LA CAILLE
fait sur eux qu'ils parteut un à un, chacun de son côté : tous reviennent bientôt à l'endroit d'où ils se sont levés. Lorsque la mère Caille est obligée de fuir, elle s'éloigne de ses petits en jetant le cri de nac^ nac; elle s'abat, dans ce cas, à une assez longue portée, et se rapproche ensuite à pied de ses Poussins.
Le vol des Cailles est plus rapide que celui de la Perdrix; elles filent aussi plus droit, mais s'abattent à des distances encore plus courtes. Tout aussi paresseuses que leur proche parente, elles ont de la peine à se mettre en mouvement pendant le jour et en passent une bonne partie à dormir, sans doute parce qu'elles circulent beaucoup pendant la nuit; ainsi que la plupart des Gallinacés , elles piëtent plus qu'elles ne volent , et semblent ne faire usage de leurs ailes qu'à leur corps défendant. Les mâles ont le plumage plus foncé que les femelles; ils s'en distinguent surtout par leur tache noire sous la gorge. Les Grecs et les Romains connaissaient très-bien leur humeur batailleuse, et profitaient de l'antipathie mutuelle de ces oiseaux pour les dresser au combat; ce spectacle cruel, très- couru de leur temps, n'est pas tout à fait tombé en désuétude chez certains peuples; de tout temps les Chinois s'en sont montrés fort avides. La lutte entre mâles est très-acharnée; mi^ en présence l'un de l'autre, ils commencent par se lancer des regards furieux; chaque champion se précipite bientôt en aveugle sur son adversaire; tous deux se déchirent à coups de bec, et ne cessent leur duel sanglant que lorsque le champ de bataille est resté au vainqueur. La race, du reste très-belliqueuse, n'attend pas le nombre des années pour s'escrimer; quand on renferme dans la même volière plusieurs Cailleteaux près d'être adultes, ils ferraillent à se tuer, et, comme les hommes, toujours sans raison.
La Caille passe à bon droit pour un excellent gibier; sa chair, fine et savoureuse, demande à être mangée le plus tôt possible après le coup de fusil : une barde de lard et une feuille de vigne lui composent devant la broche un glorieux linceul.
ORDRE DES EGHASSIERS.