‹ Les animaux et la loi pénale [microform]Chapitre 4 sur 40 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lorsqu'il s'agit de vers ou d'insectes, il constitue une souillure (art. 72)/

Le meurtre d*une vache est puni — en outre de la pénitence, minutieusement décrite par les articles 109-116, et qui consiste à effacer par les services rendus aux vaches pendant trois mois l'horreur qui s'attache à l'acte — d'une amende d'un taureau et de dix vaches, ou, si le meurtrier ne les possède pas, de l'abandon de tous ses biens à des Brahmanes (art. 117).

Le meurtre d'un chat, d'un ichneumon, d'un geai bleu, d'une grenouille, d'un chien, d'un lézard, d'une chouette, d'une corneille (art. 132) est puni d'une amende d'un taureau et de dix vaches blanches.

L'amende est : pour le meurtre d'un serpent, d'une bêche en fer (art. 134.)

(Art. 135), pour un sanglier, un pot de beurre clarifié ; pour une perdrix, une mesure de grains de sésame ; pour un perroquet, un veau de deux ans ; pour un courlis, un veau de trois ans.

(Art. 136), pour un flamant, une grue, un héron, un paon, un singe, un vautour, un épervier, l'amende est d'une vache.

(Art. 137), pour un cheval, elle est d'un vêtement; cinq taureaux noirs pour un éléphant ; un bœuf de trait, pour une chèvre ou un bélier : un veau d'un an pour un âne.

(Art. 138), pour des animaux sauvages carnassiers, une

L ANTIQUITE PRIMITIVE

vache à lait; pour des animaux sauvages non carnassiers, une génisse. *

(Art. 141), pour un millier de petits animaux vertébrés ou un plein chariot d'invertébrés, un taureau et dix vaches.

{Art. 142), pour le meurtre isolé de petits animaux vertébrés, une légère amende payée à un Brahmane.

Nous avons dit que les délits des animaux n'étaient pas punis sur les animaux eux-mêmes.

Ainsi, les dégâts commis par les animaux dans les champs n'entraînent qu'une amende pour le berger. Elle est de cent panas, si le champ était clos (art 240 du chap. VIII), d'un pana et quart, si le champ n'était pas clos (art. 241), sans préjudice des dommages-intérêts.

Nous avons vu que la théorie subjective du droit pénal avait conduit les Brahmanes à accorder l'immunité aux animaux, tandis qu'elle leur accordait une protection à peu près égale à celle des hommes.

L'Egypte ancienne est le seul pays où cette théorie ait produit en pratique les mêmes résultats.

Combinée avec les traditions particulières à la masse du peuple, et qu'on retrouve encore aujourd'hui chez les peuplades sauvages de l'Afrique, elle a même conduit, au point de vue qui nous occupe, à l'inviolabilité des animaux.

Les populations rouges autochtones de l'Egypte et de l'Assyrie ancienne, en vertu d'une sorte de pré-danvi-

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