‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 150 sur 185 · Adressé à Milan, chez l'éditeur Ricordi · texte numérisé non relu

Adressé à Milan, chez l'éditeur Ricordi

sation que lu as produite à Milan; j'en ai dit quelques mots dans les Débats et ailleurs; j'aurais bien voulu avoir quelques détails, faute desquels je n'ai pas osé m'aventurer. Notre ami Heine a parlé de nous deux dans la Gazette musicale, avec autant d'esprit que d'irrévérence, mais sans méchanceté aucune toutefois ; il a, en revanche, tressé pour Chopin une couronne splendide qu'il mérite au reste depuis longtemps1.

C'eût été, je t'assure, un grand bonheur pour moi de l'avoir là quand on a exécuté le Requiem. Je crois que cette grande machine musicale t'aurait semblé fonctionner assez bien ; il y a eu réellement des pleurs et des grincements de dents; les fleurs étaient pour l'ouvrage, les grincements étaient contre. Habeneck s'est tout à fait rallié (comme on dit en politique de certains légitimistes). Cherubini m'exècre et m'appelle son cher ami. On grave la partition, tu l'auras dans trois mois si la graveuse me tient parole. A propos de cette publication, si tu me trouves des souscripteurs à Milan, chez Hicordi ou ailleurs, tu me feras grand plaisir; le prix de la souscription est de trente francs. J'ai eu toutes les

1. Henri Heine a publié dans la Gazelle musicale des 21 janvier et 'i février 1838, sous le litre de Lettres confidentielles (traduction d'une série de lettres adressées à Auguste Lewald, directeur de la Revue dramatique de Stuttgard) deux articles sur le mouvement musical à Paris. La partie consacrée à Berlioz, toute sympathique en sa forme humoristique, a été reproduite ou résumée dans plusieurs biographies du compositeur (voir notamment J. Tiersot, Hector Berlioz cl la Société de son temps, p. 76).

peines du monde à me faire payer de Montalivet; si je ne m'élais mis enfin dans une de mes colères bleues, et sans une scène des plus violentes que j'ai faite au Ministère, je courrais encore après mon argent.

J'ai parlé à Richault de la gravure de mes deux ouvertures que tu as réduites pour le piano1, il ne s'en soucie pas; pour la symphonie, si Hofmeister veut m'en donner un prix raisonnable, je ne demande pas mieux que de la lui laisser publier, ainsi que les deux autres manuscrits que tu m'as envoyés ; fais la négociation toimême, je te confie mes intérêts absolument. J'ai essayé d'écrire un morceau de chant sur des paroi os que m'a faites Brizeux, je comptais prier madame d'Â... d'en acceptei' la dédicace, mais je n'ai rien pu trouver encore qui me parût digne de lui èlre offert : mon Pégase est rétif pour ces petites compositions. Il y a longtemps d'ailleurs que je cherche à écrire quelque chose sur YErigone de Ballanchc2 (admirable poète!). C'est là ce que je voudrais présenter à madame d'A... ; si j'en viens à bout, ou si je trouve le temps d'y travailler, tu auras de mes nouvelles.

L'Opéra m'a demandé ma partition de Cetlini, elle est à la copie. Auber cependant a le droit de passer avant

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