CHAPITRE PREMIER
leur est propre, et qui nourrit les petits des corbeaux qui invoquent son secours. »
Et encore l'EccIésiaste, au ch. III (vers. 18-21) : c En mon cœur j'ai dit des fils des hommes que Dieu les éprouvait et les montrait semblables aux bêtes. C'est pourquoi la mort est la même pour l'homme que pour les bêtes, et égale leur condition : de même que l'homme meurt, meurent les bêtes ; tous respirent de même sorte, et l'homme n'a rien de plus que la bête. Toutes créatures sont sujettes à la vanité ; et toutes tendent à la même fin. Faites de la terre, elles lui retournent. Qui sait si l'esprit des enfants d'Adam monte en haut, et si l'esprit des bêtes descend en bas ! ». ,, Le Deutéronome interdit :
De retenir la mère oiselle avec ses petits (ch. XXII,
art. 6) D'attacher la bouche du bœuf mangeant dans son aire
(Ch. XXV, art, 4) ;
De lier ensemble pour labourer le bœuf et ràne(ch. XXII,
art. 10).
D'autre part, l'Exode, ch. XXI, règle la responsabilité
pénale des animaux.
Art. 28. Si le bœuf a frappé de la corne un homme ou une femme jusqu'à la mort, il sera lapidé, et ses chairs ne seront pas mangées ; mais son maître sera tenu pour innocent.
Art. 29. Si le bœuf est coutumier de frapper de la corne,
depuis hier et avant-hier, et que le maître, averti, ne
l'antiquité primitive
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l'ait pas gardé, que le bœuf soit lapidé, et le maître tué (sauf wehrgeld consenti, art. 30).
Art. 32. Si le bœuf attaque un esclave ou une servante, le maître (dans les conditions de l'art. 29) donnera trente sicles d'argent, et le bœuf sera lapidé.
Art. 33. Si un bœuf blesse un autre bœuf, et que celuici meure, les deux maîtres vendront le bœuf vivant et partageront le prix ; et ils partageront entre eux le cadavre
du bœuf mort.
Art. 36. Mais si le maître savait que son bœuf est coutumier de frapper de la corne depuis hier et avant-hier, et s'il ne l'a pas gardé il rendra bœuf pour bœuf, et prendra le cadavre entier.
L'hypothèse des deux derniers textes est très curieuse. On suppose qu'il y a eu un véritable duel entre les deux bœufs, duel conforme à leur nature, et dans ce cas, le bœuf vainqueur n'encourt aucune responsabilité pénale. Pour le maître, on distingue. Si le bœuf n'était pas coutumier de frapper de la corne, comme le bœuf tué a pu être l'agresseur, on ne l'oblige qu'à partager la valeur du bœuf vainqueur avec l'autre maître qui lui fait part à son tour de la valeur du cadavre. Mais si le bœuf vainqueur était certainement l'agresseur, il y a un abandon noxal analogue à celui de la loi grecque de Gortyne.
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