‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 15 sur 185 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

cependant une prédisposition commune, qui est celle de l'époque : la mélancolie, l'inquiétude, l'ennui de l'existence monotone. Quant à lui, il est parfait dans ses rapports avec eux : fils respectueux, frère tendre. Ses lettres à sa sœur Adèle, sa préférée, sont pénétrées d'une affection vraiment émouvante. Et quelle n'est pas sa joie quand il peut répondre à une parole de confiance venant de ceux qui avaient douté d'abord, ou leur donner, eux premiers, la bonne nouvelle d'un succès ! Les lettres mêmes qu'il fut obligé d'écrire lors des discussions qu'il lui fallut soutenir à l'époque de son mariage sont d'un ton irréprochable. Dans les plus graves difficultés, nous le verrons toujours soucieux de ne rien laisser échapper qui puisse choquer ceux qui l'aiment; au milieu de ce monde dévot, c'est lui qui sait pardonner le plus chrétiennement à ceux qui l'ont offensé.

Et le voici encore dans le secret du foyer conjugal. Le seul regret que nous ayons à ressentir ici sera que les tableaux qui se dérouleront dans cette correspondance de sa jeunesse ne doivent pas se reproduire par la suite, car ils sont charmants. Il n'est que trop vrai qu'en voulant épouser l'interprète de Shakespeare, Berlioz fut victime d'une illusion dont il porta douloureusement la peine. Quand, après six ans de refus, Henriette Smithson consentit à s'unir à lui, elle était, à proprement

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