‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 3 sur 53 · C^SAR · texte numérisé non relu

C^SAR

11 fait le mal; il boit des pleurs, il boit du sang; Partout la mort, l'exil, des veuves gémissant,

Des orphelins, des foyers vides ; C'est ainsi qu'entassant deuils, forfaits, désespoirs, Les tyrans font téter à nos vers, dogues noirs,

La mamelle des Euménides.

Tous ces prétoriens qui l'ont fait empereur L'entourent ; Rome est calme et parle avec terreur

On ne laisse approcher personne ; Ils gardent son palais et veillent à Tentour, Mille à chaque barrière et cent à chaque tour ;

Le monde tremble, — et, lui, frissonne

Il évoque, effaré, livide, anéanti,

Tous ses prédécesseurs, que les clypeati

Couvraient de leurs mâles poitrines Et l'histoire, témoin qu'on trouve toujours là, Fait sortir de l'égout le dieu Caracalla

Et le dieu Néron des latrines.

Il erre en son palais. Ici tout le défend, Ici le prêtre adore Auguste triomphant,

Ici les fronts sont dans la poudre.

Ici la terre apporte un respect assidu. — Au-dessus de sa tête il entend, éperdu.

L'éclat de rire de la foudre.

15 août 1853 — Jersey. — Saint Napoléon.

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