LES ANIMAUX QUI ONT LA VIE DURE
leur abdomen, se promènent et transportent les nymphes, tout en veillant aux soins de la fourmilière.
D'autres animaux sont remarquables par leur résistance à la privation d’aliments : ainsi les punaises, chacun le sait trop, peuvent rester plusieurs mois sans nourriture. De même les grosses sangsues, dans les étangs, ne mangent que lorsque le hasard amène, dans leur voisinage, des animaux à sang chaud, des chevaux par exemple. Enfin, la résistance au manque de nourriture devient normale chez les animaux hibernants : les marmottes, les loirs, etc., restent pendant tout l'hiver endormis et, bien entendu, sans prendre la moindre parcelle de victuailles.
D'autres résistent à la soif. Tous les animaux du désert y sont admirablement adaptés. Il en est même qui ne boivent jamais :
toute l’eau nécessaire à leur existence vient des plantes — cependant peu aqueuses — qu'ils mangent. Les tortues sont aussi remarquables sous le même rapport : il est vrai que leur vessie constitue pour elles un vaste réservoir de
Fig. 214. — Un groupe sympathique d'animaux liquide qui peut sans doute être reviviscents vus au microscope. NAN ARE A. Rotifères. AE
B. Tartigrades. La résistance à la sécheresse
atteint son apogée chez les animaux dits reviviscents (fig. 214), parmi lesquels il faut compter les tardigrades et les rotifères. Quand la mousse où ils vivent vient à se dessécher, ils s'engourdissent et restent ainsi pendant plusieurs années. Ils ne reviennent à la vie active que lors-— qu'on leur procure de l'humidité.
Très remarquable aussi est la résistance au froid des poissons et, en général, de tous les animaux aquatiques. Ils peuvent rester plusieurs semaines gelés dans un bloc de glace sans mourir. M. Pictet en a soumis à des froids de — 20° sans les voir périr. Des grenouilles ont supporté — 28° et des escargots — 130° |
La résistance au chaud est beaucoup moins considérable : on a vu cependant des cobayes résister cinq minutes à 100° et des pigeons six minutes à 90°. Mais ce
sont là des limites extrêmes, du moins pour les animaux élevés en organisation. On
sait, en effet, que les microbes — que certains. naturalistes font rentrer dans le régime animal — présentent parfois une grande résistance à la chaleur, surtout lorsqu'ils sont à l'état de « spores » : il en est qui résistent de longues heures dans de l’eau en ébullition et même dans de la vapeur d’eau surchauffée.