LES CHANTEURS EN PLEIN AIR DÉS PRE EN SRE RE OR ER
leurs deux mandibuies, elles produisent toutes sortes de sons, rapides, lénts, forts, légers, etc., bien en rappor' avec les sentiments qu'elles veulent exprimer: chez elles, pourrait-on dire, le claquement remplace la voix, sifflem nt rauque insignifiant.
Il est enfin d’autres oiseaux qui produisent des sons avec leurs ailes. Le fait peut être constaté chez les bécassines, au moment de la reproduction. Le mâle s’élance, s'élève dans les airs, obliquement d’abord, puis en décrivant une spirale allongée, et si haut que l'œil a peine à le suivre. A cette hauteur, il décrit des cercles, puis, les ailes étendues, immobiles, il se laisse tomber verticalement ; il descend, il remonte en décrivant une ligne ondulée, et avec tant de force, que les extrémités de ses grandes remiges en vibrent et produisent un son singulier, tremblé, qui ressemble beaucoup au bêlement d'une chèvre. Revenu dans les hautes régions, il recommence à tourner en cercle pour décrire de nouveau une seconde ligne ondulée, en produisant le même bruit. Ce manège se continue sans interruption pendant un quart d'heure ou une demi-heure ; quant au bruit qui l'accompagne, il dure environ deux secondes et se répète à des intervalles de six à huit secondes ; plus tard, quand les forces commencent à diminuer, à des intervalles de vingt à vingt-cinq secondes. On pourrait rendre ce bruit par les syllabes doudoudoudoudoudoudou prononcées aussi vite que possible. Le mâle se livre à ces exercices le matin et le soir, et même pendant le jour, quand le ciel est parfaitement pur, l'air tranquille ; on peut alors, si l’on est doué d’une bonne vue, voir les vibrations de l'extrémité des ailes, et reconnaître que c’est là la seule cause de ces bruits. (Naumann).
Disons en passant quelques mots sur les autres chanteurs de la nature. Bien que leur chant ne soit pas toujours très harmonieux, nous ne pouvons les passer sous silence.
On ne peut nier, en effet, que les coassements des grenouilles, surtout les soirs d'été ne contribuent pour une large part aux bruits de la nature.
La grenouille verte est celle dont le chant est le plus compliqué, et donnera certainement du fil à retordre au musicien qui tentera de le noter. Son coassement est tantôt une sorte de ricanement que l’on peut exprimer par brekeke, tantôt une exclamation sur deux notes exprimant le mot koaar.
La grenouille rousse se contente de faire entendre un coassement sourd et plus prolongé. A. de l'Isle le rend par les mots rrouou, grouou, ourrou, rrououou, et Schiff par ouorrr, ouorr. Quant à l’alyte accoucheur, si commun aux ervirons de Paris, son chant se compose d’une seule note isolée, faible, brève, douce et flütée. Mais cette note diffère suivant l’âge et la taille de l’animal, de telle sorte que, lorsqu'on les entend tous ensemble, on croirait que le chant de chacun est composé de
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plusieurs notes. Offroy a noté ainsi l'effet produit sur son creille par quelques-uns de ces chanteurs :
Ces notes doivent être sifflées doucement, nettement attaquées et brèves.
Les alytes poussent leurs clock, clock d'avril au commencement de septembre.
Le chant de la gentille rainette verte n’est pas à la hauteur de son habillement ; il ressemble à une meute de chiens qui aboïent au loin: ses krac, krac, krac ou carac, carac, carac sont, en somme, peu harmonieux. C’est, heureusement pour nos oreilles, le mâle seul qui chante. Félicitons-nous aussi que le crapaud ne chante guère qu'au moment de la ponte, car ses’ crrraa, crrraa, quera, quera plaintifs sont peu agréables.
Les oiseaux et les grenouilles chantent avec leur gosier. Les insectes, eux, produisent des sons d’une façon plus simple en frottant deux parties dures et rugueuses de leur corps.
Ce ne sont pas des chanteurs, mais des musiciens : nous y reviendrons dans le chapitre suivant.