‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 12 sur 185 · PREFACE. XIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XIII

Nous allons donc le voir à l'œuvre, et suivre jour par jour les étapes de son incessant labeur. Je ne sais qui a dit que la mémoire de Berlioz ne gagnait pas à la publication posthume de ses lettres. — ou plutôt je le sais trop. Il n'y a qu'une réponse à faire à cela: qu'on lise ce livre ; on dira ensuite si l'existence qu'il évoque ne fut pas un constant effort de travail et de probité, l'honneur de l'homme et de l'artiste qui l'a vécue. Qu'on étudie surtout les chapitres qui correspondent à la période de son plus grand effort créateur, pendant les années qui suivirent les crises passionnelles dont fut agitée sa jeunesse. Il est seul, n'ayant auprès de lui que la compagne conquise au prix de tant de sacrifices. Il lui faut remplir une double tâche, vraiment contradictoire : créer une œuvre destinée à l'avenir, et assurer l'existence des siens dans le présent. Quel superbe exemple de courage et de foi il donne pendant ces années d'inépuisable activité! Mozart écrivait, deux mois avant sa mort, aussi dans une lettre intime, cette simple parole : « Il faut être appliqué au travail, et cela je le suis volontiers. » Ces mots, qui résument une telle vie, Berlioz aurait pu les prononcer de même. Son effort porte sur tout. Il lui faut parer aux nécessités de la vie quotidienne en même temps que produire les œuvres que lui impose son génie: son supplice est que la première tâche l'empêche incessamment de

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