‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 13 sur 185 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

remplir la seconde. « Il faut en prendre son parti : notre art n'est pas productif dans le sens commercial du mot. » Telle est la constatation qu'il se trouve amené à faire à la fin de ces premières années de sa carrière, lui qui y était entré, sans tant réfléchir à cela, avec l'illusion que tout travail doit avoir sa récompense. Pour lui, au contraire, le travail est la ruine. Et malgré tout il persévère. Nous assistons au spectacle de ses luttes, nous entendons les éclats de ses colères, et, même, parfois de ses joies : car dans cette période il eut au moins quelques satisfactions, qui lui furent inexorablement refusées par la suite. Il est encore soutenu par l'espérance ; le combat quotidien sied à son tempérament batailleur. « Bah! j'aime cette vie-là, » écrira-t-il un jour à Liszt ; et, dans le même instant, il commence Roméo et Juliette. Ce sont les plus belles années de sa vie qu'il nous raconte ici.

Nous le verrons aussi dans l'intimité, et ce ne sera pas le moindre charme de son récit épistolaire. Les hommes de ce temps savaient mettre un agrément tout particulier à leurs confidences familiales : pour eux « l'art d'être grand-père » n'était point un art inférieur. Les lettres de Berlioz vont nous montrer d'abord le fils « au sein de sa famille », comme on chantait en son enfance. Elles évoqueront ce inonde lointain de bonnes gens de la province, aux occupations tranquilles et peu variées,

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