FAR
OR ds.
nr à D: 7 re ait dotés de bouches immenses dans lesquelles les proies viennent d’elles-mêmes se précipiter.
L'eurypharynæ pelicanoïdes (fig. 64), découvert en 1882 sur les côtes du Maroc, durant la dernière campagne du Travailleur, est un exemple de ces formes animales, Il avait été pris à 2 300 mètres de profondeur. C’est un poisson long de 0",5o et haut de 0®,02 à 0",03 en son point le plus élevé. Sa peau est d’un noir intense et comme veloutée. Elle est très mince et, sur tous les échantillons qui ont été pris, elle se trouvait être déchirée en plusieurs points par suite des frottements dont elle avait eu à souffrir. La tête est courte, car elle a à peine o",03 de longueur. La structure
Fig. 64. — L’eurypharynx.
Un des animaux les plus étranges du fond des mers. Il a plus grande bouche que grand ventre C'est un fanfaron.
des mâchoires et la conformation de la bouche donnent à cet animal un aspect des plus étranges. Chez les poissons, les mâchoires sont rattachées au crâne par une série de pièces constituant dans leur ensemble ce que les anatomistes ont appelé le suspensorium. Sur l'eurypharynæ, les mâchoires et surtout le suspensorium ont subi un allongement excessif.
A la bouche fait suite une cavité énorme qui se trouve être formée, dans sa partie supérieure, par un repli cutané extersible se portant des parties latérales de la tête et de la partie antérieure du corps au maxillaire supérieur. Dans la partie inférieure, une autre large membrane, renfermant dans son intérieur de nombreux faisceaux de tissu élastique, réunit entre elles les branches des mandibules, Il résulte de ce mode de structure, qu’à l'ouverture de la bouche fait suite un immense sac, très dilatable, qu'on n'a pu mieux comparer qu’à la poche si connue du pélican. Par suite de l’écartement des mâchoires et de l’extensibilité des membranes, la bouche avec le pharynx forment sur l’animal frais un vaste entonnoir, dont le corps du poisson semble être la continuation effilée. Il est à présumer que les aliments s'accumulent dans cette poche et peut-être s’y digèrent en partie, fait comparable à ce qu'on a signalé chez le chiasmodns niger.
Les organes servant à la locomotion ont subi une atrophie considérable. Des deux paires de nageoires existant normalement chez les poissons, une seule a subsisté. Les nageoires ventrales ont disparu, et quant aux nageoires pectorales, elles sont représentées par deux tout petits appendices situés un peu en arrière de l’orifice branchial.
L'eurypharynx pelicanoïdes vit enfoncé dans la vase à la surface de laquelle sa bouche seule émerge. Lorsqu'il voit arriver une proie, il ouvre brusquement sa gueule dans laquelle sa victime se précipite.