‹ Les années de captivité de BeethovenChapitre 22 sur 32 · SU A · texte numérisé non relu

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cratique personnage, nous apprend un médisant, «fait un grand commerce des vins de Voslauer ».

De l'avocat Bach, ainsi que du légiste Oliva, nous avons déjà parlé. Joignons-y l'écrivain Kanne. Tous trois sont renseignés sur les choses du jour et sur les événements musicaux. Il y aurait pour la critique encore bien des choses à glaner avec ceux-ci de la vie artistique et littéraire à Vienne, en ces années 1819 et 1827. Mais rien qui désormais se rapporte pour nous assez directement à Beethoven, sauf par Oliva, des détails sur le fils de Mozart «extrêmement vaniteux », qui aura une grande peine à se faire une place dans les pianistes et qui «se serait honoré en cherchant à se rapprocher du maître ».

Parmi les musiciens encore, visiteurs occasionnels, Kühlau, qui outre ses libations et le canon par lui inspiré nous intéresse en ce sens qu'il fit ou dit avoir fait une grande propagande pour Beethoven en dirigeant ses œuvres à Pétersbourg « devant quatre mille personnes » ;

Moschelès, qui servit assez utilement la mémoire du compositeur, comme exécutant et biographe, maïs ne dit pas grand’'chose de remarquable dans ses diverses visites ;

Reïichardt (qui accepta, après le refus de Beethoven, la place de maître de chapelle de Jérôme Bonaparte. Au cours d’une visite de 1825) :

— Je suis tellement ému que je ne puis trouver une parole pour vous exprimer mes sentiments à l'égard de votre malheur et de mon bonheur... Ne pourriez-vous pas plaquer pour moi simplement un accord ?

— Pourriez-vous m'expliquer brièvement comment vous avez fait votre éducation musicale ? Je voudrais connaître le meilleur moyen pour étudier la composition. (Ce maître de chapelle, mais au fait, est-ce bien le même ? s’y prendrait un peu tard. C’est pour lui, en tout cas, que Beethoven écrivit le nom du contrapunctiste A/brechtber ger.)

Dietz, de Berlin :

— Zelter me disait qu’en sortant de l’Opéra, les tambours et trompettes, sonnant la retraite, au moins le remettaient.

Ce Dietz a le mérite pour nous d’avoir annoncé à Beethoven qu’un « enfant de douze ans », nommé Mendelssohn, et

petit-fils du philosophe (réponse à une question) « promettait beaucoup ».

Doleschalek, enfin, qui apporte des nouvelles de grands succès pour la Symphonie (la Neuvième ? ? ?) à Berlin ; qui admire avec ferveur le fameux cadeau des œuvres de Haendel « bien digne des Anglais » et qui met à la disposition de Beethoven sa bibliothèque de deux mille volumes. (Nous sommes en février 1827. Il est bien temps pour tout cela !) « Doleschalek, dit Schuppanzig, pourrait bien être envoyé au Spielberg, car il a l’habitude de dire du mal des grands. »

Dans les visiteurs de la toute dernière heure furent Breuning et son fils. Leur tendresse absolument désintéressée a été dignement louée dans toutes les biographies.

Une visite non moins émouvante fut celle du baron de Gleichenstein, un grand ami de jeunesse, accompagné de sa femme et de son fils ; elle doit être conservée pour cette phrase, sur laquelle on ne saurait mieux finir le chapitre :

— Je viens te demander de bénir mon petit gars (Bube), comme Voltaire a béni le fils de Franklin ».

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