MARCHE
Le serin chanteur est sujet à s’enrouer; on lui rend l’éclat du timbre en lui servant de l’eau bouillie, une décoction de fenouil, et, pour nourriture, un mélange de miel et de biscuits de Reims pilés.
Les expressions populaires faisant allusion à des sujets d'histoire naturelle sont très fréquemment erronées. On dit, par exemple, souvent : chanter comme un oiseau, et un esprit non prévenu s'imaginerait certainement que tous les oiseaux sans exception ont été dotés par la nature d’une voix mélodieuse. Ce serait une grosse erreur, les oiseaux bons chanteurs constituant en quelque sorte l'exception. Tous les autres ont une voix insignifiante, bizarre ou même très désagréable. Ce sujet étant en général mal connu, on nous permettra d'y insister ici, en citant les exemples les plus typiques.
Un certain nombre d'oiseaux en effet ne chantent pas et se contentent de crier. Parmi ceux-là les plus connus sont les perroquets, les cacatoës, les perruches : quand ils se mettent en colère, les sons criards qu’ils font entendre sont véritablement douloureux pour le tympan. Dans les forêts des tropiques, où ils vivent toujours en bandes, il paraît que le concert qu'ils donnent au voyageur venant les visiter est épouvantable : quiconque d’ailleurs a eu la patience d’avoir un de ces animaux dans un appartement en sait quelque chose. Certains perroquets (nestors) ont la voix rauque, grondante, criarde et ressemblant à laboiement d’un chien. Le cri rauque des aras est monosyllabique et se rapproche du croassement des corbeaux : quand un chasseur les approche, ils poussent des cris assourdissants et peuvent, comme l'a dit A. de Humboldt, couvrir le mugissement des torrents.
Criards aussi les corbeaux, avec leurs kork kork, kolk, kolk, rabb, rabb, rabb, où les anciens devins prétendaient trouver tant de sons différents ; les freux, avec leurs kra kroa, girr, querr et jack jack ; le casse-noix, avec ses kraeck, kraeck, kraeck où hoerr koerr ; la pie qui bavarde toute la journée en mélant ses schak et ses krak, la plupart des rapaces, quand ils font entendre leur voix, ce qui est assez rare en temps ordinaire, mais commun au moment des amours.
Parmi les oiseaux au chant désagréable, il faut encore placer le gros bec commun
LES CHANTEURS EN PLEIN AIR Li al
que Naumann range parmi les plus déplaisants. Mais ceci n’est que relatif à notre oreille et à notre esthétique particulières. Les chants des mâles, qui nous font faire la grimace, charment manifestement les femelles. Et les mâles eux-mêmes ont une haute idée de leur voix : quand ils chantent, ils prennent des allures de vainqueurs pour exprimer leur propre satisfaction.
Tous les oiseaux au chant désagréable ne sont pas aussi admiratifs d’euxmêmes.
Les hespériphones crépusculaires non plus ne chantent pas bien :
Leur voix, dit Townsend, qu'ils font entendre lorsqu'ils sont en quête de nourriture, est criarde ; j'ai cru longtemps que c'était leur signal d’avertissement. Vers midi, les mâles montent jusque sur les branches les plus élevées des pins et commencent à chanter. Leur chant est misérable et on dirait qu’ils en ont conscience ; ils se taisent souvent et paraissent très mécontents d'eux-mêmes. Puis, après un long silence, ils recommencent, mais sans plus de succès. Leur chant n’est qu’un trille court, ressemblant extraordinairement aux premières notes de la chanson du merle voyageur ; mais il est moins doux, et s'arrête subitement, comme si l'oiseau était hors d’haleine. À mon avis, ce chant, si j'ose lui donner ce nom, est ennuyeux et fatigant à entendre. Chaque fois j'en attendais la suite, et chaque fois mon attente était déçue.
Le chant du proyer d'Europe n'est ni fort ni agréable; il ressemble tout à fait au bruit d’un métier à tisser les bas ; c’est de cette particularité que vient le nom de bonnetier qu’il porte dans diverses localités.
Le chant du martin-rose est un mélange de sons rauques, criards et grinçants. D'après Nordmann, on peut comparer ce chant au bruit que feraient plusieurs rats enfermés dans un petit espace et se battant, se mordant mutuellement : celui qui entend des martins-roses pour la première fois est persuadé qu'ils sont en train de se livrer un combat acharné.
Les cris (sroui, sroui) du mésangeai de malheur ressemble à celui d’un homme appelant au secours. Celui du taxostome roux, au miaulement du chat, ce qui a fait donner à l'oiseau le nom anglais de cat-bird.
Le touraco à joues blanches a un cri particulier qui semble venir de très loin alors que l'oiseau qui le pousse (cahouhaiagagouga !) est tout près : c’est un ventriloque. Il parle d’ailleurs, comme le font les ventriloques, sans ouvrir le bec.
La voix des schizorhis à bandes ressemble à celle des singes: réunis à plusieurs, comme cela leur arrive souvent, ils font un tapage assourdissant.
Le batara ondulé a un cri qui ressemble au bruit d’une bille tombant de haut sur une pierre et y rebondissant plusieurs fois.
Le chant du jaseur d'Europe ressemble au grincement d’une roue de voiture mal graissée ; celui du manakin moine, au murmure d’un rouet ; celui du gymnocéphale, au bêlement d’un veau ; celui du sonneur, au son de plusieurs cloches, et les voyageurs ne larissent pas sur sa bizarrerie.
Sa voix, dit le prince de Wied, ressemble au tintement argentin d’une cloche; il pousse un cri qu’il soutient longtemps, et qu’il répète souvent plusieurs fois de suite. On croirait entendre un forgeron frapper à plusieurs reprises à coups de marteau sur une enclume. On entend ces cris à toutes les heures de la journée, et de très loin. D’or-
dinaire, plusieursde ces oiseaux se trouvent dans une même localité, s’appelant etse répondant mutuellement. L'un lance une seule note, claire et forte; un autre fait entendre des tintements répétés, et il finit par en résulter un concert des plus singuliers. D'ordinaire, le forgeron se perche sur une des branches sèches les plus élevées d’un arbre gigantesque et c’est de là qu'il fait résonner sa voix. On voit son plumage d’un blanc éclatant trancher vivement sur l’azur du ciel.
Le chant de l’hylactes Tarnii est un véritable aboïement ; aussi les indigènes le désignent-ils, et avec juste raison, sous le nom d'oiseau aboyeur. Le chant du mélichère mellivore n’est pas plus distingué: on l’a comparé au bruit que fait un homme au moment où le mal de mer se fait sentir ; de là vientle nom local, go0-gwar-rack, donné à cet oiseau. La voix du paralcyon géant est un ricanement rauque, d’où son nom populaire de «Jean le Rieur ». Le cri de l’ani des savanes est nasillard, ce qui lui a fait donner par les colons le nom de « vieille sorcière». Le cri du dichochère peut être comparé au braiement de l’âne ; à noter qu’il peut être lancé aussi bien pendant l'inspiration que pendant l’expiration. Celui du tragopan mélanocéphale est digne du bêlement d’une chèvre égarée ; sa syllabe wal, lancée avec force, s’entend à plus d'un mille de distance.
Très singulier aussi le cri du bator (/ig.70)qui, de l'aveu de tous ceux qui l'ont entendu, est un véritable beuglement. Ce cri n’est guère poussé que la nuit, etil est par suile difficile de se rendre compte des circonstances dans lesquelles il se produit. Pour le savoir, un naturaliste, Wodzicki, est resté plusieurs heures dans
l’eau, immobile: mais les butors. soupçon-
nant sa présence, re-
Fig. 70. — Le butor.
Un animal qui n'a pas volé son nom par son aspect et la façon dont il beugle.
fusèrent de mugir.
Un jour enfin, au milieu d'une tourmente, il finit par savoir ce qu'il cherchait avec tant de peine.
Je connaissais l’endroit parfaitement, dit-il ; je m’y glissai par un fort vent, et je vis la femelle dans l’eau, à dix pas environ du mâle, le jabot gonflé, le cou rentré entre les épaules, livrée, semblait-il, à un doux far niente, tout comme quelque mélomane italien plongé dans un demi-sommeil et absorbé dans l’audition de la plus suave des mélodies. Certes, cette femelle ainsi ravie avait raison d’admirer le talent de l'artiste; c'était une
basse aussi excellente que Lablache. IL était là, debout sur ses deux pattes, le corps horizontal, le bec dans l’eau. Au moment où les beuglements se faisaient entendre, l’eau rejaillissait de toutes parts. Après que l'oiseau eut lancé quelques notes, j’entendis enfin le u (prononcer à l’allemande) signalé par Naumann ; le butor releva la tête, la lança en arrière, puis enfonça rapidement le bec dans l’eau et les beuglements commencèrent avec une telle violence que j'en fus effrayé. Un fait m'était ainsi expliqué ; ces notes hautes au début, l'oiseau ne les fait entendre que quand il a son cou plein d’eau, et qu’il lance cette eau avec beaucoup de force. La musique continua ; mais le butor ne rejeta plus le cou en arrière, et je n’entendis plus ces notes élevées. IL semble donc que ce cri soit l'expression de sa plus grande ardeur, et qu'il ne le répète plus une fois ses désirs satisfaits. Après quelques accords, il lève la tête et regarde prudemment de tous côtés ; autant qu’il m'en semble, il ne peut pas se fier à la bonne impression qu’il a produite sur sa femelle. Au moment des amours, le butor étoilé ne se tient pas au plus épais du fourré de roseaux ; il recherche au contraire les endroits découverts et de peu d’étendue : il faut que la femelle puisse le voir et l’admirer. Le bruit comparable à celui qu’on fait en frappant l’eau avec un bâton est produit par le mâle qui, au moment où il lance ses notes hautes, frappe l’eau deux ou trois fois de son bec avant de l’y enfoncer. D’autres bruits, bruits aquatiques, s’il m'est permis de les appeler ainsi, sont produits par la chute des gouttelettes d’eau qui sont restées adhérentes au bec. Le dernier son, un bouh étoufté, s'entend quand l'oiseau, en retirant le bec, rejette au dehors l’eau qui le remplissait.
La voix du cariama huppé ressemble aux jappements d’un jeune chien ; pour la produire dans toute son ampleur, l'oiseau est obligé de se tenir sur un arbre élevé, Voit-on le cariama s’élancer sur quelque tronc d’arbre, c’est un signal pour toutes les personnes nerveuses de s'éloigner ; un concert des plus agaçants va commencer. L'oiseau se dresse, regarde le ciel, puis d’une voix forte et retentissante, il crie : ha, hahahahi, hihi, hil, hil, hi, el; puis, suit un petit intervalle de quatre à cinq secondes, auquel succède un cri bref: hah. À chaque syllabe que lance l’oiseau, il avance et retire la tête, ce qui produit une sorte de balancement très singulier de tout l’avant-train. A la fin, il renverse complètement la tête en arrière, et il recommence la seconde partie de son cri. Au début de cette seconde reprise, il lance les sons avec plus de force que dans la première partie, puis il va peu à peu en diminuant; on peut noter cette seconde reprise: hahil, hahil, hil, il, ik, ik, ilk, ack. Parfois, l'oiseau crie ainsi une demi-heure entière. (Prince de Wied.)
Le sifflement du râle d’eau a quelque ressemblance avec le bruit que l’on produit en fouettant l'air avec une baguette.
Le chant du cygne chanteur, désagréable de près, est assez harmonieux entendu de loin : il a un timbre très clair, comme celui d’une clochette d'argent. Il chante souvent et, même au moment de mourir, ses dernières respirations produisent un son : de là, la légende du cygne qui ne chante qu’au moment de mourir. Le cri ordinaire est Aülkli ; son cri plus doux, ang. Il est souvent célébré dans les chansons populaires russes.
Je suis parvenu, dit Homeyer, à entendre la voix du cygne chanteur. Huit à dix de ces oiseaux se trouvaient sur ie Grabow, à environ une centaine de pas du bord, et poussaient des sons perçants et harmonieux. On ne pouvait y reconnaitre de mélodie; ce n'étaient que quelques notes agréables, trainantes; mais, comme les unes étaient plus
COUPIN. — ANIM. EXCENTR. 8
élevées, les autres plus basses, les intervalles des tons se faisaient sentir et le tout constituait un ensemble assez harmonieux. Malgré la grande distance, ces notes arrivaient distinctes à mon oreille.
Schilling est plus explicite :
Le cygne chanteur charme l'amateur non seulement par sa beauté, sa grâce, sa prudence, mais encore par sa voix forte, riche en notes pures et variées; il la fait entendre à toute occasion : c’est un cri d'appel, d'avertissement.
Quand il est réuni à ses semblables, il semble causer avec eux ou rivaliser à qui chantera le mieux.
Lorsque, par les grands froids, la mer est couverte de glace dans les endroits non occupés par les courants, que les cygnes ne peuvent plus se rendre là où l’eau peu profonde leur garde une nourriture abondante et facilement accessible, alors on voit ces oiseaux se rassembler par centaines sur les points où des courants maintiennent la mer libre, et leurs cris mélancoliques racontent leur triste sort; souvent alors, dans les longues soirées d'hiver et pendant des nuits entières, j'ai entendu leurs cris plaintifs retentir à plusieurs lieues. On croit entendre tantôt des sons de cloche, tantôt des sons d’instruments à vent; ces notes sont même plus harmonieuses ; provenant d'êtres animés, elles frappent nos sens bien plus que des sons produits par un métal inerte. C’est bien là la réalisation de la fameuse légende du chant du cygne; c’est, en effet, souvent le chant de mort de ces superbes oiseaux. Dans les eaux profondes où ils ont dû cherchér un refuge, ils ne trouvent plus de nourriture suffisante; affamés, épuisés, ils n’ont plus la force d’émigrer vers des contrées plus propices, et souvent on les trouvesur ia glace, morts ou à moitié morts de faim et de froid. Jusqu’à leur trépas, ils poussent leurs cris mélascoliques.
Les chants lugubres des engoulevents d'Amérique sonttrès singuliers et donner! un charme étrange aux forêts où ils se font entendre.
L'on entend alors, dit Schomburgk, retentir au milieu de la nuit les cris plaintifs des engoulevents, perchés sur les branches sèches inclinées vers la surface de l'eau. Ces cris sont si sombres, si désagréables, que je comprends la peur que l’on a de ces oiseaux. Pas un Indien, pas un nègre, pas un créole n'ose les tuer. L’Indien croit voir en eux des serviteurs du mauvais esprit Jabahu ; les nègres, des messagers de la méchante divinité ‘Junibo ; les créoles, des messagers de la mort. De chaque arbre, on entend les ha ha ha plaintifs. La première note est lancée avec éclat, à pleine gorge ; puis le ton baisse, faiblit et finit par ne plus être qu’un soupir. Tantôt on entend crier, avec une expression à la fois de haine et d'angoisse : who are you, who, who, who are? (qui es-tu, qui, qui, qui es-tu ?); tantôt ce commandement, poussé d’une voix sombre : work away, work, work, work away ! (travaille, loin d'ici, travaille, travaille, travaille, loin d'ici); un instant après, une voix pleine de la tristesse la plus profonde : Willy come go, Willy, Willy, “Willy, come go ! (Willy, viens, allons-nous-en; Willy, Willy, Willy, viens, allons-nousen) ; ou bien : whip, poor Will, whip, Will, whip, whip, whip, poor Will (des coups, pauvre Will, des coups, Will, des coups, des coups, des coups, des coups, pauvre Will); et ces sons se suivent, se succèdent, jusqu’à ce que tout à coup le cri perçant d’un singe troublé dans son sommeil par quelque carnassier vienne dominer tous les autres bruits.
La liste des oiseaux au chant désagréable est fort difficile à faire, par la raison que ce qui plaît à l’un peut déplaire à l’autre. C’est ce qui arrive au sujet du cardinal de Virginie, dont le chant plaît en Amérique et déplaît en Europe. Tandis que le
prince de Wied déclare que ce chant n’est nullement distingué et que Gerhardt affirme qu'il ne répond nullement à la beauté de son plumage, Audubon se livre sur lui à un panégyrique bien senti.
Je ne peux regarder comme fondée, dit-il, cette opinion répandue en Europe, que le chant des oiseaux d'Amérique n’est nullement comparable à celui des oiseaux qui peuplent les forêts européennes. Nous ne pouvons mettre en parallèle les immenses forêts de l'Amérique avec les champs cultivés de l’Angleterre, où les oiseaux chanteurs sont rares, ce qui est bien connu; mais si nous comparons entre elles des localités semblables des États-Unis et de l'Europe, nous verrons que le Nouveau-Monde est le plus favorisé. Les quelques oiseaux chanteurs que, de nos contrées, on a apportés en Europe, y ont rempli d’étonnement et d’admiration les meilleurs connaisseurs.
La voix du cardinal ressemble tout à fait à celle du rossignol, et quelque claire, quelque harmonieuse qu’elle soit, elle est encore bien au-dessous de celle de la grive des forêts et de la grive draine. Notre oiseau moqueur vaut bien le rossignol, et il en est de même de presque tous nos oiseaux chanteurs. Qu'un Européen vienne se promener, par un beau soir de mai, à la lisière de la forêt, et il pourra se faire une idée du concert des oiseaux! Souvent on a donné au cardinal le nom de rossignol de Virginie, et certes, il mérite son nom par le chant si clair, si varié qu’il fait entendre du mois de mars au mois de septembre.
Ce chant est d’abord clair, semblable au son du flageolet; il diminue peu à peu jusqu’à ce que finalement il s’éteigne. Pendant toute la saison des amours, il lance avec feu ses chansons. Il est conscient de sa force; il gonfle sa poitrine, étale les plumes roses de sa queue, bat des aïles, se tourne à droite, à gauche, et semble témoigner toute son admiration pour la beauté extraordinaire de sa voix. Ce sont toujours de nouvelles mélodies, et il ne se tait que pour respirer. On l’entend bien avant que le soleil ait doré l'horizon et jusqu’au moment où les ardeurs de l’astre brûlant forcent toute la création à prendre quefque temps de repos; mais quand la nature se réveille, le chanteur recommence à dire ses chansons aux échos d’alentour, et il ne se tait que quand les ombres du soir l’environnent. Chaque jour, il cherche à diminuer à sa femelle les ennuis de l'incubation. Bien peu de nous refuseront de payer à ce chanteur ravissant leur tribut d’admiration. Quand, par un ciel obscur, les ténèbres envahissent la forêt, quand on croit la nuit venue, quoi de plus doux que d'entendre résonner tout à coup la voix mélodieuse du cardinal! Combien de fois n’ai-je pas été ainsi ravi de joie!
Quelques oiseaux produisent des sons non avec leur gosier, mais simplement par le frottement et le claquement de leurs mandibules. Ce fait se rencontre chez un rapace, la sturnie caparacoch. Brehm l’a observé sur un sujet en captivité.
Sa voix, qu’il faisait surtout entendre lorsqu'on voulait le saisir, ressemblait assez au cri d'angoisse de la crécerelle; elle rappelait parfois le piaulement de la poule. Quand il était en fureur, il claquait du bec, comme le font les autres chouettes; quand il était moins courroucé, il se contentait de frotter les extrémités de ses deux mandibules l’une contre l’autre; il avançait la mandibule inférieure et la frottait contre la mandibule supérieure, la faisant remonter par dessus le crochet de celle-ci, à la façon des perroquets. Cela produisait un claquement particulier, et je crus, en l’entendant pour la première fois, qu'il s'était cassé un os. Il se montrait surtout éveillé l'après-midi, jusqu’à la tombée de la nuit.
Les cigognes sont, elles aussi, très amateurs de castagnettes. En faisant claquer