ÉCRIT SUR UN EXEMPLAIRE
DK LA VIE d'aPOLLONXUS DE TYANB
Les sages, en suivant leurs rêves nécessaires, Ne perdent pas de vue ici-bas les misères;
L'astre les enchaîne à son char ; Ils creusent l'ôtre, l'âme, et l'espace, et le nombre; Ln de leurs yeux profonds contemple Dieu dans l'ombre,
Mais l'autre est fixé sur César.
Les constellations énormes que Dieu penche Tantôt vers l'âpre nuit, tantôt vers l'aube blanche,
L'ombre, les abîmes, les fleurs.
L'immense vision des choses éternelles, Emplissent de rayons une de leurs prunelles.
Et de l'autre il tombe, des pleurs.
Leur esprit, dont la foule écoute les paroles, Penché sur les soleils, les ondes, les corolles,
Sur l'arbre où Jésus s'endormit, Sur les ténèbres, gouffre où la clarté se lève. Regarde en môme temps la nature qui rêve
Et l'humanité qui gémit ;
De sorte qu'il arrive, — et tu le sais, Éphèse ! — Que, tout en expliquant les cieux, sombre fournaise,
Septentrion, Aldebaran, Le monde, et Dieu pensif contemplant son ouvrage, Ils se dressent soudain en s'écriant : Courage,
Stephanus ! frappe le tyran !
6 avril 1854, Jersey.