‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 28 sur 53 · APPROBATION DES PRÊTRES · texte numérisé non relu

APPROBATION DES PRÊTRES

La Papauté pour frère a le Glaive. Elle ouate

Avec des trahisons sa douillette béait,

Cherche avant tout l'utile, et grossit d'un fardeau

D'attentats, d'infamie et d'horreur son credo.

Elle aime Octave immonde, absout Glovis Sicambre,

Sacre un Dix-huit-Brumaire et lave un Deux-Décembre.

La justice, le droit chassé par les tyrans.

L'honneur et la vertu, lui sont indifférents,

N'ayant rien de solide et rien de saisissable,

Autant qu'au sphinx camard les tourbillons de sable

Roulés sous le ciel noir par le vent libyen.

Charles-Neuf tue. Amen. Sylla proscrit. C'est bien î

Le poignard est divin ; la hache est innocente.

Pas un forfait à qui l'égHse ne présente,

Pour s'essuyer les mains, la nappe de l'autel.

L'église est pour Gessler contre Guillaume Tell, Pour Rossa contre Huss, pour Cauchon contre Jeanne. Elle offre à Trestaillon la colonne ïrajane.

Elle est l'auberge ; entrez si vous pouvez payer ;

Le tedeum sera compris dans le loyer.

Mandrin est un sauveur, Cartouche est un messie ;

Qui réussit est pur. Payez. Rome associe

A l'acceptation des forfaits l'Éternel.

Monter est vertueux, tomber est criminel.

0 terreur! elle fait bénir la perfidie,

L'affreux plan qu'un faussaire à loisir étudie,

Le bagne ouvert aux bons, les gueux mis au sénat,

Tous les viols, le fer, le feu, l'assassinat,

César et ses complots, l'araignée et ses toiles,

Par cette grande main qu'on sent dans les étoiles I

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