LE TÉTRAS
chacun de leur cdté ; au printemps suivant, toute la famille est adulte : c'est le signal de la dispersion absolue.
Le Faisan est répandu dans un grand nombre de bois des environs de Paris; il est aussi trës--commun dans les forêts de la côte orientale de la Corse, entre Porto-Vecchio et la Solenzara.
LE TÉTRAS {Tetrao urogallus).
Le Tétras (Gg. 124), connu vulgairement sous le nom de Coq de bruyère, était autrefois répandu dans les montagnes des Vosges, du Bugey, du Dauphiné, ainsi que dans l'Auvergne et les Pyrénées; mais l'espèce, déjà disparue de plusieurs de ces contrées, ne se rencontre plus en nombre que dans certaines localités de nos Alpes françaises et dans les Pyrénées. Indépendamment de
lu Dindon, on reconnaît le rnies de plumes jusqu'à la iractères spéciaux : les plun aigrette, et les pennes de tail ; la bande blanche qui cercle ; les yeux sont sura partie antérieure du bas ans la femelle, le plumage tire sur le roux.
îs en montagne, et se plaît ident en sources, et où ne , de genévriers, de bruyères et autres arbustes à baies. La zone des rhododendrons forme sa station ordinaire. Sédentaire une grande partie de l'année, il descend de ses hauteurs lorsque l'hiver est très-rigoureux ou qu'il est tombé beaucoup de neige, mais pour remonter aussitôt que la température devient moins sévère. Par les froids trèsvifs, il reste souvent plusieurs jours de suite perché sur les arbres sans mettre pied à terre, et vit exclusivement, dans cette circonstance, de bourgeons et de feuilles de sapin ; néanmoins, hors la dureté du temps, il se tient ordinairement toute la journée à terre et ne gagne son poste aérien que pour passer la nuit. Il aime à jouir des premiers rayons du soleil sur les clairières des forêts; il se nourrit des bourgeons d'essences résineuses, du fruit du myrtile, du genévrier, et aussi de Vers et d'insectes qu'il
cherche à terre, à la manière des Poules. Son naturel sauvage le rend très-méfiant; il prend la fuite au moindre bruit par un vol filé droit et sans aller bien loin; il marche et court avec vitesse, le corps fortement penché en avant ; son essor est toujours accompagné d'un grand bruit d'ailes.
Chaque mâle vil solitaire, excepté depuis mai jusqu'en juin; ses allures, à cette époque, sont des plus étranges : bien avant que le jour paraisse, il débute par un cri d'éclat, suivi bientôt d'une voix aigre et perçante, semblable au bruit d'une faux
Fig. 124. Télras.
qu'on aiguise ; on l'entend de fort loin. Ce cri d'appel, tour à' tour interrompu et repris, dure pendant plus d'une heure et finit par une espèce d'explosion. Pendant tout ce temps, le Tétras affolé éprouve une grande agitation; il monte, il descend le long de son perchoir, il saute de branche en branche, ses plumes se boursouflent, ses ailes sont pendantes, sa queue se déploie et il prend, en outre, les postures les plus bizarres; on le dirait parfois plongé en extase. Quand il est sous ce charme qui cesse aussitôt l'apparition du soleil, sa prudence accoutumée l'abandonne, il se laisse facilement approcher; les chasseurs en profitent pour le tirer & coup sûr.