‹ Les animaux excentriquesChapitre 95 sur 102 · PR NS OT · texte numérisé non relu

PR NS OT

pirs de terreur. Dans les mêmes circonstances, la gazelle est comme paralysée par la frayeur et court autour du cadavre avec un bêlement d’anxiété.

Tout le monde sait que les oiseaux, dits « inséparables » ne survivent que rarement à la mort de leur conjoint. D’autres oiseaux témoignent, en pareil cas, d'une grande sensibilité : on cite, à cet égard, l’hirondelle, l’oiseau-mouche, le colin de Californie. Au sujet de cette dernière espèce, M. Achille Comte rapporte l'histoire d'une coline qui mourut parce qu'on lui enlevait ses œufs au fur et à mesure qu'elle les pondait. « Le mâle allait et venait, et poussait des cris qui me faisaient pitié. Je me hâtai d'enlever le cadavre ; cependant le mâle ne cessait de répéter ses kaw, kaw, kaw. Il ne les interrompit que vers midi. Je m'approchai de lui et le trouvai haletant, étendu à terre. Je le pris et voulus le rappeler à la vie : peine inutile ; quelques heures après, il périssait aussi ».

Page 1