‹ Les années de captivité de BeethovenChapitre 2 sur 32 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

sur Honoré Daumier, Barye, Donatello, Raffaëll, Jean Carriès, Monet, sans compter une grande quantité de préfaces — vous en avez fait vous aussi — d’histoires de l’art et de numéros spéciaux de revues, consacrés à Puvis de Chavannes, à Toulouse-Lautrec, à Rodin, à Jeanniot, à Zuloaga, etc. Mais vous avez voulu parfois vous distraire de cette tâche, grâce à laquelle vous avez édifié une œuvre considérable où votre sincérité, votre bonne foi et votre goût éclatent à chaque page. C’est ainsi que vous avez écrit des romans, dont vous avez publié quelques-uns et, entre autres, Bertha et Roda, auquel une curieuse donnée et une forme personnelle assurèrent une renommée choisie. Et combien il serait injuste d'oublier les livres clairs et colorés que vous avez dédiés aux petits enfants et dont les seuls titres semblent sonner l'heure de la récréation : Dansons la capucine, Pihépikécomegram, Les Fées en train de plaisir, Les Compagnons de la Marjolaine. De ces soins charmants et puérils, voulez-vous que nous passions, sans transition, à votre carrière administrative ? Il serait permis de supposer, étant donné que vous n'avez jamais encouru de vos chefs le moindre reproche, que vous avez toujours été un fonctionnaire ponctuel et sans initiative. Eh bien ! cette supposition serait vaine, car, conservateur du Palais de Compiègne, vous en avez remanié de fond en comble et enrichi les collections, et, nommé inspecteur général des musées des départements, vous avez apporté dans cette mission des méthodes d'activité inédites.

Je ne crains point d’affirmer la parfaite exactitude de ce rapide curriculum vite. Je juge convenable, d’ailleurs, de vous indiquer mes sources, cette révélation dût-elle vous laisser pantois. Figurez-vous que j’ai retrouvé, dans un de nos dossiers du Figaro, un feuillet manuscrit, signé Arsène Alexandre, qui porte, en tête, cette indication : « Notes pour ma nécrologie ». Ne m'en veuillez pas, mon cher ami, si j'en ai fait un usage un peu gai.

Robert DE FLERS de l’Académie Française.

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