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rité ; et elles montent de la mer aux rivières par un procédé si spécial qu'il est très difficile de tracer leur route.
L’Inconxu. — Le problème de la reproduction du protée, comme celui de l’anguille commune, est encore à résoudre. Cependant les ovaires ont été découverts dans les animaux des deux espèces, et, dans ce cas comme dans tout autre appartenant à l’ordre existant des chiffres, on a pu faire l'application du principe de Harvey: Omne vivum ex ovo.
EuBaTRÈs. — Vous disiez tout à l'heure que cet animal avait été depuis longtemps pour vous un objet de recherches. L’avez-vous étudié en qualité d’anatomiste cherchant par l’anatomie comparée à résoudre le problème de sa procréation ?
L’Ixconxu. — Non. Cette recherche a été faite par des savants beaucoup plus capables de la faire que moi ; entre autres par Schreibers et Configliachi ; mes recherches ont eu plutôt pour but son mode de respiration et les changements occasionnés dans l’eau par ses branchies.
EuBATHÈs, — J'espère que vos études ont eu pour vous des résultats satisfaisants ?
* L’Inconxu. — Au moins ai-je obtenu la preuve que non seulement l’oxygène était dissous dans l’eau, mais encore qu’une partie de l’azote était absorbée dans la respiration de l’animal.
Eusarnës. — De sorte que vos recherches vous font partager les opinions d'Alexandre de Humboldt et des savants français, savoir que, dans la respiration des animaux qui séparent l'air de l’eau, les deux principes de l'air sont absorbés ?
PuiLarétTuès. — J'ai entendu tant d'opinions variées sur la nature de la fonction de la respiration, soit pendant mes années d’études, soit depuis, que je serais charmé moimême de savoir quelle est la doctrine définitive sur ce sujet. Je ne puis, sur ce point, m'en rapporter à une autorité meilleure que la vôtre, et c’est une raison pour moi de désirer obtenir quelques nouveaux éclaircissements à cet égard d’autant plus que je me suis trouvé, comme vous le savez, personnellement soumis à cette expérience, à laquelle j'aurais assurément succombé sans votre bon et effectif secours.
L’Incoxnu. — Je vous transmettrai avec le plus grand plaisir ce que je sais; malheureusement, c’est bien peu de chose. Dans la science de la matière inanimée, dans la physique et la chimie, nous possédons un certain nombre de faits et, de plus, quelques principes, quelques lois déjà déterminées ; mais là où il s’agit des fonctions de la vie, quoique les faits soient nombreux, à peine avons-nous, même à notre époque, le commencement de la connaissance des lois générales. De sorte que dans la vraie science on finit par où l’on commence, c’est-à-dire en déclarant son ignorance complète.
Le protée est pourvu de petites pattes qui servent — très peu — à la locomotion. Imaginez que ces pattes disparaissent et vous aurez les épicriums et les cécilies qui vivent dans la terre à la manière des vers de terre, dont ils ont épousé la forme.
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