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L'OUTARDE

L'Outarde, classée par les anciens naturalistes tantôt parmi les Gallinacés, tantôt parmi les Échassiers, forme le trait d'union entre ces deux ordres; son port massif, ses jambes allongées, en partie dénuées de plumes, et la brièveté de ses pieds tridactyles, terminés par des ongles courts, convexes sur les deux faces, justifient la place que lui a donnée Guvier & côté du Casoar et de l'Autruche.

Cet oiseau semble plutôt taillé pour la course que pour le vol; ses ailes, très-courtes par rapport au développement du corps, lui servent surtout à Tépoque de ses migrations; hors le temps des passages, on le voit plus souvent à terre qu'en l'air; il y glisse toutefois rapidement lorsqu'il a atteint une certaine hauteur. Son vol, au départ, est lent et presque pénible; il ne le commence qu'après quelques bonds exécutés en courant, et ne fait de longues traites à travers l'atmosphère que par exception : la plupart du temps, sa progression s'effectue & terre avec vitesse, en tirant de longues bordées, sans pauses marquées.

L'Outarde ne se perche pas, la configuration de ses doigts s'y oppose; elle séjourne de préférence dans les plaines sèches, nues et pierreuses, évitant avec soin le voisinage de l'eau. D'un naturel extrêmement sauvage, elle fuit l'homme, et s'effarouche de tout objet nouveau ; d'ordinaire elle se tient sur un point culminant et observe de là tous les environs ; la faim seule la rapproche un peu des lieux habités. Quand rien ne la trouble dans ses steppes, elle passe toute la journée à terre, picore, le matin et le soir, & des heures réglées, se repose au milieu du jour et prend plaisir, comme les Gallinacés, à se trémousser

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