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LE FAISAN

humides; lorsqu'il a adopté une localité, il s'y cantonne; mais, tout en ne dépassant pas ses limites, il change souvent de place ; il piëte une grande partie du jour, et profite du voisinage des champs cultivés pour faire des incursions dans les récoltes de céréales, dans celles de sarrasin surtout, dont il est très-friand : les chasseurs, propriétaires de terres bordant les grands bois fréquentés par ces oiseaux, ne manquent pas de semer ce grain pour les y attirer.

Les habitudes du Faisan offrent un certain cachet de régula-

Fig. 133. Faisans.

rite : il s'éveille avec le soleil et commence par aller en quête de sa nourriture; dès que la chaleur se fait sentir avec un peu de force, il rentre sous bois; il va de nouveau au gagnage dans les champs entre cinq et six heures du soir pendant la belle saison, et y reste jusqu'au coucher du soleil ; aux approches de la nuit, il s'achemine vers les gaulis et passe la nuit sur un grand chêne : lorsque le temps est calme et beau, il se tient d'ordinaire à la cime des arbres ; par le mauvais temps, il occupe une station plus basse.

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Le port du Faisan est à la fois gracieux et fier; ses longues plumes caudales contribuent à lui donner une allure légère. Quand il s'enlève, son vol est lourd et bruyant; mais une fois parvenu à la hauteur des grands arbres, il file avec rapidité; presque toujours le départ est accompagné, chez le mâle, d'un cri bruyant, kâ M, kac^ qu'on entend de loin; hors cette circonstance et le temps de la pariade, les coqs sont généralement assez silencieux.

Le Faisan pousse la timidité jusqu'à en être pusillanime ; en cas de danger, il ne sait pas prendre franchement son parti : il hésite longtemps entre la crainte et la résolution de s'échapper. S*est-il laissé surprendre, au lieu de demander son salut à ses ailes, il se cache tout d'abord, et garde une inunobilité absolue; puis, la peur le gagnant davantage, il se met à courir tout effaré i\ travers les fourrés; ce n'est que lorsqu'il se voit acculé à un péril imminent qu'il se décide à s'envoler en poussant un cri de terreur.

Ses mœurs se ressentent de sa sauvagerie : aussitôt que deux coqs se rencontrent, ils se battent avec acharnement. Us vivent la plupart du temps solitaires, et ne prennent aucun souci du nid ni de l'éducation des petits. La Poule Faisane remplit mieux son rôle de mère : elle place son nid à terre, dans un endroit écarté, au milieu des hautes herbes ou dans un buisson; elle le garnit de brindilles et d'un peu de foin ou d'herbes sèches, et y dépose de douze à quinze œufs grisâtres, tachetés de brun, et les couve avec beaucoup de persévérance pendant trois semaines. A l'exemple de la Poule commune, elle mène ses Faisandeaux à la pâture et les réchauffe de temps en temps sous ses ailes, mais elle ne sait pas aussi bien les défendre et les rallier autour d'elle lorsque quelque danger les menace. Les petits se nourrissent d'abord d'insectes, principalement de larves de Fourmis, de vermisseaux et de petits mollusques; à mesure qu'ils deviennent plus forts, les grains et les baies entrent davantage dans leur régime et finissent par le composer presque exclusivement. Pendant toute la durée de l'éducation, la mère demeure à terre avec ses Faisandeaux; elle ne perche qu'après qu'ils se sont successivement exercés à grimper sur les branches basses, et qu'ils sont en état de gîter sur les arbres. Les Jeunes femelles restent en compagnie avec leur mère toute la première année; elles muent à l'automne, ainsi que les jeuaes mâles; ceux-ci se séparent déjà à cette époque, pour aller vivre

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