‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 155 sur 185 · A PAGANINI · texte numérisé non relu

A PAGANINI

18 décembre 1838.

0 digne et grand artiste,

Comment vous exprimer ma reconnaissance ! ! ! Je ne suis pas riche, mais, croyez-moi, le suffrage d'un homme de génie tel que vous me touche mille fois plus que la générosité royale de votre présent.

Les paroles me manquent, je courrai vous embrasser

dès que je pourrai quitter mon lit, où je suis encore retenu aujourd'hui.

H. BERLIOZ

Cette lettre, reproduite en fac-similé dans la Gazette musicale, n'avait pas encore été insérée à sa date dans les recueils de lettres de Berl<'oz.

A SA SOEUR ADÈLE

[Paris,] 20 décembre 1838.

Chère sœur, J'ai reçu ta lettre avec ce qu'elle contenait. Shakespeare dit que les malheurs ne marchent que par paires, il en est de même des événements heureux. Après ma lettre à mon père, vous avez dû voir des douzaines de journaux parlant de la noble action de Paganini; à présent, voilà qu'on m'apprend que je suis nommé sous-bibliothécaire du Conservatoire1. Le bibliothécaire est un de mes meilleurs amis2 qui remplit sa place sans appointements; j'aurai moi.au contraire, deux mille francs par an, sans

1. Berlioz fut en effet nommé Conservateur de la Bibliothèque du Conservatoire pour prendre date au l"- janvier 1839 (Archives du Conservatoire!.

Page 1