CHAPITRE PREMIER
nisme obscur, considéraient que l'homme descendait des animaux. Il est facile de retrouver cette conception naturaliste dans la vieille légende chaldéenne qui fait des quatre Annédôtos qui enseignèrent les premiers hommes des dieux-poissons.
Chaque nome de TEgypte s'attribuait pour ancêtre un animal particulier. C'est ainsi que le crocodile était protégé dans les nomes de Thèbes et de Shed, tandis qu'on le chassait impunément dans celui d'Eléphantine. (Hérodote, II, 69.) Le bœuf Mnévis et le Phénix (espèce de vanneau) étaient les ancêtres d'Héliopolis ; le bouc, celui de Mendès ; le bœuf Apis, celui de Memphis. D'autres étaient communs à toute l'Egypte : le scarabée, l'ibis, le cynocéphale, Tépervier, le chacal.
Le meurtre des animaux était donc, en Egypte, puni de mort et de la mort du sacrilège, c'est-à-dire de la lapidation.
Rien ne pouvait faire fléchir la loi sur ce point. Au temps de Diodore, un citoyen romain ayant tué un chat par hasard, fut mis à mort malgré les supplications du Ptolémée qui craignait pour son trône (50 ans av. J.-C).
Paragraphe II Bouddhisme et Gonlucéisme
L'Inde et l'Egypte sont les seuls pays où la théorie subjective du droit pénal ait amené par analogie l'assimilation des animaux à l'homme.
l'antiquith primitive
Sitôt qu'une sensibilité exceptionnelle ou des théories religieuses particulières ne favorisent plus l'assimilation de l'animal à l'homme, l'animal est relégué au rang d'accessoire ; il n'est plus que l'instrument de l'activité et du développement de la personne humaine.
Cette doctrine a été celle des deux grands réformateurs de l'antiquité anté-chrétienne, Koung-Tseu et Çakya-
Mouni.
Pour Çakya-Mouni,. il suffit de comparer la formule de
la prière du sacrifice chez les Brahmanes :
« Que tous les êtres aient leur part du mérite de cette
* œuvre !»
Avec celle du sacrifice des Bonzes :
(( Que tous mes parents et tous les hommes habitants de ce monde aientjeur part du mérite de cette œuvre ! »
D'autre part,^l y a dans le livre de Ming-Tseu, disciple de Koung-Tseu (ch. I, verset 7), une anecdote qui montre bien le rôle qui est attribué aux animaux dans la pensée du grand législateur de l'Extrême-Orient. Le roi de Thsi, Siouan-Wang, avait eu pitié d'un taureau qu'on menait pour l'immoler; et voici ce que le philosophe lui dit, un
peu dédaigneusement : .
« C'est l'humanité qui vous a inspiré. Quand l'homme supérieur a vu les animaux vivants, il ne peut supporter de les voir mourir. Quand il a entendu leurs cris d'agonie, il ne peut supporter de manger leur chair. C'est pourquoi l'homme supérieur place son abattoir et sa cuisisine dans des lieux éloignés. »
^CJWK'