OISEAUX DE TEMPÈTES SIA
Les hirondelles de mer se rencontrent sur la plupart de nos côtes, elles émigrent en suivant ordinairement les cours d’eau. Toute la journée elles sont en mouvement, en volant au-dessus de la mer, où on admire leur élégance. Si elles viennent à se poser, ce qui est rare, elles sont moins gracieuses, leur queue étant plus élevée que la tête et celle-ci semblant rentrer dans les épaules ; elles marchent d’ailleurs fort mal, en sautillant. Tout aussi rarement elles se posent sur la mer, où elles flottent comme des bouchons, leurs pattes, incomplètement palmées, ne leur permettant pas de nager très vite ; aussi n’utilisent-elles presque jamais ce mode de locomotion. Par contre, leur vol est aussi adroit et aussi rapide que celui de l’hirondelle, D'une agilité prodigieuse, elles battent des ailes lentement et décrivent une ligne ondulée. Puis, tout à coup, elles battent des ailes rapidement et filent en ligne droite comme une flèche. Quand le temps est heau, elles se jouent dans l'air en cercles gracieux, rasant les vagues sans les toucher. Parfois, on les voit s'élever, puis fermer tout à coup les ailes et se laisser choir dans la mer, où elles plongent pour en sortir presque aussitôt. C’est d’ailleurs là un cas assez peu fréquent, car les hirondelles de mer se nourrissent surtout de proies vivant dans les airs ou à la surface de la mer. Leur voix est criarde ; leurs kriaeh ! kriaeh ! sont même très désagréables. Leur taille varie entre trente et cinquante centimètres et leurs teintes sont ordinairement gris de plomb clair, noires ou blanches.
Ce sont des animaux sociables ne se séparant même pas de leurs congénères pendant la couvaison. Quand l’une d'elles est blessée, toutes les autres viennent la visiter avec ackarnement, « bavolent » au-dessus d'elles, sans se préoccuper des coups de fusil du chasseur qui, à sa grande joie, peut ainsi détruire toute une compagnie.
« Le mâle et la femelle d’un même couple, dit Brehm, ont l’un pour l’autre beaucoup d’attachement : ils témoignent une grande affection à leur progéniture, et s’'exposent pour elle à des dangers qu'ils fuient en toute autre circonstance. S'ils forment, pour nicher, des sociétés nombreuses, c'est probablement parce qu'ils ont conscience de pouvoir mieux résister à leurs ennemis en réunissant leurs forces qu'en agissant isolément. »
Quelques semaines avant la ponte, les hirondelles de mer se rassernblent dans les endroits où elles nichent. En général, elles reviennent tous les ans dans le même lieu. Celles qui habitent la mer choisissent un banc de sable, une île découverte, un banc de madrépores, une forêt de mangliers ; celles qui vivent dans l'intérieur des terres recherchent des conditions analogues, ou se fixent dans les lacs et les marais. D'ordinaire, chaque espèce forme des colonies séparées ; quelquefois, mais exceptionnellement, un couple niche seul ou en compagnie d’autres oiseaux aquatiques. Celles qui habitent les marais construisent un nid. Quant aux autres, on ne saurait donner le nom de nid à la faible dépression qu'elles creusent pour y déposer leurs œufs.
Les premières établissent leurs nids à une certaine distance les uns des autres ; les secondes les rapprochent au point que, en couvant, les oiseaux couvrent littéralement le rivage, et qu'ils sont obligés de se tourner tous dans le même sens pour ne