MICHELET
Sous le rapport des oiseaux chanteurs, notre pays est un des plus favorisés, car sur cent espèces, il y en a au moins dix dont la voix est mélodieuse. Cette proportion semble peu considérable, mais elle est en réalité très forte, puisque dans les pays chauds elle s’abaisse à un pour mille. Chez les oiseaux exotiques, l'agrément du chant est généralement remplacé par le spectacle des parures brillantes. Aïnsi au théâtre la richesse des décors et des costumes contrebalance parfois la pauvreté du livret ou le peu de talent des artistes.
Si peu musicien que l’on soit, il est difficile de ne pas être charmé par le gazouillis de ces agréables babillards que sont les oiseaux chanteurs. Comment ne pas être séduit par les trilles du rossignol ou les simples stiglit du chardonneret? Et, fait rare, cette admiration ne diminue pas à l'analyse, car elle nous montre que la gamme des oiseaux est très peu étendue, et l’on reste stupéfait à voir le parti que nos petits emplumés arrivent à en tirer.
Hôtes des bois et de la plaine, Vous qui chantez à perdre haleine Dans la futaie ou sur les eaux ; Merles noirs et loriots jaunes, Pinsons, tarins amis des aunes, Linots, fauvettes des roseaux, Grives, légères alouettes,
Et vous, rossignols, à poètes,
Salut, peuple heureux des oiseaux |
Buveurs d’air aux ailes alertes,
Ame et gaîté des forêts vertes,
Vous êtes des consolateurs.….
A chaque retour de l’année,
Votre musique d’hyménée
Monte avec l’arôme des fleurs,
Et sur la terre reverdie
Votre amoureuse mélodie
Endort les humaines douleurs.
(André THEURIET.)
Et cependant, malgré sa simplicité, le chant des oiseaux n'est peut-être imité
COUPIN. — ANIM, EXCENTR, , 6
par aucun de nos instruments de musique. On arrive bien à reproduire la succession
des notes avec leur hauteur et leur intensité, mais le «timbre», c’est-à-dire ce qui
donne au chant son caractère particulier, est composé d’un si grand nombre de sons, LE Lé LU [AI . L .
qu'il a été, jusqu'à ce jour, impossible de le rendre avec exactitude.
Fig. 65, — Le rossignol.
Un virtuose, égrenant sa mélodie devant un auditoire charmé et chantant la joie de vivre. Heureux oiseau d'en avoir le courage...
Les imitations musicales du chant des oiseaux sont donc toujours simplement approximatives. Une des mieux réussies est le fameux adagio dans la sixième symphonie pastorale de Beethoven, qui imite le coucou, la caille et le rossignol :
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La Saint-François de Liszt et le Vogels als Prophet de Schumann sont aussi fort remarquables.
C'est presque toujours au chant du plus mélodieux des oiseaux, le rossignol (fig. 65), que se sont attaqués les compositeurs : c’est lui qu’on retrouve dans le Mevisto-Walser de Liszt et la romance Et la nuit et la lune et l'amour de Davidoff. En Allemagne, les dilettanti font leurs délices d'un morceau de musique, le Coioben russe ou le Nachtigall des Allemands, qu’on peut assimiler, parmi les chants natioaaux, au Ranz des vaches suisse. Cette ballade, par son rythme autant que par son expression, rappelle les trilles du rossignol :
7 Andante con expressione
À. d'Orbigny a rendu le chant d’une troupiale de Cuba par la notation suivante, répétée jusqu'à trois fois
Au xvim° siècle, Athanase Kircher a noté ainsi le chant du coucou dans son Phonurgia :
En Allemagne, dans une chanson populaire dont je ne connais pas l’auteur, le chant du coucou est {mité :
Le D' Oppel a remarqué que le chant habituel du coucou se compose de deux mesures dont les deux tons sont presque égaux et séparés seulement par une pause. En voici, d’après lui, l’expression la plus vraie (imitée par la voix d’un enfant) :
Cela, on le voit, rappelle tout à fait le coucou des horloges de bois de Nuremberg.
J'avoue qu'à cette notation musicale je préfère cette description du coucou de F. Hœfer :
La femelle n’a qu’un cri rauque, imitant le son du polichinelle de nos petits théâtres forains : c’est un roucoulement qui marque plus d’ardeur que de tendresse. Le mâle y répond en doublant précipitamment la première note de sa perpétuelle tierce mineure ; la note aiguë correspondant à la première syllabe et la note grave à la deuxième de cou-cou ! de telle sorte que si, par exemple, la première note est un mi bémol, la seconde sera l’ut au-dessous. Quand, au lieu de cou-cou, lentement cadencé, vous entendrez une roulade brusquement accélérée (cou-cou-cou, cou, cou, etc.), soyez sûr que le mâle vient d’apercevoir sa compagne et qu’il se dispose à s'approcher d'elle. Passé le mois de mai, le coucou ne chante plus. Mais ce n’est point là une règle absolue, car nous l’avons souvent entendu jusqu’au milieu de l'été et avons observé une variation dans son chant estival : ce n’était plus alors la première, mais la seconde note qui s’y trouvait doublée, et le cou, cou-cou, posément débité, ne marquait aucune ardeur particulière. Tous les coucous ne chantent pas au même diapason. La différence de l’intonation implique-t-elle une différence d’àge ? S’il en était ainsi, ce serait un curieux rapprochement avec la voix humaine : les barytons seraient les vieux et les contraltos les jeunes. Les soprani, si communs chez nos musiciens emplumés, font ici complètement défaut.
Mais revenons à la musique. Le D' Oppel s’est livré à une étude approfondie du chant du merle noir qui, d’après lui, est celui qui se rapproche le plus de la voix humaine. Il n’a pas noté moins de soixante-douze airs relatifs à cet oiseau.
En voici quelques-uns :
Chant du soir er avril.
Chant du soir én mai.
Le À
Nous avons déjà parlé plus haut du rossignol. Lequë s’est aussi évertué à imiter son chant :
Ress Re EN D VV CEE D OP ESS — (y Wel RE tnt ie 2. #9 . - #8 EN ES 1
tio ti-oti-otidoti-oti-o = - - - - W-- ti-o+o-i tio-- to
Hæfer remarque aussi au sujet du même oiseau qu'il présente dans son chant des passages brusques de trois octaves au moins au-dessous, comme s’il voulait donner toute l'étendue de son clavier :
Voici maintenant, d’après un auteur inconnu, le chant d’un petit oiseau américain connu sous le nom de pyranga rubra :
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F. Lescuyer a fait des remarques fort intéressantes sur le chant des oiseaux. Nous allons citer les principales.
Les sons dont les chants se composent sont pris non seulement dans les douze notes de notre gamme, mais encore parmi les vibrations qui s’échelonnent dans chaque intervalle d’une note à l’autre. Ainsi un de leurs sons peut être non seulement un ut ou un ré, mais encore une des vibrations intermédiaires. Néanmoins les notes qui se produisent successivement pour former une période n’ont pas de rapports heurtés et choquants. L'oiseau a une certaine aptitude à produire des notes ascendantes qui ont entre elles des espèces d’intervalles de tierce et de quinte, comme l’uf, le mi et le sol, que donne la trompette à vide : souvent aussi, les notes intermédiaires qu’ils chantent ne sont pas sans
analogie avec les notes si, la, fa, ré, et surtout avec les sons que supposent les commas ou divisions d’un ton en neuf parties.
Les divisions du son pour le chant des oiseaux ne reposant pas sur des intervalles aussi grands, aussi appréciables, et aussi réguliers que ceux des tons et des demi-tons, l'oiseau ne peut chanter faux comme nous quelquefois, et quand un certain nombre d'oiseaux se font entendre sur un même point, il n’y a jamais de cacophonie.
Sous le rapport de la période, le chant de l’oiseau n’est pas encore sans ressemblance avec le nôtre. Il se compose de notes qui forment un ensemble musical, et qui sont bien l'expression du sentiment éprouvé. Il présente parfois des particularités remarquables, la douce succession des notes espacées seulement d’un comma, d’un demi-ton ou d’un ton, les effets de transition de quarte, quinte, sixte et octave, l’agréable cadence du battement en forme de trille, le brillant de la roulade, le sentiment de la note d'agrément, les assemblages originaux et rythmés pour composer la phrase, la sérénité du récit, la poésie du son, le charme de la mélodie. Le chant, ne durant pas longtemps, est d'autant plus souvent répété. Il ne dure que 2 à 3 minutes pour la grive, de 2 à 3 pour le pinson, de 3 à 4 pour le merle, de 3 pour le rossignol, de 3 pour le troglodyte, de 4 à 5 pour la fauvette à tête noire, de 3, 6 et 8 pour le pipit des arbres, de 4 pour la fauvette grisette, de 2 pour la tourterelle, de 2 et même 5 minutes pour l’alouette. La tourterelle, après 30 secondes de repos, reprend la série de ses roucoulements ; la fauvette grisette se repose à peine ; j'en ai entendu une répéter 203 fois de suite sa cantate ; une rousserolle effarvatte a redit la sienne pendant 21 minutes.
Entre les chants qui se font entendre sur un même point il n’y a pas qu’une simul tanéilé de sonorité agréable à l'oreille. Quand on est attentif, on remarque avec beaucoup de plaisir, d'abord l'absence de notes fausses et de cacophonie, ensuite des chants variés, et échelonnés sur une étendue de cinq octaves, ayant pour base la gamme du diapason, des effets d'accords, de duo, de trio, de quatuor de symphonie et même de timbres plus nombreux que dans un orchestre, et toujours des manifestations variées et exubérantes de joie. Le corbeau-corneille donne des notes de la gamme du diapason, et ainsi déjà il se rapproche de la voix humaine ; au contraire, les notes du roitelet huppé se confondent avec le cri de l’insecte. — Entre le corbeau et le roitelet, et progressivement, nous entendons la grive, le rossignol, la fauvette grisette, etc. Nous le savons, les instruments à vent appartenant à un seul genre sont faits de la même manière et ont le même timbre. La flexibilité des organes de la voix a, au contraire, permis à chaque homme d’avoir un timbre particulier. Pour des raisons analogues, le timbre de la voix des oiseaux a été varié, selon les espèces et même selon les individus.
Le martinet pousse des cris perçants comme ceux que l’on obtient en soufflant dans une clef forée ; le héron gris a des notes stridentes et timbrées comme celle de la trompette. Celles de l’hippolais et des rousserolles sont acérées comme celle du biniou. On remarque dans le rossignol les douces et pénétrantes vibrations du hautbois unies aux accents émus de la voix. Avec la tourterelle, le coucou et le ramier, nous entendons des sons doux et veloutés comme ceux de la flûte.
Les cris, à raison de leur extrême acuité, peuvent être entendus de très loin et dans des milieux peu sonores : chargés des draperies de la végétation, ils deviennent doux à l'oreille. Indépendamment de ces timbres principaux, il y en a d’autres bien caractérisés. Qui ne connait les gros éclats de voix du corbeau? Le merle et le loriot ont des notes sifflées qui ne sont pas sans analogie avec les sons cristallins du flageolet. La note du pinson rappelle par son éclat la clarinette. Le héron butor fait penser à la contrebasse,
Tous les oiseaux n’ont pas de règles musicales comme ceux que nous venons de citer. Il en est qui n’ont ni harmonie, ni méthode, ni ordre. Ainsi les iaeck, couaek, schruih que pousse le pinson des montagnes ne sont qu’un assemblage de notes tout
à fait informes. Il a un instrument de musique dont il ne sait pas se servir. Le cynchrame schénicole bredouille affreusement et, comme le dit Neumann, étrangle chaque note.
Dans quelques espèces aussi, il peut se rencontrer à la fois des bons et mauvais chanteurs. Le fait est bien connu chez les oïseaux en cage, mais il peut se rencontrer aussi à l’état sauvage.
C’est à peine, dit Brehm, si l’on peut essayer de décrire le chant du flüteur; il varie d’ailleurs beaucoup d’un oïseau à l’autre. Celui-ci est un artiste, celui-là n’a aucun son musical. J’ai entendu des flüteurs chanter admirablement : j'en ai vu beaucoup qui ne produisaient que quelques notes mal liées les unes aux autres. Chacune de leur note est pure et sonore, sauf dans leur dernière phrase, qu’ils croassent plus qu'ils ne sifflent. Pour exprimer ma pensée, en deux mots, ce sont de très bons interprètes, de pauvres compositeurs. Souvent, ils gätent leur chant, en y mêlant tout ce qui leur passe par la tête. On peut facilement les instruire; leur faire apprendre sans trop de peine des airs, soit qu’un autre oiseau les leur chante, soit qu’on les leur joue avec une orgue, une serinette ou un instrument quelconque. Tous les gymnorhines flûteurs que j'ai entendus mêlaient ensemble divers airs; les airs populaires notamment, qu'ils avaient probablement appris des matelots pendant la traversée. Lorsqu'une personne qu'ils connaissent les visite, il la saluent par une chanson.
La timalie coiffée, elle, se met peu en frais de composition : elle se contente de répéter très régulièrement et à courts intervalles les cinq notes do, ré, mi, fa, sol.
Quand on étudie le chant des oiseaux, on ne tarde pas à se convaincre qu'il constitue un véritable langage qu’ils comprennent facilement entre eux et que nous devinons en grande partie. Nous savons, par exemple, distinguer du chant ordinaire l’épouvante, la plainte, l'alarme, la surprise, l’anxiété, la fuite, la douleur, l'appel, l'invitation à manger, le départ, le coucher, le réveil, etc. On peut dire des petits oiseaux que ce sont avant tout des passionnés. Ils mettent une ardeur peu commune dans tout ce qu’ils font, depuis la confection des nids jusqu’à la défense de leur progéniture. Ces passions éclatent d’une manière très nette dans leurs chants. À propos de ce langage, remarquons avec M. Lescuyer qu’une seule émission de voix peut être brève ou longue et même varier sous le rapport de la tenue comme, dans un même mouvement musical, varie la durée du son de la triple croche à la blanche.
Dans son roulement le moineau fait une série de doubles croches; le pouillot sylvicole, quand il implore la pitié de l'homme qui marche près de son nid, fait une noire. La dernière note du cri de la hulotte est une blanche. D'autre part, une note peut se répéter avec telle ou telle nuance et ainsi donner lieu à des combinaisons nouvelles; de là, l’entraînante impétuosité de la double croche que souvent on constate chez plusieurs oiseaux, la gravité d’une tenue du genre de celles que l'on entend dans le chant perlé de l’alouette ; l’incisive attaque d’une note, d'une double croche suivie d’une croche, comme le pratiquent l'hippolais et l’effarvatte ; le mordant du staccato du torcol ; la douceur et la grâce des notes unies et roulées
comme celles d’une corde à violon, lancées par le pouillot fitis ; la cadence de la syncope comme la donne le grand ramier ; le rythme de notes égales en durée et redites régulièrement, comme aussi la répétition régulière des périodes, ce qui se présente dans la cantate de la fauvette babillarde ; les mystérieux effets dé la sourdine du martinet ; le sforzando et le diminuendo alternatif du pouillot fitis ; le crescendo et le decrescendo du pipi des arbres.
De nombreux naturalistes se sont évertués à étudier le langage des oiseaux, mais leurs observations ne paraissent pas avoir été poussées très loin. Tout d’abord, citons le romancier anglais Charles Dickens qui, vers 1870, année de sa mort, a publié un curieux article sur l’ Alphabet des bêtes. En ce qui concerne les oiseaux, il remarque que leur alphabet est plus étendu que celui des quadrupèdes ; il est composé d’une plus grande variété de sons, qu’on peut représenter par des lettres, soit avec une voyelle simple, double ou triple, même lorsqu'ils sont très prolongés, car il n’en est pas une qu’ils ne puissent articuler. Leur organisation buccale ne leur permet pas de prononcer toute voyelle unie à une consonne labiale, bien que beaucoup d’oiseaux chanteurs aient une grande facilité pour émettre certains sons qui paraissent leur être plus familiers, tels que si, ji, ki, pi, Li, zi, et même tous ceux formés par les mêmes consonnes unies aux autres voyelles. Dickens remarque encore qu'il est des sons consonnants que les oiseaux ne peuvent pas plus articuler que les autres animaux : l’{ et le v par exemple. Le chant de l’alouette est le seul où |’! mouillée se retrouve avec fréquence.
Lenz a noté dix-neuf chants différents de pinson, chants auxquels on a donné des noms différents. Nous n’en citerons qu’un, le plus joli, qui est interrompu par une pauseetse termined’une façon éclatante. C’est ce chant que Lenz appelle le redoublé de Schmalkalde : ézitzitzitzitzitzitzitzitzitzirrrrentzépiah, tololololololotzissscoutziah.
On a fait aussi quelques remarques au sujet des moineaux. Ces êtres bavards s’il en füt poussent des dieb, dieb (prononcez à l’allemande), quand ils volent et des schlip, schlip, lorsqu'ils sont perchés. Au repos ou au moment du déjeuner, on les entend continuellement répéter : bilp ou bioum. Durr et die, die, die sont leurs cris de tendresse. Terr prononcé avec force et en roulant indique l’approche d’un danger. Si le péril s'accroît, les moineaux poussent un autre cri qui peut se noter : tellterelltelltelltell. Au moment de la période sentimentale de leur existence, les mâles poussent des tell, tellt, slip, dell, dell, dieb, schlick, etc., qui finissent par fatiguer l'oreille,
*X ji *
Presque tous les oiseaux, en outre de leur chant ordinaire, ont ce qu'on appelle un cri d'appel. C’est le cri qu’ils poussent quand il y a un danger et, tout inconscient qu'il est, il semble très utile aux autres oiseaux de même espèce, en les prévenant et en les engageant par suite à fuir. Ce qui prouve bien qu’il en est ainsi, c’est
que tous prennent grande attention à ce cri et ne manquent pas d'y obéir. Bin plus, ce cri d'appel est connu des autres animaux qui, lorsqu'ils l’entendent, se tiennent sur le qui-vive. Chez certains oiseaux, ce cri d'appel est très fort et il a été reconnu qu'il ne se produit qu’à bon escient. Aussi toutes les bêtes des environs lui obéissent-elles : les oiseaux sont alors désignés sous le nom commun d’avertisseurs ; il y en a de plusieurs espèces et dans diverses localités.
Voici quelques cris d’appel :
grive dralnem 0. 0 ete ee SCNnEQES
turnoiléer re M VN EN MT yiere ee OUR US QUO fauvelleléperviere Met ee se CR:
fauvette des jardins . . . . . . . . taeck, laeck. pyrophthalmet-2 "40 7#Nr000-2 oftrec, (rec irec. HOLIOdYIE es i- CiCE- tzerr, tzeer, tzerz.
pipi -des arbres : . 2. .... srik:
Tous ces oiseaux commencent généralement leur chant par leur cri oe mais poussé moins fort que lorsqu'il sert d'avertissement.
Quant au rossignol, d’après ce qu'en dit Naumann, son cri d'appel est un wül (prononcer à l’allemande) clair, prolongé, suivi d'ordinaire d’un son ronflant, kaer. Lorsqu'il est effrayé, il répète wid, plusieurs fois de suite, et ne crie qu'une fois : kaer. En colère, son cri est kraeh ; quand il est content, il fait entendre une note harmonieuse : tak. Les jeunes crient d’abord : id, puis plus tard krouek. Ces sons, lancés avec diverses intonations qui souvent échappent à notre oreille, ont chacun leur signification.
Le chant du rossignol est tout particulier ; les notes en sont pleines, les variations en sont agréables, harmonieuses ; on ne retrouve rien de semblable chez aucun autre oiseau. Les phrases douces, les roulades, les notes plaintives et joyeuses alternent avec une grâce indescriptible. L'un commence doucement et peu à peu sa voix devient plus forte pour mourir ensuite insensiblement ; un autre lance des notes fortes et pleines avec ardeur; un autre marie agréablement des sons tendres et mélancoliques à des éclats de joie et de triomphe.
Les pauses, la mesure viennent encore augmenter la beauté de ce chant. On ne peut assez en admirer la variété, la force, la plénitude ; on ne peut comprendre comment un aussi petit oiseau est en état de lancer des notes aussi éclatantes ; comment ses muscles laryngés peuvent avoir une telle vigueur. Parfois, en effet, l'éclat des notes est tel qu’il blesse l'oreille.
Un rossignol, pour être bon chanteur, doit avoir de vingt à vingt-quatre phrases; mais beaucoup ont un champ de variations moins étendu.
La localité exerce une grande influence sur leur chant. Les jeunes rossignols ne peuvent être formés que par les vieux qui habitent les mêmes endroits ; il en résulte que, dans un canton, il y aura d'excellents chanteurs, tandis que dans un autre, on n’en trouvera que de médiocres. Les vieux mâles chantent mieux que les jeunes, car même chez les oiseaux, l’art, pour se développer, a besoin d'exercice. C’est lorsque la jalousie s’en mêle que le rossignol chante le mieux. Son chant lui devient une