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ces oiseaux est très intéressante, il est agréable de comparer et de distinguer les différentes espèces qui croisent sur nos côtes. La chasse au bord de la mer demande plus d'endurance que la chasse en plaine. Elle offre aussi plus d’imprévu et c’est l’imprévu qui passionne le chasseur de sauvagine.
Quand un de leurs camarades est blessé, ils viennent tournoyer autour de lui, ce qui a fait supposer qu'ils avaient l'intention de l’achever ou d’attendre sa mort pour le dévorer. Il n’en est rien, car ils finissent toujours par s’en aller en laissant intact leur compagnon mort ou blessé, convaincus, sans doute, que leur présence n’est d'aucune utilité. Au point de vue culinaire, la chair des mouettes et des goélands est peu savoureuse, assez coriace et un peu huileuse : néanmoins, lorsqu'elle est bien apprêtée, on peut encore en tirer un bon parti. Les jeunes — les « grisards» comme on les appelle — sont particulièrement bons, surtout quand ils sont préparés comme les macreuses, écorchés et en civet ; les grands goélands « les margas » sont plus coriaces.
Les goélands et les mouettes s’éloignent peu des côtes. Les uns sont sédentaires, les autres seulement de passage. Leur vol, tantôt lent, tantôt rapide, leur permet de parcourir neuf cents mètres par minute; ce qui fait du cinquante-quatre à l'heure, de quoi faire rêver un bicycliste. Lorsqu'ils sont par trop fatigués, ils se reposent sur l’eau, où ils flottent avec une grande légèreté et où leur manteau blanc tranche agréablement sur le vert de l’onde amère.
Ils nidifient dans les côtes désertes et, à cet effet, creusent une excavation dans le sol et la tapissent de différents matériaux grossiers, brindilles de plantes, lichens, mousses, varechs, etc. Le mâle protège la femelle pendant toute la durée de la couvaison. Comme les oiseaux nichent souvent très près les uns des autres, ils se solidarisent souvent pour repousser l’intrus qui vient les déranger.
Voici une observation faite par un naturaliste dans une île habitée par des centaines d'individus de ces deux espèces.
« Les nids se trouvaient sur les terres marécageuses. Quelques-uns étaient faits avec beaucoup de soin et garnis de petites nattes, tandis que d’autres étaient construits avec plus de négligence. Les couvées étaient de trois œufs, grands, à la coquille épaisse, granuleuse, mate, marquée, sur un fond grisätre, de petites taches et de petits points bruns ou d’un cendré olivâtre et brun foncé. Ges œufs étaient gardés avec une inquiète sollicitude par les deux parents. Des clameurs inouïes s’élevèrent au moment où j'entrai dans l’île. Ceux des oiseaux qui étaient à ce moment occupés à couver ne bougèrent pas, et me laissèrent approcher à quelques pas, comme s'ils avaient espéré que ceux qui étaient chargés de la garde auraient le pouvoir de me faire reculer. D’autres d’entre eux s'étaient levés avec des cris perçants et m’environnèrent de très près, fondant sans cesse sur moi, puis s’élevant de nouveau pour se livrer à une nouvelle attaque. »
Les goélands sont très voisins des mouettes par leurs caractères et il existe même de nombreuses formes de passage entre les deux; néanmoïins on reconnaît ces
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dernières à ce que leurs yeux noirs sont étroitement cerclés d’un iris brun sombre à tous les âges ; leur taille est aussi inférieure à celle des goélands et leur bec plus fin et plus mince.
Le plus grand des goélands est le goéland à manteau gris ou goéland bourgmestre, dont la taille atteint de 0,69 à 0",72 avec une envergure de deux mètres. Il est assez rare et se rencontre dans le Nord. Le goéland à manteau noir, dont la taille est de o",37, est beaucoup plus commun. En été, la tête et le cou sont d'un blanc pur, tandis que le dessus du corps est noir velouté. Son bec est jaune, les paupières rouges et les pieds de couleur chair pâle bleutée. Les jeunes sont grivelés de brun sur fond blanc sale, mais ne constituent pas une espèce distincte comme on le croit généralement. Les goélands nichent en mai et en juin dans un nid fait avec des brins d'herbe et où ils déposent deux ou trois œufs gris verdàtre. Leurs qua! qua ! qua ! sont très désagréables et moqueurs. Chose curieuse, quand deux goélands sont blessés en même temps, ils se battent entre eux jusqu’à ce que mort s'ensuive: il est probable que chacun d’eux s’imagine que l’autre est l’auteur de ses blessures. Le goéland brun est ainsi nommé... parce qu’il n’est jamais brun. Tout le corps est blanc sauf le dos qui est ardoiïsé, avec des taches blanches. Le bec est jaune et les pieds de même couleur. On le reconnaît à ce que les ailes sont blanches à la jointure de l'épaule. Il estcommun sur les plages à l’époque des bains de mer. Son cri peut se traduire par Ah! Ah! Ah!; son nid est fait de mauvaises herbes et de plantes marines desséchées.
Le goéland à manteau bleu ou argenté, d’après la description de M. Ternier, est de taille intermédiaire entre les deux espèces dont nous venons de parier, c’est-àdire plus gros qu’un canard sauvage. Le goéland à manteau bleu ou goéland argenté a, en été, la tête et le cou d’un blanc pur. Le bec est jaune, avec l'angle de la mandibule inférieure rouge-vif. L’iris est jaune clair et donne à l'oiseau le regard de l'oiseau de proie. Le manteau est bleu-cendré clair, la queue blanche. Tous le dessous du corps est blanc. Les ailes sont pareilles au manteau, avec les grandes pennes noires, lisérées et quelquefois tachetées de blanc. Les pieds sont couleur chair livide ou jaune pur, cette dernière couleur s’observant plus rarement en hiver; la tête et le cou se couvrent de lignes brunes. Les jeunes, comme ceux des espèces précédentes, sont entièrement grivelés de brun et de blanc, mais ils sont plus clairs, ont l'aspect plus blanchâtre et leur dos prend rapidement une teinte bleuâtre. Le goéland à manteau bleu adulte est un des plus jolis de la famille. La délicatesse de ton de son manteau mauve, la blancheur immaculée de son plastron, lui donnent un air de propreté et de coquetterie que ne dépare pas la fierté du regard tenant de celui du rapace.
Ce goéland est très agressif; quand il est blessé, il se défend avec plus d’acharnement que les autres oiseaux de mer. C’est un terrible destructeur d'œufs. Dans les pays où il niche, il devient un véritable fléau pour les oiseaux qui couvent dans le voisinage. Ilse reproduit dans le Nord de l’Europe, en Angleterre, en France, sur les côtes de la Manche et de l'Océan. Il pond, soit à terre, dans le gazon, soit dans les anfractuosités des rochers inaccessibles, deux ou trois œufs brun-olive ou brun-
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roussâtre tachetés. On le rencontre sur toutes nos côtes de France, au Nord, à l'Ouest et sur la Méditerranée, où il descend en hiver. On lui donne les noms de gros margas, miaulard, goéland à manteau gris, grande mauve. Les Anglais le nomment herring-gull ou goéland des harengs. Son cri est hiane! hiane! hiane ! C'est le cri qu'il profère en volant. Son cri d'alarme est ki iok! très sifflé d’abord et traînant à la dernière syllabe.
Le goéland cendré, qui n’est autre que le margadon des côtes normandes et la grande miaule de Picardie, fait la transition entre les goélands proprement dits et les mouettes. Son bec le rapproche des premiers, tandis que ses yeux noirs l’en éloignent. En hiver, ses pieds sont bleus. Il arrive sur nos côtes en août.
Nous arrivons ainsi insensiblement aux mouettes, si communes sur nos côtes et dont l'espèce la plus fréquente a reçu le nom de mouette rieuse, parce que son cri ressemble sinon à un rire, du moins à un ricanement. On l’appelle encore miaule ou mouette à capuchon ; en Normandie, ce sont des étaillets et, en Picardie, des poverets.
Comme toutes leurs congénères, les mouettes, aussi bien les mâles que les femelles, possèdent en été un capuchon noir qui enveloppe toute la tête et descend le long du cou. En hiver, ce capuchon disparaît : la tête et le cou redeviennent blancs comme tout le reste du corps, à l'exception de la région dorsale qui est griscendré. +
Ces mouettes ne fréquentent nos côtes maritimes et nos lacs que pendant la saison chaude; en octobre et en novembre, elles nous quittent pour aller passer l'hiver dans les régions tempérées. Brehm a rassemblé sur elles d’intéressants documents que nous allons résumer.
Quand les glaces disparaissent, la mouette rieuse retourne dans nos régions, et dans les années favorables on la revoit déjà en mars ; mais en général, elle attend jusqu'aux premiers jours d'avril. Les vieux qui se sont déjà reproduits reviennent appariés et se mettent presque aussitôt à construire leur nid, tandis que les jeunes semblent seulement se former en couples après leur retour, et que ceux qui sont encore incapables de se reproduire errent dans la campagne. La mouette rieuse ne recherche et n’habite la mer que pendant l'hiver; il est rare de la voir s'établir sur les falaises ou sur une île pour faire ses pontes. Les eaux douces entourées de champs sont ses lieux de résidence favoris; elle y trouve tout ce dont elle a besoin pour vivre.
On compte la rieuse parmi les beaux oiseaux de mer, surtout au moment où elle porte sa livrée nuptiale. Ses mouvements sont singulièrement gracieux, souples et légers ; elle marche vite et longtemps; elle suit des heures entières les laboureurs, ou s’occupe à poursuivre des insectes sur les prairies ou sur les champs ; elle nage très gracieusement, sinon très rapidement; elle s’enlève avec la même facilité, qu’elle soit à terre ou sur l’eau, et vole avec souplesse et agilité, en d’autres termes avec la plus grande aisance, et sans aucun effort, en décrivant dans les airs les courbes les plus capricieuses.
COUPIN, — ANIM. EXCENTR. 2 à 29
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Les mœurs de la rieuse sont intéressantes. C’est avec raison qu’on la considère comme un oiseau prudent et même un peu méfiant, quoiqu'’elle vive volontiers dans le voisinage immédiat de l’homme, dont elle cherche à deviner les intentions à son égard, pour régler sa manière d’agir. Dans les petites villes de Suisse, et dans toutes les localités du sud de l’Europe qui ne sont pas éloignées de la mer, on la considère comme un oiseau à peu près domestique. Elle rôde tout autour des personnes sans aucun souci, car elle sait que nul ne lui fera du mal; maiselle devient méfiante lorsqu'elle a été l’objet de quelque attaque, et n'oublie pas de sitôt une tracasserie. Elle vit dans les meilleurs rapports avec ses pareilles, quoique la jalousie et la férocité soient les traits dominants de sa nature. Il y a entre les rieuses un tel accord que le proverbe qui dit qu’ «une corneille n’arrache pas les yeux à une autre » peut aussi s'appliquer à elles. Elles n’aiment guère à avoir de rapport avec les autres oiseaux : elles évitent autant qu’elles peuvent leur société et attaquent de concert ceux qui s’approchent, espérant ainsi les faire fuir. Quand la rieuse habite une même île avec d’autres espèces du même groupe, elle se précipite presque avec fureur sur ses congénères qui s’approchent de son domaine, et qui l’accueillent à peu près de la même façon. La rieuse met au même rang de ses ennemis les oiseaux de proie, les corbeaux, les corneilles, les hérons, les cigognes, les canards et autres inoffensifs habitants des eaux, surtout quand ils ont l’audace de s'approcher de son nid.
La voix des mouettes rieuses est si désagréable, qu’on s'explique le nom de corneilles de mer qu’on leur donne quelquefois. Un son criard : kriah est Leur appel; leur conversation se fait en ekk ou scherr; l'expression de la colère est un cri perçant : kerreckeked, ou un son rauque : girr, suivi d'un kriah.
Les mouettes font des insectes et des petits poissons leur principale nourriture, mais elles ne dédaignent cependant pas les petits rongeurs. Elles s'emparent des insectes sur la terre ét sur l’eau, les saisissent aussi sur les feuilles et les attrapent au vol; elles sont occupées des heures entières à leur faire la chasse dans les champs et les prairies ; elles suivent le laboureur absolument comme le font les corneilles :
Elles s'emparent des petits poissons, soit en plongeant brusquement, soit en rasant la surface de l’eau; elles usent du premier procédé sur la mer, et de l’autre sur les lacs et les fleuves. Cet oiseau nourrit ses petits presque exclusivement d’insectes. Malgré sa faiblesse, il s’attaque à des animaux de grande taille, quand ils viennent s'offrir en butin, et réduit adroitement de forts morceaux de viande en petits fragments proportionnés à son œsophage. Quoiqu'il fasse f. des matières végétales, il s’habitue bientôt au pain et finit par le manger avec un plaisir manifeste. Il chasse pendant toute la journée, se repose un instant et se remet à voltiger. Il quitte les lacs pour aller chercher sur les prés et les pâturages de quoi satisfaire son appétit, puis il retourne vers l’eau pour y boire et s’y baigner; sa digestion faite, il recommence sa chasse.
La saison de la ponte commence à la fin d'avril. La colonie d'oiseaux, d’abord turbulente, a fini par s’apaiser après des querelles nombreuses pour le choix des
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places. On ne voit jamais les mouettes rieuses nicher isolées, rarement en petite société, car d'habitude elles se trouvent en bandes composées de centaines et de milliers d'individus qui s’entassent autant que possible sur un petit espace. Les nids sont placés sur de petites touffes de roseaux ou de joncs au milieu d’eaux tranquilles ou de marais; ils sont formés de petits brins de joncs ou d’amas de petits roseaux, quelquefois dans les marais, au milieu de l'herbe, mais toujours dans les endroits difficilement accessibles. Les oiseaux commencent par entasser de petites touffes d'herbes ou de roseaux, ils y ajoutent des joncs, des laiches, des fétus de paille, et achèvent enfin la cavité. Au commencement de maï, chaque nid contient des œufs au nombre de trois à cinq. Ces œufs sont suffisamment gros, marqués, sur un fond d’un vert tendre, de petites taches et de points gris-cendré tirant sur le rouge ou d’un brun foncé; du reste, ils varient quelquefois de forme et de couleur.
Les petits éclosent après une incubation de dix-huit jours, et au bout de trois à quatre semaines ils sont assez forts pour prendre leur essor. Quand le nid est entouré d’eau, ils ne le quittent pas les premiers jours, tandis que, dans les petites îles, ils aiment à sortir pour aller rôder sur la terre ferme; lorsqu'ils sont âgés de huit jours, ils commencent même à s’aventurer dans l’eau; dans la seconde semaine, ils voltigent déjà tout autour, et à la troisième ils sont à peu près indépendants.
Les vieux sont continuellement occupés à prévenir les dangers qui menacent leurs petits. Tout oiseau de proie qui se montre dans le lointain, toute corneille, tout héron cause une agitation dans la colonie; il s'élève aussitôt d’épouvantables clameurs; les couveurs eux-mêmes abandonnent leurs œufs; on voit s’élancer d'épaisses phalanges qui fondent sur leur ennemi et usent de tous les moyens pour l'éloigner. Ces oiseaux attaquent bravement le chien ou le renard et entourent de très près tout homme qui s'approche; en même temps, ils crient de toutes leurs forces, au point qu'il faut réellement être doué d’un certain courage pour supporter leurs clameurs. Ils poursuivent avec acharnement le fuyard, et ce n’est que peu à peu que se rétablissent une tranquillité et un silence relatifs. Les mouettes rieuses sont charmantes en captivité, surtout quand on les élève après les avoir prises jeunes dans leur nid. On les nourrit surtout de viande ou de poisson; mais on peut les habituer à manger du pain, de sorte que leur entretien n’est réellement pas coûteux. Si l’on commence par s'occuper d'elles, elles deviennent bientôt d’une douceur remarquable, suivent avec la facilité d’un chien celui qui les nourrit, le saluent joyeusement à son approche, et l’accompagnent en volant à travers les cours et les jardins, et même jusque dans la campagne. Ces petits prisonniers ne quittent pas avant la fin de l'automne la demeure qu’on leur a assignée ; ils s’éloignent bien de temps en temps et se promènent dans les environs à des distances de plusieurs lieues, mais ils reviennent toujours exactement, surtout quand on les a habitués à prendre leur repas à une certaine heure. S'il leur arrive de rencontrer des oiseaux de la même espèce, ils cherchent à les emmener avec eux et savent si bien endormir leur méfiance, que les individus indépendants semblent abandonner toute timidité
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vis-à-vis de l’homme et s'arrêtent au moins pendant quelque temps dans la demeure de leur congénère, puis regagnent tranquillement la leur. ; |
M. Ternier a donné de ces mêmes animaux une description saisissante : À la marée basse, raconte-t-il, elles affectionnent lés endroits de la plage où une dépression a formé une lagune vaseuse. C’est dans la vase molle qu'elles paraissent chercher de préférence leur nourriture, mais avec quelle précaution pour ne point souiller la blancheur de leur jabot! Elles vont et viennent d’un vol moelleux et lent au-dessus de cet espace fangeux, se posant à peine un instant, effleurant le plus souvent le sol pour s’éleyer ensuite et reprendre leur course capricieuse. À marée haute, elles n’abandonnent pas la contrée, elles suivent le bord de la plage et croisent dans les airs jusqu'à ce que la mer, en se retirant, leur permette de recommencer leurs gracieuses évolutions au-dessus de la grève abandonnée par les flots.
Je ne connais rien de plus charmant que les jeunes mouettes rieuses. Leurs veux noirs et doux, leur bec fin et élégant, de longueur voulue à raison de la iête, l'harmonie de leurs formes, de dimensions bien proportionnées, m'ont toujours séduit. Comparez le corps de la mouette à celui du pigeon et jugez : l'élégance de la première ne saurait être méconnue ; la mouette a les pattes assez élevées, le pigeon est bas sur ses appuis ; il est trapu, elle est élancée ! Ces mouettes ne sont que plumes, et bien quelles paraissent atteindre la taille d'un ramier, elles sont loin d’avoir le même poids. Elles ne pèsent rien. Toujours maigres, elles ne sont qu'ailes et duvet. Les adultes, avec leur capuchon, me paraissent moins séduisants ; mais à leur passage, ils m'amusent. Quand ils viennent de prendre cette livrée qui semble les gèner et que plusieurs couples s’abattent sur la grève, j'ai toujours, malgré moi, pensé à une noce, à une bande de jeunes fous. Se bousculant en riant, se posant à peine au même endroit, pressées de retourner aux endroits où elles nichent, les mouettes rieuses, à leur premier passage, m'ont paru ne faire qu’une halte sur nos côtes. Leur cri, qui à l’autnmne n’est pas trop criard, est, au printemps, assez désagréable.
A côté de la mouette rieuse, il convient de citer quelques espèces plus rares et entre autres la mouette tridactyle (dont la ponte est rudimentaire), la mouette atricille, la mouette mélanocéphale, la mouette pygmée (dont la taille est celle de la tourterelle), et la mouette de saline.
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Les goélands et les mouettes sont de bons voiliers, mais ce n’est rien en comparaison des hirondelles de mer qui, elles, ne se posent presque jamais. Il suffit d’ailleurs de les voir pour se rendre compte qu’elles sont faites pour ‘endre les airs comme les gentilles messagères du printemps auxquelles on les a si justement comparées. Le corps élancé, les ailes très longues, étroites, maigres, la queue d’une longueur moyenne, plus ou moins fourchue, le plumage lisse et serré, tout indique des animaux robustes et effilés de manière à donner le moins de prise possible au vent. Le bec est ordinairement aussi long que la tête, dur, droit, quelquefois à crête dorsale légèrement convexe.