‹ Les animaux excentriquesChapitre 53 sur 102 · RASE TOR ST · texte numérisé non relu

RASE TOR ST

Fig. 121, — La viscache.

Animal dont on voit souvent la fourrure sous un nom plus ronflant. A part cela, c'est un mineur acharné qui bouleverse les champs et collectionne dans son terrier toutes sortes d'objets des plus disparates.

Tous les observateurs s’accordent à dire que ces animaux savent parfaitement trouver leur vie dans les contrées arides et sauvages qu'ils habitent, et qu’ils distraient et égayent l’homme qui ose se hasarder dans ces régions désertes.

On ne sait rien de positif au sujet de leur reproduction, quoique l’on trouve à toutes les époques de l’année des femelles pleines. On ignore combien de fois elles mettent bas. Au dire des indigènes, les portées sont de quatre à six petiis, qui vivent indépendants aussitôt qu’ils peuvent quitter la crevasse où ils sont nés. À partir de ce moment, la mère ne paraît plus s’inquiéter d’eux.

Autrefois les chinchillas se trouvaient très abondants à une hauteur bien moindre que celle où ils vivent aujourd’hui ; mais les poursuites continuelles auxquelles ils sont en butte à cause de leur fourrure leur ont fait gagner des zones plus élevées. Depuis les temps les plus reculés, les moyens que l’on emploie pour leur faire la chasse ont peu varié. Les Européens se servent à la vérité de fusils ou d’arbalètes ; mais ce procédé n’est pas le meilleur, car si l'animal n'est pas tué sur le coup, il

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disparait dans un trou et est perdu pour le chasseur. Les Indiens ont un meilleur procédé de chasse. Ils établissent des collets devant toutes les crevasses qu’ils peuvent atteindre et les visitent le matin pour ramasser les chinchillas qui y sont retenus. Ils en prennent de la sorte plusieurs douzaines à la fois. On leur fait, en outre, la même chasse qu’au lapin en Europe. Les Indiens apprivoisent à cet effet la belette du Pérou (Mustela agilis) qu'ils emploient comme nous employons le furet ; l'animal est dressé à pénétrer dans les terriers et à en rapporter les chinchillas qu’il y a rencontrés et égorgés.

La fourrure du chinchilla sert à faire en Europe des bonnets, des manchons, des bordures de vêtements. De 1828 à 1839, il s’en est vendu 18000 à Londres. La peau du chinchilla vulgaire vaut de 15 à 22 francs la douzaine ; celle du chinchilla laineux alteint de 56 à 75 francs la douzaine.

Comme succédané du chinchilla, on emploie la fourrure de la viscache (Lagostomus trichodactylus) (fig. x21), qui a bien moins de valeur. Ce rongeur vit sur le versant oriental des Andes ; on le détruit surtout Parce que c’est un animal nuisible qui mine les champs.

Londres est le principal marché de fourrures : en 1892, On y a importé pour plus de 43 millions de francs. Les peaux sont vendues à jour fixe et aux enchères, par les soins d’un certain nombre de maisons, en janvier, Mars, juin etoctobre. Les fourreurs de tous les pays viennent s’y approvisionner. Les prix varient beaucoup d’une année à l’autre; la mode les fait parfois augmenter de 79 et même de 100 P. 100.

Un autre marché important se tient à Copenhague où l’on trouve surtout des ours blancs et des renards.

Beaucoup de peaux sont ensuite expédiées à Paris où nos fourreurs sont passés maitres dans l’art d'en faire des vêtements de femmes. La France exporte pour 15 millions de fourrures montées, et cette suprématie s'affirme tous les ans.

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