‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 112 sur 185 · Berlioz orthographie habituellement : Devigny · texte numérisé non relu

Berlioz orthographie habituellement : Devigny

ainsi que les poètes Emile et Antony Deschamps, A. de Vigny, Legouvé, Brizeux, Liszt, Chopin, etc. Nous dînons chez Alphonse1 demain. Henriette qui a un tact incroyable pour juger les nouveaux visages s'est laissée prendre à ses bonnes qualités et l'a pris en affection dès la première conversation qu'ils ont eue ensemble.

Tu l'as bien fait pleurer, ma pauvre Ophélie, par le petit passage de ta lettre où tu la'charges d'une'commission pour moi ; je ne puis te dire combien elle y a été sensible. Aussi a-t-elle voulu l'écrire une petite lettre anglaise dont je t'envoie en même temps la traduction. Je pense que tu recevras bientôt par une occasion de Firmin Rocher son portrait gravé; il est très ressemblant. Nous n'allons pas en Prusse, l'entreprise sur laquelle nous comptions n'a pas réussi, et nous restons à Paris où je vois que ma carrière se dessine de jour en jour. Henriette est trop souffrante depuis quelque temps pour que nous songions à autre chose qu'à la rétablir. Sa jambe est parfaitement guérie, mais à présent ce sont les dents qui la font souffrir horriblement; je viens pourtant de la décider à s'en faire arracher une; j'espère qu'elle sera débarrassée ce soir et qu'elle pourra dormir. Mais elle se désespère à cause de moi ; elle prétend que c'est affreux d'avoir toujours auprès de soi une femme qui se plaint, et que depuis dix mois, au moins, je n'entends

1. Alphonse Robert, plus fidèle à la médecine que son cousin Hector, était devenu un praticien distingué.

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sortir de sa bouche que des plaintes. Tu penses ce que je puis répondra à cela.

Mais toi que deviens-tu? pauvre sœur! que deviennent nos parents? Comment est mon père dont lu ne me dis rien?... Je pense que les santés sont bonnes puisque lu ne m'annonces rien de mauvais.

On vient de me prêter le Messager des Chambres, de mercredi dernier, ainsi que le Yerl-Vert et le Cabinet de Lecture, où on m'a fait trois bons articles sur mon concert. Les autres journaux n'ont encore rien dit.

Tu sais peut-être que je fais le feuilleton musical du Rénovateur, journal légitimiste. J'ai envie de te le faire envoyer. Il y a quelquefois des feuilletons littéraires de M. Saint-Félix qui sont intéressants. Comme je me moque des opinions politiques, tu penses que la couleur du journal ne me fait absolument, rien. Je ne touche jamais à ce qui est en dehors de mon domaine.

Adieu, bonne sœur. Je t'embrasse tendrement.

Ton affectionné frère.

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