CHAPITRE PREMIER
la théorie de la personnalité et, par suite, de la conception objective du droit pénal.
Pour le Perse primitif, la vie n'est qu'une lutte des forces saintes créées par Ahura Mazda contre les forces maudites sorties d'Ahriman. Les hommes se répartissent entre les purs, enfants de Dieu et les dévas, enfants de
Satan.
Même classification pour les animaux. Les uns, créatures de l'ennemi, doivent être exterminés.
On lit au Vendidad, Fargard 15 :
« Parmi les créatures du mauvais esprit, quelle est la créature mauvaise qui chaque nuit, de l'heure de minuit au lever du soleil, s'en va tuant un millier de créatures du
bon esprit? »
Ahura Mazda répondit : La démoniaque tortue...
Et si un homme, ô saint Zarathoustra, tue la démoniaque tortue, cela vaut pénitence pour ses pensées, pénitence pour ses paroles, pénitence pour ses actions.
Les autres animaux, auxiliaires du parfait, sont de véritables personnes, et, par là même, sujets du droit.
Le chien est au premier rang. Nous ne connaissons, de la législation animale des Mages, que celle relative aux sujets de l'espèce chien.
Le fargard 14 énumère les peines de ceux qui maltraitent ces animaux. Les peines sont toujours corporelles. Dans la pratique, elles se transformaient généralement en
amendes.
Celui qui a tué un chien vanhàpara (un hérisson) sera
l'antiquité primitive
puni de mille coups d'aspaha-ashtra, mille coups de
srastro-carana.
Pour le meurtre d'un chien de berger : huit cents
coups !
Pour le meurtre d'un chien de garde : sept cents coups! Pour le meurtre d'un chien errant : six cents coups ! Pour le meurtre d'un chien taurana (un petit chien) :
cinq cents coups !
Même peine pour le meurtre d'un jazhu ou d'un vizhû (espèces inconnues), d'une belette, d'un porc-épic, d'un renard, et de tous les animaux du bon esprit de l'espèce chien, excepté pour la loutre aquatique.
Pour celle-ci, comme son utilité par rapport à l'homme est moins sensible, le fargard, dans le dessein de frapper l'imagination, punit son meurtre de pénalités fantastiques soixante-mille dirhims (100.000 francs) d'amende.
Par contre, le chien-loup, créature bâtarde née de l'union impure du chien avec la race maudite du loup,
doit être exterminé.
Si nous passons aux pénalités portées contre ceux qui blessent les chiens, nous voyons la loi faire la distinction entre la responsabilité du coupable vis-à-vis du chien, et
celle vis-à-vis du maître.
Si un homme frappe un chien de berger ou de garde
^ d'un coup qui le rende incapable, s'il lui coupe l'oreille,
on lui tranche le pied, il payera la peine du baodhô-
varshtâ (mutilation de six doigts).
Mais si, par suite de cette blessure, le chien n'ayant pu
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