PREFACE. XV
d'une droiture impeccable, nullement fermés à certaines notions élevées, mais pleins de préjugés et trop facilement buttés à des idées fausses. Nous connaîtrons par le menu leurs dissentiments, assez généralement causés par un mélange approximativement égal d'erreurs naïves et d'une raison peut-être trop rigoureuse. Que les parents d'Hector Berlioz l'aient, à son début, mis en garde contre les dangers d'une carrière qui, pour tous, était l'inconnu, rien de plus légitime ; mais quelle singulière concession que celle qui limitait une adhésion momentanée à cette condition qu'au bout d'une année, l'enfant, à peine au début de ses études, se serait affirmé grand compositeur ! De même on peut sourire en constatant l'empressement satisfait avec lequel fut accueilli le projet de son mariage avec une personne peu digne de lui, alors que son union avec une autre, dont la vie fut d'une parfaite honorabilité, devint un objet de scandale, causa des querelles, des brouilles à n'en plus finir : c'est que miss Smithson était une actrice, et cela ne se pardonne pas en province ! D'ailleurs leurs intentions et leurs actes sont au-dessus de tout reproche : la mémoire de la famille Berlioz n'a rien à redouter, bien au contraire, à sortir de son obscurité à la faveur de la gloire posthume de celui qui fut son enfant. Il est du plus grand intérêt de les voir revivre tous, père, mère, sœurs, petit frère, chacun avec son caractère distinct, ayant