répétés, son nid à peine ébauché, l'abecquement de ses petits, et l'habitude qu'elle a, à certaines époques, de se réunir en troupes plus ou moins nombreuses, rappellent les mœurs du Pigeon et du Ramier; ces oiseaux la comptent du reste parmi leur race.

Tout dans la Tourterelle (fig. 119) est charmant et plein d'élégance : tête fine, douceur extrême de l'œil, taille svelte, ailes et queue bien développées, pattes mignonnes, bien conformées pour la marche, plumage nuancé de jolies teintes, où se mêlent agréablement le gris, le brun et le roux, et que décore, de chaque côté du cou, un demi-collier blanc et noir. Elle marche à petits pas, comme le Pigeon, ou, pour mieux dire, elle coule délicatement sur le sol. Son vol, extrêmement rapide, s'effectue sans bruit sensible quand il y a sécurité; mais, au besoin, il devient saccadé et brisé, et permet à la Tourterelle d'échapper à ses ennemis par les plus hardis détours en l'air; quand un Rapace la chasse sous bois, elle glisse avec tant de légèreté à travers les branches les plus serrées, qu'elle déjoue les poursuites les plus impétueuses et les plus acharnées.

La Tourterelle n'est que de passage en France ; elle semble n'y venir que pour nicher et prendre sa part de nos moissons; elle nous quitte dans le courant de septembre^ et va hiverner en Afrique.

Les bois frais, voisins des champs cultivés, sont ceux qu'elle recherche de préférence; elle s'y retire au fort de la chaleur, e^ de là fait chaque jour plusieurs excursions dans la plaine, au temps surtout de la maturité des céréales. Sa nourriture se compose de petits mollusques et de graines de toute espèce. Si elle

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